Lama Sidibé, artiste, chanteur, Guinée, Salle archicomble, public mosaïque en délire, palette d’artistes… Voilà le décor de la dédicace du nouvel album intitule FOUTA qui comprenant 12 titres de l’artiste Lama Sidibé.

Soûsaye (être courageux), Ka bananadje, élégance, le nom d’un séré de femmes de Philadelphie, le morceau fétiche, Mari Faala, en remix sont entre autres les tubes de cet album enregistré dans un studio de Washington.

Pour donner toutes les voix et toutes les diversités dans l’unité des artistes guinéens, Fanta Mara, Soba Kanté, Fodé Kouyaté, l’enfant de Kissifaramaya, et Rica ont tenu le public mélomane en haleine avant que l’enfant de Hôré Fello ne fasse sa magistrale entrée sous les applaudissements surtout des femmes en nombre remarquable. Le temps s’évade dans la profondeur de la nuit et du froid glacial de la première capitale américaine où fut signée la convention de l’Union Fédérale. Philadelphie, cette majestueuse ville de la Pennsylvanie.

Il est 1 heure du matin à l’horloge quand la voix male et sublime de Lama Sidibé- qui avait revêtu pour l’occasion un boubou trois pièces encre, coiffé d’un bonnet blanc- fendit l’air et empli la salle. Il accompagné par un orchestre bien en selle où chacun joue sa partition avec dextérité. Lama Sidibé égrène alors le premier titre, Fouta, les peuls de Nioro du Sénéggal, ceux du Fouta Djallon dont il cite les grandes familles : Bah, Diallo, Sow et Barry ; mais les autres aussi, ceux du Toro : Tall, Sall, Seck, Dieng, Bokoum, Sock, en donnant à chacun l’épithète mérité dans cette sociologie foisonnante de ce peuple musulman, tolérant, respectueux, lettré, entreprenant, nomade et transhumant, donc éleveur, fier de l’être bâtisseur de royaumes théocratiques… Oui ! Lama Sidibé n’a non plus oublié la beauté et l’élégance de ces princes et princesses du beurre et du lait. Il n’en fallait pas plus pour que les sacs s’ouvrent et que les dollars pleuvent sur la tête de Lama si d’ailleurs les femmes du séré élégance n’en ont pas fait de bonnet chaperonne pour coiffer Lama Sidibé, elles ne s’arrêteront pas là, ces femmes du séré élégance aussi belles et bien habillées, ambassadrices d’une Guinée plurielle lorsque Lama Sidibé chanta pour magnifier Mme Sow, leur marraine et Cellou Bambadion, leur parrain. Alors, par la voix de leur porte-parole, Mme Mame Diawara, une malienne, une grosse enveloppe et un riche boubou bazin vont être remis à Lama qui s’était déjà vu octroyer un ensemble veste 3 pièces et une grosse enveloppe de la part du président d’honneur de la soirée, monsieur Kolon Sylla, un fils de Sinta (Télimélé), secrétaire fédéral de l’UFDG de Philadelphie et coordonnateur du parti aux USA.

La nuit avance, les morceaux se suivent sans se ressembler : Mari Faala en remix, Lama Sidibé chante Gongoré Maci, Fatoumata Binta Dramé, tandis que les femmes qui semblaient retrouver leurs années de jeunesse dansaient sans répit. Lama est entraînant et séduisant. C’est ainsi qu’un leader politique Sierra Léonais, Mr. Mohamed Ke Mansaré, en séjour à Washington, ayant entendu parler de la dédicace, a répondu présent avec une bonne brochette d’amis et des dollars.

Cette nuit là, c’est la Guinée musicalement parlant qu’on a retrouvé dans une salle de Philadelphie et c’est la fille de Aminata Kamissoko, vivant dans cette ville qui arrache le micro pour montrer qu’elle est une digne héritière de la lionne de la scène. Et, pour boucler la boucle, la légion d’honneur revient sur scène de nouveau. Fanta Mara, la reine du pays Kouranko, donne le ton, suivie de la foudroyante Soba Kanté. Un hommage aux peuls (les SINANI) dans un récital de symboles, d’images, de métaphores et de poésie, à nul autre pareil. Il en sera de plus lorsque SEGUE NIN BABI KOUYATE FODE entre légende, récit et histoire, videra ses tripes, en restituant ces temps de gloire magnifiés de faits de générosité, de solidarité et de foi, d’espoir et d’espérance de ces peuls DIELISOLA. Personne ne saurait mieux le dire cette nuit-là plus que Fodé Kouyaté qui animera dans la même salle, la nuit du 31 décembre, sur invitation des fils de la Basse Côte vivant à Philadelphie.

Bref, Rica, le chansonnier de la morale sociale, entonnera son « 5000… 5000 », alors que les premières lueurs de l’aube ajoutent déjà à la lumière pour annoncer le jour du dimanche 21 décembre 2014. Douloureuse et difficile séparation alors ceux qui veulent encore de ces mélodies envoutantes, angéliques et suaves de l’enfant de Hôré Fello. Rendez-vous le 24 décembre à Atlanta, en Géorgie. A défaut, vous pouvez vous contenter des CD déjà disponibles depuis hier.

En attendant, l’on se souviendra longtemps de cette fabuleuse nuit au cours de laquelle les Guinéens de Philadelphie ont vécu, chanté et dansé à l’unisson comme s’ils imitaient Aimé Césaire, en écrivant leur cahier de retour au pays natal.

Amadou Diouldé à Philadelphie pour Guineematin.com

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