dadis Camara, Blaise Selon toute vraisemblance, le pouvoir est en train de changer de mains actuellement au Burkina Faso. Nos contacts à Ouagadougou rapportent une situation chaotique. Notre compatriote et médiateur au compte de African Crisis Group, Dr. Sékou Goureissy Condé, joint au téléphone par Guineematin.com ce jeudi 30 octobre 2014 à 10 heures, expliquait déjà qu’on n’était pas loin « de la limite du possible… ». L’ancien médiateur de la République (Guinée) demandait également au pouvoir de Ouaga d’aller « plus vite que d’habitude » dans le sens souhaité par l’ensemble du peuple…

Guineematin.com a activité tout son réseau et contact pour rapporter à ses lecteurs la situation telle qu’elle évolue dans ce pays frère depuis ce matin. Comme tous les contacts dont nous disposons au Burkina Faso, le capitaine Moussa Dadis Camara a été contacté à plusieurs reprises sans la moindre réponse de l’ancien chef de la junte guinéenne. Tous nos appels ont sonné, mais aucun n’a jusque-là été décroché par le capitaine Dadis Camara.

Occupant lui-même un bâtiment de Ouaga 2000, où se dirigeait la foule pour exiger le départ du capitaine Blaise Compaoré, le capitaine Dadis Camara a certainement dû se remémorer de son vécu le 28 septembre 2009 à Conakry. Même si à Conakry, les manifestants étaient allés au stade du 28 septembre et non au palais présidentiel, à l’époque le camp Alpha Yaya Diallo qui avait servi de siège à la junte au pouvoir.

Contesté par ses compatriotes, la junte guinéenne avait fait tirer sur les manifestants non armés qui avaient officiellement perdu 157 personnes ; de nombreuses femmes avaient été violées en plein air et en public ce jour au stade du 28 septembre.

Sur ce dossier, le chef des putschistes guinéens avait eu un malentendu avec son aide de camp, Toumba Diakité, qui lui avait tiré dessus. Évacué d’urgence au Maroc, le capitaine Dadis avait ainsi perdu le contrôle du pouvoir. Trahi par celui dont il semblait le plus proche (Sékouba Konaté), le capitaine Dadis a été dans l’obligation de signer à Ouagadougou son abandon du pouvoir au profit de celui qu’il avait gradé général de l’armée et dont il annoncé faire confiance… Moussa Dadis Camara, malade, contesté par beaucoup de Guinéens et surtout très craint par le pouvoir à cause de sa popularité et sa capacité de mobilisation (l’homme était large, raconte certains de ses fans) vit jusque-là à Ouagadougou, aux frais du pouvoir burkinabè. Même pour participer aux obsèques de sa maman, l’ancien patron du CNDD a été contraint de faire des contours vers Rabat (Maroc), Monrovia (Liberia) et des garantis de son retour à Ouaga ont été données pour que le régime Alpha Condé accepte de le laisser aller à N’zérékoré…

Aujourd’hui, à part le traitement de faveur dont il peut perdre si les nouveaux maîtres du Burkina décidaient autrement, les partisans de Moussa Dadis Camara peuvent également se préoccuper de son sort à ce moment précis où le pouvoir change de mains au Burkina…

Guineematin.com continuera à essayer d’échanger avec le capitaine Moussa Dadis Camara pour informer l’opinion de la situation précise de celui qui avait fait rêver bien de Guinéens le 23 décembre 2008, après la mort du général Lansana Conté.

Nouhou Baldé

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