Sous-préfet Hafia LabéComme partout ailleurs en République de Guinée, la sous-préfecture de Hafia est confrontée à de sérieux problèmes de développement liés au manque d’eau et à une absence totale d’infrastructures administratives, a constaté sur place le correspondant de Guineematin.com qui s’est entretenu avec le sous-préfet de la localité.

Située à 18 kilomètres au sud du chef lieu de la préfecture de Labé, la sous-préfecture de Hafia abrite un centre universitaire depuis 2002. A vocation essentiellement agropastorale, Hafia est la porte d’entrée de la région administrative de Labé, en provenance de celle de Mamou. Selon le sous-préfet du coin, Mamadou Yéro Barry, ses activités se résument aujourd’hui en appui aux actions de développement de la collectivité dont il assure la tutelle directe : « Nous sommes obligés d’appuyer les élus au bénéfice des populations en matières de santé, d’éducation, d’agriculture ou d’autres secteurs déconcentrés de l’Etat.» Cet appui consiste en une campagne permanente de sensibilisation des citoyens. Mais, avec la faiblesse des moyens, maire et sous-préfet font souvent recours aux citoyens pour la réalisation de certaines infrastructures d’utilité publique comme les postes de santé et les écoles.

Malgré cet effort, les locaux de la sous-préfecture (bureau et logement du sous-préfet) sont dans un état de délabrement pitoyable : « C’est regrettable que les symboles de l’Etat ne soient pas bien entretenus. Voyez dans quelles conditions je vis en ma qualité de sous-préfet. Les locaux ne sont pas du tout viables. Nous n’avons pas de ressources pour faire face à l’entretien de ces bâtiments administratifs. Si ce n’est que le balayage ou le nettoyage. Nous n’avons même pas le prix d’une couche de peinture. »

Les crédits de fonctionnement régulièrement prévus dans les différentes lois des finances du pays ne sont jamais arrivés à destination : « Nous avons suivi un séminaire en fin 2012. A la fin de ce séminaire, nous avons appris avec les délégués du département qui ont assuré notre formation qu’au début de l’année budgétaire 2013, toutes les sous-préfectures devaient être prises en charge dans le cadre de ces subventions que nous n’avons pas vu jusqu’à présent. »

Parlant de la cohabitation avec le centre universitaire, le sous-préfet de Hafia explique que les autorités locales ne sont toujours pas situées sur le nombre d’hectares attribués à cette institution d’enseignement supérieur publique : « jusqu’à présent, nous ne parvenons pas à maîtriser ce volet et aujourd’hui beaucoup de citoyens qui ont laissé leurs terres au bénéfice de cette université réclament leurs domaines. Mais, ils les ont donnés de façon, comme on le dit, gratuite dans le cadre de la construction de cette université qui fait aujourd’hui la fierté. Je ne serai pas du tout à l’aise de voir encore certains revenir pour dire donc ils ont morcelé ceci, ils ont morcelé cela. On ne sait pas ce qu’ils ont pris. On ne sait pas ce qui leur reste. Mieux vaut en ce moment là lever l’équivoque parce que c’est un problème du futur. Il faut prendre des dispositions dès maintenant pour éviter que certaines choses qu’on ne pourrait pas canaliser en ce moment nous surprennent. »

Sur le problème d’eau potable, Mamadou Yéro Barry, avoue que la sous-préfecture de Hafia n’a au centre que trois bornes fontaines pour une population estimée à plus de 5000 habitants : « et à l’horizon 2015, l’université projette recevoir près de 4000 étudiants. Si ce problème est résolu, je suis sûr que les autres viendront s’accommoder comme la question d’électricité et la construction d’autres infrastructures à l’image de ces bureaux délabrés, de cette résidence que vous visitez aujourd’hui et qui ne fait pas la fierté.»

Il est aussi à noter que les interventions des ressortissants de la sous-préfecture de Hafia ne tiennent jamais compte du plan de développement participatif de la collectivité élaboré par les autorités locales : « je n’ai vu aucun ressortissant de Hafia. Je travaille avec la population de Hafia. Celle qui est résidente. Mais, quelqu’un d’ailleurs? Peut-être la fraternité. Si on se rencontre, on se salue. C’est tout. Peut-être qu’on lui a dit que je suis le sous-préfet. Mais, moi, je ne peux pas dire que c’est tel. Je suis au regret de constater que les ressortissants qui s’investissent pour leurs villages d’origines le font à l’insu des autorités locales.»

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

 

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