Dans l’après midi de ce mercredi 21 décembre 2016, une délégation du parti, Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), conduite par son président, s’est rendue dans la commune de Matam pour rencontrer les jeunes guinéens rapatriés d’Algérie. Cette visite purement sociale s’inscrivait dans le cadre d’une prise de contact et d’assistance en faveur des clandestins affaiblis par la mésaventure, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Il n’est de secret pour personne que depuis plusieurs années, des centaines et des milliers de jeunes africains du sud du Sahara tentent désespérément à travers la méditerranée pour rejoindre l’Europe dans la recherche du bien être.

Ainsi, fuyant la misère africaine et le désespoir, ces jeunes empruntent des chemins dangereux en traversant le désert qui est actuellement un lieu privilégié des groupes djihadistes, notamment AQMI. Avant de tenter une embarcation dans des bateaux ou des pirogues de fortunes, les candidats à l’aventure européenne trouvent refuse et comme base arrière dans les pays maghrébins, notamment au Maroc, en Algérie, en Libye…

Au delà du Mali, du Niger et autres pays du sud du Sahara, la Guinée est l’un des principaux pays pourvoyeurs de clandestins.

Ces derniers jours, nombreux sont ces migrants qui ont subi et qui continuent d’ailleurs de subir des exactions et des atrocités dans ces pays maghrébins (singulièrement en Algérie et en Libye) de la part des autorités civiles et militaires sous les yeux passifs (et coupables ?) de l’organisation internationale de la migration (OIM).

Après avoir été victimes de toutes les formes de maltraitances, des milliers de clandestins ont été rapatriés dans leurs pays respectifs dans des conditions dégradantes par les autorités algériennes, en collaboration avec l’OIM.

Pour le cas précis de la Guinée, ce sont près de 300 jeunes qui ont été rapatriés cette semaine par la voie terrestre en passant par le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

Intervenant sur leurs conditions de rapatriement, Cheick Bangoura, explique : « les agents de la gendarmerie et de l’armée algérienne nous ont arrêtés avec violence pendant qu’on dormait et d’autres étaient au travail. Ils nous ont entassés dans des conteneurs dans des conditions inimaginables. De là, ils nous ont mis dans des bus en direction d’Agadez, au Niger. On ne mangeait presque pas et même pour nos besoins, ils refusaient d’arrêter les bus. On a fait deux jours à Niamey dans une cour fermée, sans aucun abri », a témoigné le porte parole des rapatriés d’Algérie.

Selon Cheick Bangoura, l’accès leur avait été refusé quand ils sont arrivés au Burkina Faso. « Il a fallu l’intervention de l’ambassade de Guinée pour qu’on nous laisse rentrer. Là aussi, on a vécu un calvaire de deux jours avant de bouger pour Bamako. On nous a ensuite conduits jusqu’à Kourémalé dans des bus climatisés. Mais, une fois en Guinée, ce sont des camions qu’ils nous présentés pour nous transporter à l’intérieur du pays », a ajouté Cheick Bangoura.

Aujourd’hui, ils sont dans leur pays, mais ces migrants croupissent encore  dans la souffrance, avec des maladies pour certains et la précarité pour d’autres. Aucune autorité ne leur a encore apporté une assistance.

Pour le président des NFD, il est inconcevable que l’Etat guinéen reste sans agir en apportant une assistance conséquente à ces jeunes qui étaient à la quête du bien être. « J’ai été très ému d’entendre votre porte parole. Vous avez choisi d’aller à l’aventure pour aider vos familles et votre pays, car vous n’êtes pas des délinquants et moins des bandits. L’Etat guinéen, le régime Alpha Condé est incapable de vous donner du travail et d’assurer votre avenir et celui de toute la jeunesse de ce pays, c’est pourquoi vous avez voulu partir », a introduit l’honorable Mouctar Diallo.

« Nous dénonçons le mépris, l’incapacité et l’incompétence de nos dirigeants. Professeur Alpha Condé a dédié son mandat à la jeunesse et aux femmes ; mais, ces jeunes sont abandonnés à eux mêmes, oubliés et victimes de la mal gouvernance. Ils souffrent de manque d’éducation, de formation et de chômage. Pour les NFD, ce gouvernement est irresponsable », a ajouté le président des NFD.

Mouctar Diallo a demandé au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour que ces jeunes, partis à la recherche du bonheur pour aider leurs familles et leur pays, ne soient pas abandonnés à eux-mêmes. L’opposant a également dénoncé les conditions d’accueil indignes réservées par les autorités guinéennes aux 294 jeunes rapatriés par les autorités algériennes et l’OIM.

« Même si les conditions étaient dures, on vous a transportés dans des bus climatisés d’Alger à Bamako, en passant par Niamey, Ouagadougou. Mais, c’est en Guinée, dans votre pays, qu’on vous a mis dans des camions comme des animaux », a-t-il dénoncé.

Très ému, le président des NFD annonce que son parti s’engage à prendre en charge tous les rapatriés malades, de la consultation au traitement et met le siège du parti à leur entière disposition pour tout besoin utile. Avec la satisfaction de l’ensemble du groupe, la rencontre a pris fin par la remise d’un lot important de vivre, composé de pains, de sardines, de bidons d’eau minérale et autres.

A rappeler que plus de deux mille (2 000) jeunes guinéens dont des femmes, attendent d’être rapatriés. D’autres convois quitteront bientôt la capitale algérienne pour la Guinée dans le cadre de l’opération de rapatriement massif de clandestins se trouvant sur le territoire algérien.

Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tél.: 621 607 907

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