Comme annoncé précédemment, une nouvelle crise politique vient d’être créée en République de Guinée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Déçue et très frustrée, l’opposition dénonce ces pratiques examine la possibilité de se retirer de cet organe en charge des élections dans notre pays. 

C’est au moment où l’opposition menaçait de descendre dans la rue pour exiger un nouvel opérateur de saisie que la CENI a publié un appel d’offre qui ouvre la chance à l’opérateur actuellement décrié par l’opposition, Waymak, de se maintenir. Ne pouvant accepter un tel état de fait, l’opposition dénonce et menace. Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la déclaration conjointe de l’opposition républicaine, transmise par son porte parole, l’honorable Aboubacar Sylla, président de l’UFC.

Déclaration conjointe de l’opposition républicaine

L’opposition républicaine est informée par un communiqué diffusé sur les antennes des médias d’état de certaines activités menées par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), dans le cadre de l’organisation des élections locales et présidentielles.

Au nombre de ces activités figurent le recrutement d’un expert chargé de la correction des anomalies constatées sur le fichier électoral et sur la cartographie des bureaux de vote, le choix d’un consultant pour l’élaboration du dossier d’appel d’offres relatif à la sélection de l’opérateur technique chargé de la mise à jour du fichier électoral en vue de l’élection présidentielle de 2015, ainsi que le lancement effectif d’un appel d’offres ouvert pour le choix dudit opérateur.

Toutes ces opérations ainsi que celles qui les ont précédées, se sont déroulées à l’insu des partis politiques de l’opposition qui n’ont été ni informés, ni consultés sur ces activités importantes et décisives pour le succès du processus électoral.

Cette attitude de la CENI assimilable à une véritable fuite en avant, dans le but évident de mettre l’opposition devant une situation de fait accompli, vient aggraver la dégradation d’un climat politique déjà fortement crispé en raison du blocage que connait le dialogue politique tenu au mois de juillet 2014, autour de l’évaluation de l’accord politique du 3 juillet 2013.

Une connivence dangereuse semble s’établir entre le pouvoir et la CENI dans un jeu de rôles qui pousse le premier à empêcher la mise en place des comités de suivi et de veille prévus dans le Relevé de conclusions du dernier dialogue pendant que la seconde se livre frénétiquement à la mise en œuvre solitaire d’opérations fondamentales et déterminantes pour la transparence des élections et la crédibilité du processus électoral.

Au moment où le Peuple de Guinée durement éprouvé par l’épidémie Ebola cherche des motifs d’espoir dans la paix et la cohésion nationale, le pouvoir poursuit sa politique de provocation en plaçant l’opposition devant l’unique alternative d’initier des manifestations publiques pouvant aller à contre-courant des efforts nécessaires pour endiguer cette terrible maladie.

L’opposition condamne énergiquement cette démarche unilatérale de la CENI dans la conduite du processus électoral et rappelle que partout ailleurs, les organes de gestion des élections observent systématiquement une approche participative en informant et en mettant constamment à contribution les partis politiques qui demeurent les acteurs majeurs des scrutins nationaux.

Il en résulte que l’opposition est fondée à rejeter toutes les activités menées par la CENI ainsi que les résultats des consultations et des choix opérés par elle après les dernières élections législatives, pour cause de non respect des règles de transparence par un organe dont par ailleurs la composition paritaire légale qui garantit sa neutralité et son indépendance n’est plus respectée.

Aussi l’opposition envisage t-elle de réévaluer sa participation au sein de cet organe de gestion des élections qui peine à conquérir son indépendance du fait des interférences intempestives de l’exécutif dans son fonctionnement

L’opposition exige instamment la signature du Relevé de conclusions du dialogue national tenu du 1er au 9 juillet 2014 et la mise en place subséquente du comité de suivi de l’accord et du comité de veille auprès de la CENI. Elle appelle à l’amendement par l’Assemblée nationale des dispositions légales relatives au cadre juridique et institutionnel des élections dans le but de crédibiliser notre processus électoral et le sortir enfin d’une polémique récurrente qui alimente les crises politiques que traverse régulièrement notre pays.

L’opposition rappelle au Président et aux commissaires de la CENI qu’ils se doivent d’assumer leurs responsabilités constitutionnelles et qu’ils seront comptables, devant l’histoire et le Peuple de Guinée, des dérives graves et des conflits de tous genres qui pourraient naitre d’élections non transparentes et non crédibles.

L’opposition républicaine invite le peuple de Guinée à rester mobilisé pour l’instauration en Guinée d’un Etat respectueux des droits humains, des principes démocratiques et des règles de bonne gouvernance.

 Conakry, le 21 aout 2014

 Les partis politiques membres de l’Opposition Républicaine

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