opposition, Guinée, ConakryLe calendrier électoral pour les élections communales ; la reforme de la CENI ; la reprise intégrale du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3) ; la mise en place immédiate des institutions républicaines ; l’arrêt du harcèlement et de la persécution des responsables de l’opposition, etc. Voici les exigences de l’opposition guinéenne si le régime Alpha Condé veut éviter la reprise des manifestations politiques

Déclaration conjointe de l’opposition républicaine

L’Opposition Républicaine a décidé en Juillet dernier de suspendre ses manifestations publiques et ses assemblées hebdomadaires pour empêcher que les regroupements induits par ces rencontres ne contribuent à la propagation de l’épidémie d’Ebola.

Au lieu de s’inspirer de cet exemple républicain, le Pouvoir met à profit cette trêve unilatérale observée par l’opposition pour initier et intensifier sa campagne électorale avant la lettre, en s’engageant frénétiquement dans des manifestations de tous genres ;

Cette stratégie d’occupation de terrain viole allègrement les dispositions de l’Etat d’urgence sanitaire déclarée par le Président de la République lui-même et concourt assurément à aggraver cette maladie en augmentant les risques de contamination des manifestants, les contacts corporels étant fréquents durant ces cérémonies et autres bains de foule.

Le pouvoir utilise également cette suspension des manifestations publiques pour enjoindre à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de reprendre sa fuite en avant dans la gestion du processus électoral en mettant en œuvre, dans l’opacité la plus totale, des activités ayant une incidence décisive sur la transparence et la crédibilité des futures élections.

La correction des anomalies constatées sur le Fichier Électoral et sur la cartographie des bureaux de vote ainsi que le choix du nouvel opérateur technique chargé de la mise à jour de la Liste Électorale sont, entre autres opérations, des activités qui se déroulent actuellement au sein de la CENI à l’insu des partis politiques de l’opposition.

L’Opposition Républicaine dénonce son exclusion totale de la gestion du processus électoral qui se déroule dans des conditions dont l’opacité se le dispute à l’irrégularité, la CENI ayant été jusqu’à tenir les partis d’opposition dans l’ignorance absolue du contenu des cahiers de charge servant à la sélection de l’opérateur technique.

L’opposition déplore le refus de dialogue des autorités actuelles qui s’enferment dans une logique de fait accompli en allant jusqu’à s’opposer à la signature du Relevé de conclusions résultant de la concertation de Juillet 2014, dans le but évident d’empêcher la mise en place des comités de suivi et de veille de la CENI.

L’opposition condamne fermement les violations graves des libertés et droits humains auxquelles se livrent de manière récurrente les autorités publiques qui se sont lancés ces derniers temps dans une véritable campagne de neutralisation et d’intimidation des opposants politiques. Le harcèlement du président de l’UFR à son domicile, l’assassinat ciblé du président de la section motards de l’UFDG, les menaces de mort et les agressions subies par le député uninominal de Dixinn, membre de l’UFDG en sont les derniers épisodes.

L’Opposition Républicaine attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les risques réels que ces provocations et cette démarche d’exclusion dans la conduite du processus électoral font peser sur la paix civile et la cohésion sociale. Elle réaffirme sa détermination à œuvrer par tous les moyens légaux à l’instauration en Guinée d’un Etat de droit respectueux des principes démocratiques.

Pour ce faire, l’opposition républicaine exige des autorités publiques la mise en œuvre des actions suivantes :

  1. La signature du Relevé de Conclusions résultant du dialogue politique intervenu en juillet 2014 et la mise en place subséquente des comités de suivi et de veille;
  1. La définition consensuelle d’un calendrier électoral pour la tenue, dans les meilleurs délais, des élections communales, en vue de mettre un terme à l’existence illégale de délégations spéciales et d’autres « élus » locaux nommés, ne disposant d’aucune légitimité pour administrer les collectivités. Ces responsables  du parti au pouvoir qui ne sont dotés d’aucun mandat électif rivalisent de zèle dans           la persécution des militants de l’opposition, surtout à l’intérieur du pays;
  1. La reforme de la CENI qui a montré ses limites à l’occasion des dernières élections législatives et qui ne remplit plus, dans sa composition actuelle, le critère de parité     prévu dans la loi 016 qui fixe son organisation et détermine son mode de fonctionnement;
  2. La reprise intégrale du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3) dont l’analyse des résultats provisoires révèle de nombreuses incohérences et anomalies soutenues par une volonté politique manifeste du gouvernement de l’utiliser non pas comme un outil fiable de planification pour le développement et la lutte contre la pauvreté, mais plutôt comme un véritable instrument de cadrage du fichier électoral pour justifier, à terme, un électorat fictif dans les fiefs du parti au pouvoir;
  3. La mise en place immédiate des institutions républicaines (Cour constitutionnelle, Cour des comptes, Haute cour de justice, Haute autorité de la communication, Haute autorité des collectivités locales, Institution Indépendante des droits Humains) dont l’absence est une violation manifeste de la Constitution et une cause du maintien de notre pays dans une situation de transition politique;
  4. L’arrêt du harcèlement et de la persécution des responsables de l’opposition et l’ouverture immédiate d’enquêtes sérieuses devant aboutir à l’identification des acteurs et commanditaires de ces actes d’un autre âge en vue de leur traduction devant les juridictions compétentes;
  5. La démilitarisation du village de Womey afin de mettre un terme à la punition collective qui frappe indistinctement les habitants de cette localité tout en exigeant que la meilleure diligence soit accordée à la traduction, devant les tribunaux, des personnes soupçonnées de commission de meurtres et d’actes de violence, le 16 septembre 2014,  à l’encontre des membres de la mission officielle de sensibilisation

Dans l’éventualité où ces revendications ne seraient pas immédiatement satisfaites, l’opposition républicaine initiera dans les prochains jours une série de manifestations pacifiques sur les places publiques afin d’amener le pouvoir à se conformer aux dispositions de la Constitution et des lois de la République.

L’opposition républicaine appelle le Peuple de Guinée à rester debout et à demeurer mobilisé pour le combat politique en faveur de l’instauration en Guinée d’un Etat de droit et d’un régime réellement démocratique.

Conakry, le 7 novembre 2014

Les partis politiques membres de l’Opposition Républicaine

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