Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, le Bloc Libéral a animé une conférence de presse, ce mercredi 11 janvier 2017, à son siège. Profitant de la présence des journalistes, le  Conseil National des Femmes du BL a expliqué son indignation face aux cas de vindicte populaire auxquels on assiste depuis quelques années en Guinée.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le décryptage de la déclaration lue par madame Bangoura Roughiatou Bah et adressée au président de la République, le professeur Alpha Condé, pour dénoncer les lynchages publics :

Monsieur le président, l’année 2016 a été caractérisée en Guinée par quelques reformes, notamment dans les secteurs de la justice, de la sécurité et en matière de culture de la citoyenneté. Malgré les reformes engagées dans les secteurs vitaux du pays, les résultats sont loin de répondre aux aspirations du peuple.

Le Conseil National des Femmes du Bloc Libéral constate avec par un profond regret et une grande amertume, l’usage de la justice populaire par les citoyens. Au cours de ces deux dernières années, nous avons assisté à la montée en puissance de ce phénomène dans plusieurs du territoire national. Les cas de Siguiri, de Nzérékoré, de Kissidougou en sont les illustrations les plus éloquentes.

Nous sommes certaines que la justice populaire est le stade suprême de la cruauté humaine et elle n’a pas sa place dans un Etat de Droit. Le recours à cette pratique résulte de la défaillance tant bien de notre système judiciaire que sécuritaire. Cette pratique est en violation flagrante de la Constitution guinéenne, notamment en son  article 9 qui consacre la présomption d’innocence, et elle contribue à fragiliser les institutions républicaines.

Le recours à cette pratique nous rappelle l’une de vos déclarations en 2010 à savoir ‘’j’ai hérité d’u  pays et non d’un Etat’’. Cette déclaration qui avait suscité tant d’espoir chez les guinéens, n’a existé que dans les fantasmes. Nous sommes donc au regret de constater que jusqu’à ce jour, l’Etat n’existe pratiquement pas.

Face à cette situation alarmante, le Conseil National des Femmes du BL vous exhorte d’instruire vos ministres de la justice et de la sécurité les recommandations suivantes : mettre tout en œuvre pour qu’il y ait une justice équitable et efficace ; lutter contre la corruption, le favoritisme, la médiocrité dans le secteur de la justice et de la sécurité ; organiser des formations dans les centres pénitenciers en vue de faciliter la réinsertion socioprofessionnelle des prisonniers après la période carcérale ; mettre tout en œuvre pour garantir la sécurité de nos compatriotes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire ; lutter contre le trafic et  la consommation e la drogue et éviter le recours à l’instinct ; professionnaliser les agents de maintien d’ordre et des services de sécurité pour légitimer leur action dans le souci de préserver la quiétude sociale, gage du développement harmonieux de la Guinée.

Nous vous exhortons de prendre en considération notre cri de cœur qui est celui des mères et des filles de Guinée pour le bien-être de toutes et de tous.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guinematin.com

Tél. : 628 17 99 17

 

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