Quelques jours seulement nous séparent de la fête de Tabaski. Mais, pour le moment, l’affluence est faible dans le marché central de Fria. Une situation dont se plaignent les commerçants tandis que les clients eux sont plutôt préoccupés par les préparatifs pour l’ouverture des classes, a constaté la correspondante de Guineematin.com à Fria.

La fête de la Tabaski est habituellement une occasion pour les musulmans de s’acheter de beaux habits et d’immoler un mouton pour ceux qui ont la possibilité. Mais, à quelques jours de cette fête, l’ambiance est morose au marché « Plateau » de Fria.

Les commerçants interrogés par Guineematin.com se plaignent de la rareté des acheteurs d’habits ou de chaussures de fête ; car, disent-ils, les fournitures scolaires sont les plus prisées en ce moment. « Les tissus ne marchent pas ! Ce sont les tenues qui marchent petit à petit parce que l’ouverture approche. C’est pourquoi, les parents nous disent que pour le moment leur priorité ce sont les tenues. Nous, on a mis notre argent dans l’affaire de fête là. Mais, vraiment, ça ne va pas », a dit Mamadou Saliou Bah, vendeur d’habits.

« Les chaussures s’achètent petit à petit ; mais, ce n’est pas comme avant et ce n’est pas comme on veut. L’affaire est compliquée avec cette approche de la fête et de l’ouverture. Mais, moi, j’arrive quand même à convaincre certains clients en leur disant qu’une même paire de chaussures peut être portée le jour de la fête et le jour de la rentrée ! Avec cet argument, certains achètent », a affirmé Sadjaliou Diallo.

Même son de cloche chez les femmes vendeuses ambulantes d’articles pour enfants, elles disent se promener porte à porte du matin au soir à la recherche de clients. Pour amener certains clients à acheter, elles sont obligées de casser le prix pour ne pas rentrer à la maison sans un sou.

Quant à ce parent interrogé sur les raisons de ce désintéressement, sa réponse est claire : « Puisque la fête c’est un seul jour, nous allons chercher à manger et garder les enfants à la maison, personne ne peut comprendre ma pauvreté ; mais, si le jour de la rentrée, mon enfant ne va pas à l’école parce qu’il n’a pas de fournitures, ça va attirer l’attention de tout le monde sur ma pauvreté ! C’est pourquoi, je me bats pour trouver le prix des fournitures », a déclaré Morlaye Bangoura, conducteur de taxi moto.

Avec la situation économique que traverse la cité de l’alumine, le rapprochement des dates de la fête et de la rentrée des classes ne fait pas sourire les citoyens de Fria. Pour bon nombre d’entre eux, la fête ne peut pas être reportée puisqu’elle est mondiale ; mais, un report de l’ouverture des classes est possible pour leur permettre de bien se préparer.

De Fria, Djénabou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 628 28 67 44/657 10 69 95