Le président de la République de Guinée, Alpha Condé, Jim Yong Kim, Banque MondialeSékhoutouréya, 3 décembre 2014 – A la tête d’une importante délégation de son institution, le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, est arrivé à Conakry dans la soirée du mercredi 3 décembre 2014 pour un soutien à la Guinée dans la lutte contre Ebola. De ce fait, aider la Guinée à mettre en place un plan de riposte qui amène à zéro cas d’Ebola et développer son économie à travers une aide budgétaire, étaient entre autres objectifs fixés par le Président de cette institution bancaire. Déjà, faut-il rappeler que depuis l’apparition de cette épidémie, la Banque mondiale a fait une contribution de 198 millions de dollars à la Guinée et une aide budgétaire de 50 millions de dollars. Dans ce dernier montant, 40 millions de dollars représentent le prêt et les 10 millions sont sous forme de don.

Dès son arrivée, le patron de la Banque mondiale a été reçu en audience au Palais Sékhoutouréya par le Président de la République, le Professeur Alpha Condé, avec qui, il a eu un tête-à-tête de près d’une heure. De là, le Président Alpha Condé et son hôte ont eu une séance de travail avec les membres du gouvernement et le Coordinateur national de la lutte contre Ebola. Au cours de cette session, le Président du Groupe de la Banque mondiale qui est médecin de son état, a promis d’aider la Guinée à mettre en place un plan de riposte qui amène à zéro cas d’Ebola. En même temps le patron de cette institution bancaire a rassuré le Président Alpha Condé de l’appui qu’il apportera à la Guinée afin de développer son économie après cette épidémie.

A l’issue de cette rencontre, le Président de la Banque mondiale a déclaré : « Je vais commencer mon intervention par un mot de gratitude au Président de la République et au gouvernement pour l’accueil et un mot à l’égard de tous ceux qui ont perdu la vie à cause d’Ebola. Concernant la réponse à la lutte contre Ebola, je tiens à féliciter le Président Condé et particulièrement son leadership. Nous savons que l’épidémie continue à évoluer. Nous savons qu’en Guinée, elle est moins importante que dans les autres pays. Mais le contrôle frontalier va être très important pour résorber la progression de l’épidémie. Nous avons abordé aujourd’hui un plan qui nous amènera au cas zéro. C’est-à-dire zéro cas d’Ebola. Avec Ebola, on ne peut pas être satisfait si quelques cas restent, il faut absolument atteindre le point de cas zéro. C’est pourquoi, nous avons parlé d’un plan compréhensif pour arriver à cet objectif. En même temps que nous combattons Ebola, il est important que nous abordions le plan économique pour sortir de la crise et pour cela, nous avons alloué des fonds. Des fonds sur trois ans que nous allons déjà délivrer sur les deux dernières années et nous allons poursuivre la recherche de fonds pour cette troisième année. Pour arriver à nos objectifs, nous avons établi un plan à 5 étapes. La première étape, nous avons mis à disposition 153 millions de dollars disponibles immédiatement. Au-delà de l’argent disponible immédiatement, nous allons poursuivre nos efforts de la mise en route de l’économie de la Guinée, notamment sur le plan de l’agriculture. Il est important que la crise d’Ebola ne soit pas suivie d’une crise alimentaire. Pour cela, nous allons aider les agriculteurs à trois niveaux. Nous allons les aider avec une politique d’intégration régionale qui va permettre une évolution post-frontalière. Nous allons également les aider du point de vue du rendement de la productivité.

Nous avons abordé les problèmes d’infrastructures qui sont très importants notamment sur le plan de l’énergie. L’énergie est capitale pour que la population guinéenne puisse avoir de l’emploi. A travers donc la Société financière internationale (SFI), le bras privé de la Banque mondiale, nous allons soutenir les petites et moyennes entreprises de la Guinée afin qu’elles puissent développer le tissu industriel du pays. Finalement, c’est grâce au Fonds monétaire international et à la Banque africaine de développement que nous allons soutenir la Guinée sur le plan budgétaire et nous allons aider le pays afin que la bonne gouvernance économique soit renforcée. La crise Ebola a été tragique pour la Guinée. Mais nous sommes confiants et nous avons dit au Président et à son cabinet qu’il est important de trouver de l’opportunité au sein de cette crise et qu’au-delà de la réponse à Ebola, il faut que la Guinée sorte renforcée sur le plan économique ».

Pour le Président de la République, le Professeur Alpha Condé, la visite du Président de la Banque mondiale réconforte la Guinée dans sa position de lutte contre Ebola : « D’abord, nous devons remercier le Président de la Banque mondiale et son équipe pour tout l’appui qu’ils nous ont apporté et qu’ils continuent à nous apporter. Je suis convaincu qu’avec leur soutien, le peuple de Guinée sait qu’il n’est pas abandonné et que nous pouvons transformer Ebola en opportunité. Nous avons donc abordé les différentes questions. La première, c’est l’électricité. Nous avons le barrage de Kaléta qui va finir bientôt. Et encore avec la SFI, nous allons faire en sorte que le barrage de Souapiti commence en 2015 pour que la Guinée soit le premier pays de la sous-région à résoudre définitivement le problème de courant, à pouvoir donner de l’électricité aux voisins. Nous savons malheureusement que la Guinée n’a pas de tissu industriel et nous n’avons pas les moyens de développer les petites et moyennes entreprises. Parce que le taux des banques commerciales est trop élevé. Donc nous comptons sur le Groupe de la Banque mondiale pour accompagner les banques afin qu’on puisse avoir des taux bonifiés qui permettent à nos petites et moyennes entreprises et nos industries de se développer. Et surtout l’agriculture, vous savez la Guinée peut faire deux cultures par an si nous avons l’irrigation. Les paysans font une tonne par hectare alors que le projet en Afrique du Sud, l’hectare fait 7 tonnes.

Enfin la Guinée a de grandes potentialités touristiques. Puisque nous avons le bord de mer comme le Sénégal, la savane comme le Mali, la forêt comme la Côte d’Ivoire. Mais nous avons ce que personne n’a en Afrique de l’Ouest, c’est le haut plateau. Avec la crise au Kenya due au développement du terrorisme par les shebabs, en Guinée, le Foutah et particulièrement Mali et Dalaba peuvent être des destinations touristiques. C’est pourquoi, nous faisons tout pour transformer tous les bungalows de Dalaba afin que nous puissions développer le tourisme. Mais cela suppose aussi des infrastructures. Qui dit tourisme, dit routes. Je pense que la Banque mondiale est prête à nous accompagner. Nous avons exposé tous nos besoins et je sais que le Président de la Banque mondiale va nous accompagner et le peuple de Guinée lui est très reconnaissant. Et nous n’oublierons pas tous les efforts qu’il a faits pour nous soutenir. Et surtout qu’il va nous aider à définir un plan de lutte contre Ebola. Parce qu’actuellement, il y a trop d’interventions un peu désordonnées. Il s’est donc engagé à nous envoyer un spécialiste qui va nous définir un plan qui nous permettra d’atteindre le point zéro de l’épidémie. Le peuple guinéen est conscient, mais il faut que nous acceptions de collaborer, qu’on accepte d’écouter les médecins et qu’on ait moins de résistance pour qu’on en finisse le plus tôt que possible avec Ebola ».

Le Bureau de Presse de la Présidence

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