Sidya Touré, UFRL’opposition annonce une déclaration- urgente- au palais du peuple, siège de l’assemblée nationale, cet après-midi. Pour sa part, l’UFR est en ce moment même (12 heures 55’) en réunion extraordinaire du bureau, au siège du parti républicain, à Matam. Toutes ces sorties sont consécutives à la présence inopinée des militaires au domicile de l’opposant Sidya Touré, qui semble déranger le régime Condé plus qu’on ne l’imaginait.

Pourquoi Sidya Touré serait-il si dérangeant pour Alpha Condé ?

Très à l’aise quand il parle gouvernance et administration, le président de l’UFR est surtout considéré par beaucoup de ses compatriotes comme étant le leader politique idéal dans la Guinée d’aujourd’hui, fortement minée par l’ethnocentrisme et le régionalisme. Issu de l’ethnie minoritaire Diakhanké, Sidya Touré n’a pas que sa région ou son ethnie qui le supportent. C’est d’ailleurs ce qui le place comme étant la troisième force politique (à l’issue des deux dernières élections : présidentielles de 2010 et législatives de 2013) ; juste derrière le chouchou des peuls, Cellou Dalein Diallo et le champion des malinkhés, Alpha Condé, tous les deux issus des deux plus grands groupes ethniques de la Guinée.

Aujourd’hui, dans les milieux politiques et sociaux de la Guinée, beaucoup estiment que notre pays a besoin de changement. Même si ce débat n’est pour le moment pas très médiatisé, mais de nombreux Guinéens (de toutes les sensibilités politiques et sociales, surtout de toutes les ethnies et régions du pays), estiment que l’opposition devrait se souder derrière Sidya Touré, seul à même de battre le président actuel, comme n’importe quel autre candidat, parmi les leaders actuellement connus.

Selon certaines interprétations, c’est cette hypothèse que le régime Alpha Condé craindrait le plus ; et, tous les moyens seraient à l’étude pour empêcher Sidya Touré d’être intronisé comme le candidat idéal contre son régime.

Faut-il craindre le syndrome Burkinabè ?

Evidemment que les opposants africains et du monde entier d’ailleurs ne rêvent que de voir les chefs d’Etat qui refusent la démocratie vraie se faire dans leurs pays respectifs chasser du pouvoir par une insaisissable marrée humaine, puis se faire élire sans ces derniers, contraints de vivre en exilé avant d’être convoqués par la justice qu’ils manipulaient pour répondre de leurs actes.

Seulement, la Guinée n’étant pas un pays où le président est en fin de mandat, on peut écarter le syndrome Burkinabè, même si tout le monde en parle aujourd’hui et trouve des identités ça et là. Probablement, la seule similitude qu’il faille relever pourrait être la lassitude des citoyens face à une gouvernance que beaucoup trouve mauvaise. Devant des discours pompeux, volontairement populistes du régime, beaucoup de compatriotes ne cachent plus leur harassement face aux humiliations que les Guinéens subissent avec une pauvreté de plus en plus marquée et une stigmatisation à l’extérieur du pays pour cause d’Ebola. Ce virus d’ailleurs qui aurait pu être isolé et vite maîtrisé dans le premier village contaminé, mais que le régime a laissé se propager en niant son existence et en continuant à le banaliser au lieu de lui opposer des mesures sérieuses de contrôle et de prévention.

A l’opposé du Burkina Faso- qui peine encore à trouver un successeur de consensus pour occuper le palais laissé vacant par l’ancien président, Blaise Compaoré- le ralliement des autres opposants derrière Sidya Touré pourrait bien concilier les ethnies et région de notre cher pays derrière un Guinéen qui sera, après son élection, évalué sur la base de ses actes et non les préjugés fondés que telle ethnie a sur ce qu’ont fait les grands-parents et arrières grands-parents de telle ou telle autre ethnie…

C’est probablement ce vend d’unité et de cohésion pour un vrai changement démocratique que le régime Alpha Condé a dû soupçonner et qui motiverait tous les ennuis que Sidya Touré encaisse en ce moment…

Nouhou Baldé

 

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