Au mois de juillet dernier, une cinquantaine de nos compatriotes ont suivi une formation en Chine. Pour parler des différents thèmes abordés au cours de cette formation, deux reporters de Guineematin.com ont rencontré le jeudi 10 août 2017, Mohamed Fofana, membre de la cellule de communication du RPG-Arc-en-ciel. Il a été également question dans l’interview de l’actualité sociopolitique nationale.

Guineematin.com : vous revenez d’une formation en Chine, est-ce vous pouvez revenir sur les thématiques abordées lors de cette formation ?  

Mohamed Fofana : effectivement, j’étais récemment en Chine, accompagné de 49 autres de nos compatriotes. Donc, nous sommes restés là pendant près d’un mois et ça été un mois d’intense formation, un mois de découverte aussi. J’ai réellement compris que les relations entre la Guinée et la Chine se portent bien. Notre présence en Chine est l’un des symboles de cette bonne relation. Et parlant des thématiques de cette formation, ça a été essentiellement axé sur la communication parce que c’était des jeunes journalistes et des professionnels de la communication qui se sont retrouvés là. Donc, il y a eu des techniques de communication, nous avons aussi appris l’un des projets phares de la Chine, c’est-à-dire une ceinture et une route. Donc voilà qui constitue aujourd’hui un rêve que le peuple chinois est entrain de nourrir : comment relier la Chine et le reste du monde. On a eu amples informations mais aussi des plans de communication et je pense que ça a servi à beaucoup de choses.

Guineematin.com : vous êtes un communiquant du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel. Le président de la République, votre champion est au pouvoir depuis près de sept ans, est-ce que vous êtes vous êtes déçu de sa gouvernance ?

Mohamed Fofana : Écoutez, déçu est un terme qui n’existe pas dans l’esprit de tout bon guinéen parce que le chef de l’Etat, le professeur Alpha Condé, comme vous le savez, est venu à la tête de la Guinée à un moment où les guinéens vivaient dans un non État. Donc, le chef de l’Etat est venu vraiment avec beaucoup d’ambitions, c’est vrai qu’il a un grand rêve, il continue de nourrir ce rêve et aujourd’hui les guinéens sont entrain de vivre de grandes réalisations. Je suis convaincu que beaucoup reste à faire mais le chef de l’Etat est déterminé à conduire les destinées du peuple de Guinée à bon port. Donc déçu, je ne sais pas de quoi, mais je suis plutôt satisfait. Satisfait parce que le président le président de la République a trouvé la Guinée dans des conditions catastrophiques, dans des conditions infrastructurelles catastrophiques, on n’avait vraiment rien et la Guinée était beaucoup endettée. Il fallait d’abord rétablir les relations entre la Guinée et ces institutions financières internationales, ce qui fut fait avec l’obtention du PPTE et beaucoup d’autres choses. Et aujourd’hui, la coopération entre la Guinée et ces institutions financières internationales est au beau fixe et à l’heure où je vous parle, il y a une grande mission du FMI qui se trouve dans nos murs. La mission s’est retrouvée avec plusieurs chefs de départements et des directions chargées de gérer des recettes. Donc, je pense que ça se passe très bien et j’ai écouté hier le chef de la mission qui a vraiment exprimé des sentiments de satisfaction. Donc, je suis plutôt satisfait et je serais encore heureux de voir les guinéens se donner les mains pour accompagner le président parce qu’il a une grande vision non seulement pour la Guinée, mais pour l’Afrique. Donc pour atteindre cet objectif, il a besoin que la Guinée soit stable, que les guinéens s’entendent, que les guinéens se donnent les mains, que nous regardions vraiment vers les mêmes horizons.

Guineematin.com : il se trouve qu’il y a assez des bisbilles au tour du président Alpha Condé, ses alliés sont entrain de s’entre-attaquer au sein de la présidence. Dites-nous comment vous percevez ce qui se passe actuellement au tour du professeur Alpha Condé ?

Mohamed Fofana : écoutez, nous sommes en politique, les uns et les autres sont forcément appelés à se battre pour disons protéger leurs intérêts. Mais dans ce cas particulier, je pense que la Guinée n’a pas aujourd’hui besoin que ses dirigeants s’engouffrent dans la politique politicienne. Aujourd’hui, il est plus que jamais temps que tous les responsables à quelque niveau qu’ils soient autour du président de la République, se donnent les mains afin que le chef de l’Etat soit fort dans la matérialisation de son programme de société. Vous savez, tout dernièrement un monsieur comme Tibou Kamara, son arrivée a suscité beaucoup de débats, les gens ont beaucoup parlé y compris ma personne, il faut avoir le courage de le dire. Mais, moi je pense qu’aujourd’hui, ce n’est pas nécessaire de regarder la personne, ce n’est pas nécessaire de regarder le passé d’une personne. Ce qui nous importe aujourd’hui, c’est ce que la personne peut nous apporter. Est-ce que Tibou peut réellement apporter quelque chose ? C’est la question que nous devons nous poser. Moi personnellement je pense que la communication de monsieur le président de la République depuis l’arrivée de Tibou, vraiment c’est une communication qui s’améliore. Et par rapport à ce que nous avons vécu dans le passé où le chef de l’Etat n’avait pas de fusible parce qu’un président de la République, c’est comme un poste téléviseur, il doit avoir un fusible afin que la télévision même ne soit atteinte, il faut que le fusible saute d’abord. Dans le passé les gens s’attaquaient au président à tout moment et en tout lieu mais aujourd’hui, nous avons quelqu’un comme Tibou qui est aussi en mesure de venir à la charge pour réellement donner la position de la présidence, c’est extrêmement important. Donc, je pense que pour une communication qui fonctionne, le parti au pouvoir doit avoir sa cellule de communication qui fonctionne, le gouvernement doit avoir sa communication, mais la présidence aussi doit avoir sa communication. Je pense que désormais avec l’arrivée de monsieur Tibou, les choses commencent vraiment à s’améliorer.

Guineematin.com : vous pensez que monsieur Tibou Kamara est une solution pour le professeur Alpha Condé ?

Mohamed Fofana : monsieur Tibou Kamara fait parti des solutions parce que le chef de l’Etat dès son arrivée au pouvoir, il a tendu la main à tous les fils de ce pays afin qu’ils se donnent les mains pour faire avancer ce pays. Et si monsieur Tibou Kamara dans le passé a eu des positions vraiment très dures vis-à-vis du chef de l’Etat, s’il décide aujourd’hui de venir, je pense que c’est une victoire pour nous. Ça prouve que c’est nous qui sommes sur la bonne voie. Donc, je pense que son arrivée ne devrait pas être un problème. Les gens s’entredéchirent inutilement, le parti n’a pas besoin de ça, le pays n’a pas besoin de ça, le président de la République n’a pas besoin de ça. Nous devons nous donner les mains pour que chacun puisse faire ce qu’il peut afin que nous avancions davantage vers l’objectif.

Guineematin.com : au-delà de monsieur Tibou Kamara, il y a aussi un problème entre le GPT de Kassory Fofana et l’UFR de Sidya Touré, tous alliés du pouvoir du professeur Alpha Condé…

Mohamed Fofana : vous savez, le GPT et l’UFR sont deux partis qui partagent le même bastion politique. Vous savez, la Basse Côte est une partie de la Guinée que chaque parti veut contrôler et il se trouve que les deux partis se retrouvent sur le même territoire, donc parfois il y a des petits problèmes. Mais, moi je pense que ce sont des trucs qui n’intéressent que des individus. Mais, si vous avez accepté volontairement de venir au tour du président pour lui apporter quelque chose afin que nous puissions avancer, c’est ce dont la Guinée a besoin.

Guineematin.com : Récemment, l’opposition républicaine a montré une fois encore sa puissante force de mobilisation en faisant sortir des milliers de guinéens dans les rues de Conakry. Comment avez vous vu ces images ?

Mohamed Fofana : Je ne peux pas me fier à des images pour juger l’UFDG et ses alliés. Ce qui est important pour nous aujourd’hui, qu’est ce qu’ils ont obtenu en marchant? Si l’UFDG pense qu’il faut se mettre dans la peau d’un marchand de misère, de quelqu’un qui profite de la situation difficile des gens pour se trouver une place, je pense que ce n’est pas ça la politique. Il serait mieux pour l’UFDG de vendre son programme de société au lieu de dire chaque fois qu’on a fait sortir un milliard de personnes. Vous avez fait sortir un milliard de personnes en 2010, un milliard de personnes en 2015, mais ça vous a amené où? Vous voyez. C’est le moment de remercier ici la société civile et d’autres ONG qui commencent à dénoncer la présence massive des enfants qui n’ont rien à voir avec ces mouvements politiques. Vous êtes sur le terrain et vous voyez que l’UFDG ne fait sortir majoritairement que des enfants. C’est ce qu’on dénonce. D’ailleurs, au lieu de rester là à commenter, je préfère m’intéresser à ce que le président de la République, Pr Alpha Condé est en train de faire. Je pense que c’est ce qui rentre dans l’intérêt du peuple de Guinée.

Guineematin.com : Lors d’une sortie récente, le vice-président de l’UFDG, Elhadj Ibrahima Chérif Bah a dénoncé la discrimination des cadres Peulh dans l’administration Alpha Condé. Qu’en pensez-vous ?

Mohamed Fofana : Je pense que c’est des propos vraiment indignes « excusez-moi du terme » d’un homme du rang de monsieur Chérif Bah. Nous sommes dans un pays où les uns et les autres aspirent, ont soif de voir la Guinée évoluer. Il parle de 900 cadres. Est-ce qu’il est capable de montrer des statistiques? Moi je suis du RPG et je suis fier de communiquer avec des gens de la Forêt, du Mandingue de la Basse Côte et du Foutah qui partagent les mêmes visions que le chef de l’Etat, qui sont vraiment entrain de l’aider pour faire bouger les choses. Les 900 cadres dont il parle, est ce que c’est parce qu’il est Peulh qu’il est de l’UFDG ? Je dis non ! Il y a plusieurs ressortissants du Foutah qui ne partagent pas les mêmes idées que Cellou. Il ne faut pas parler de Peulh, il faut parler de l’UFDG et laisser la communauté Peulh. La communauté Peulh est respectée dans ce pays et qui contribue efficacement au développement de la Guinée. Une communauté qui contribue à la stabilité du pays. Mais, prendre les problèmes de l’UFDG et mettre sur le dos de la communauté Peulh, je pense que ce n’est pas un discours responsable. Et d’ailleurs je salue tous ceux qui ont eu le courage de condamner ce discours. Que ce soit quelqu’un de la mouvance ou de l’opposition qui utilise la fibre ethnique pour opposer les guinéens… Je pense qu’on ne peut pas créer un parti politique parce que nous appartenons à une communauté. Moi je m’appelle Mohamed Fofana, mais je suis de Lola. Je ne connais pas la Haute Guinée. Mais, est ce que c’est parce que je suis Mohamed Fofana que tu va me taxer d’être un ressortissant de la Haute Guinée ou que je suis du RPG ? Il y a plein de gens qui sont du même village que le président de la République, mais qui ne partagent pas la même vision politique que lui et qui sont dans d’autres partis politiques de l’opposition. C’est ce que nous devons cultiver. Encore une fois je pense que le discours doit changer. Le Peulh est guinéen, le malinké est guinéen, le forestier est guinéen, le konianké que je suis est aussi guinéen.

Guineematin.com : L’autre problème majeur en ce moment en Guinée, c’est la crise à la CENI. Comment observez cette situation qui ne fait que perdurer ?

Mohamed Fofana : Je vais vous répondre avec le cœur mais surtout avec la raison. Vous savez, ce que l’on vit aujourd’hui concernant la CENI est une honte. Je le dis à qui veut l’entendre si la CENI est un monstre, il a été fabriqué par la classe politique, mais aussi par la société civile. Donc si la. CENI échoue, pourquoi accuser l’autre? C’est un échec collectif. Que les gens acceptent, qu’ils ont échoués, qu’ils se remettent en cause, qu’ils réfléchissent désormais à une entité qui va nous permettre d’organiser des élections libres, transparentes, acceptables. Donc, que les gens arrêtent de s’accuser entre eux !

Guineematin.com : les premiers convois ont quitté Conakry pour la Mecque à l’occasion du pèlerinage 2017 dans un désordre qui ne dit pas son nom. Quels sont vos sentiments là-dessus ?

Mohamed Fofana : C’est toujours avec un cœur meurtri qu’on constate nos pauvres parents qui quittent l’intérieur du pays pour la plupart pour Conakry afin d’aller à la Mecque. Je pense que c’est inacceptable. On a tant dénoncé, mais il est aussi grand temps que les sanctions tombent. On confie des tâches à des personnes pour espérer un résultat. Si ce résultat ne vient pas, il faut vraiment que les sanctions tombent. Chaque fois nous allons tourner, faire les mêmes dénonciations et rien ne change. Ce n’est pas acceptable. Dieu merci, les premiers convois sont partis, d’autres suivront aujourd’hui. Il faut souhaiter que les prières et bénédictions qui seront formulées en faveur de la Guinée soient exaucées par Dieu. C’est ce qui est plus important pour nous.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Mohamed Fofana : Pour finir, je lance cet appel à tous les militants du RPG, à tous les sympathisants du RPG de s’accepter. Le professeur Alpha Condé a souvent dit dans ses discours que ton ennemi d’aujourd’hui peut être ton ami de demain et ton ami d’aujourd’hui ton ennemi de demain. Nous sommes en politique, ce n’est pas la personne qui doit nous intéresser, nous devons regarder les œuvres. Aujourd’hui, il y a des personnalités de ce pays là qui nous entourent. Et l’objectif d’un parti politique c’est toujours avoir un plus. Il y a aujourd’hui des personnes comme Tibou que je considère comme un grand plus. Nous devons les accepter, nous devons compter de ce qu’ils sont capables de nous apporter et non dans les rétroviseurs pour juger leur passé. Encore une fois de plus, oublions ces guéguerres inutiles.

Entretien réalisé par Mouctar Barry et Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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