Libre Opinion : Comme c’est souvent le cas en période post-électorale, la Guinée traverse une situation sociopolitique  inquiétante suite aux élections locales du 04 février 2018, dont les résultats officiels sont contestés par l’opposition. Des messages haineux et des appels à la violence se multiplient dans certains médias et sur les réseaux sociaux, ce qui fait craindre sérieusement une situation de chaos dans notre pays.

Dans ce contexte assez tendu, un homme a pris le devant pour essayer de lutter contre toute forme de violence, afin de préserver notre pays d’une situation non souhaitable. Il s’agit bien de Khalifa Gassama Diaby, ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté. Avec son habituel franc-parler, son audace et sa franchise républicaine, le ministre est allé aux sièges des deux plus grands partis politiques du pays (Le RPG Arc-en-ciel et l’UFDG) pour tirer la sonnette d’alarme. Il a interpellé les responsables et militants de ces formations politiques, sur la nécessité de préserver la paix et l’unité nationale en Guinée.

Gassama Diaby avait annoncé à cette même occasion, la mise en place d’une commission de veille pour s’assurer que des propos haineux, divisionnistes et tendancieux, ne soient plus mis sur la scène publique, mais aussi, de la mise en place d’un pool d’avocats pour aider les familles des victimes de meurtres enregistrés lors des manifestations pacifiques, à poursuivre les auteurs de ces crimes devant la justice.

Mais le problème, c’est que son Ministère fait toujours face  à des résistances et des obstacles jusque dans son propre camp, c’est-à-dire au sein du gouvernement et de l’administration publique en général. Cela est clair pour toutes les personnes qui ont participé le 26 février 2018, à la réunion pour la mise en place du comité de veille annoncé plus haut. Toutes les organisations de la société civile, les coordinations régionales,  les institutions républicaines avaient répondu présent à la rencontre, mais à la surprise générale, le gouvernement a joué à l’abonné absent.

Parmi les sept Ministères invités, et qui devaient être membres du comité, aucun n’avait daigné envoyer de représentant à cette rencontre, aucun n’a répondu à l’invitation du ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté. Le ministère de la justice, ceux de la sécurité, de l’administration du territoire, des télécommunications, de la communication,  ainsi que le ministère de l’action sociale et le secrétariat général des affaires religieuses, ont tous boudé cette réunion, pourtant d’une importance capitale.

Malgré tout, la réunion s’est tout de même tenue. Des échanges fructueux ont eu lieu, des informations importantes données et des mesures prises. Aujourd’hui, le mécanisme suit son cours, malgré les nombreux obstacles. Le Ministère de l’unité nationale et de la citoyenneté tient actuellement un fichier dans le lequel il recense et inscrit toute personne qui brave « les interdits légaux » contre la paix et le vivre ensemble.

Première personne épinglée, Bantama Sow, dont le dossier pouvait faire cas d’école, si le ministre de la justice Maître Cheick Sako jouait son rôle. Oui, si la plainte contre le ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique prospérait, on aurait pu éviter cette anarchie aujourd’hui. Pour rappel, Bantama Sow avait fait des menaces contre son collègue du gouvernement Gassama Diaby qu’il traita de quelqu’un que le président Alpha condé aurait ramassé en cours de route contrairement à lui,  et surtout en laissant entendre que le ministre Gassama était un infiltré venu déstabiliser le parti et le pouvoir. Et oui ! Quand on est coincé, tous les arguments semblent permis pour se défendre.

Il y a ensuite les appels à la vengeance tenus à Maréla par Bantama Sow et diffusés à travers les réseaux sociaux. Toute chose qui a été dénoncée par le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté, qui s’était aussitôt insurgé contre ce comportement et annoncé son intention de demander des poursuites contre son collègue. Pour joindre l’acte à la parole, le 26 février 2018, Gassama Diaby a envoyé une lettre au ministère de la justice pour l’interpeler sur cette infraction et demander des poursuites judiciaires contre le ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique. Mais jusque-là, c’est modus bouche cousue au niveau de Maître Cheick Sacko.

Pourtant, c’est de bonne foi que Khalifa Gassama Diaby a certainement saisi son homologue de la justice pour éviter que ce qui est en train d’arriver aujourd’hui n’arrive. Car, pour rassurer les citoyens, il est important que le gouvernement puisse sévir contre tous ceux qui vont à l’encontre de la loi. Qui qu’ils soient et de quelque bord qu’ils soient.

Avant qu’il ne soit trop tard, pour éviter que l’irréparable n’arrive dans les jours ou mois à venir, le président de la République doit prendre donc ses responsabilités, pour interpeller les différents ministres qui, de près ou de loin peuvent protéger notre patrimoine commun, la Guinée. Et surtout, qu’ils assument leurs responsabilités et accompagnent le ministre Gassama Diaby dans sa mission de lutte contre l’injustice, la haine, la division et les violences, et pour la préservation de la paix, la quiétude et l’unité nationale dans notre pays.

Et pour cela, le ministre de la justice doit jouer franc jeu, et travailler en étroite coordination avec l’ARPT et tous les ministères concernés pour mettre fin à cette anarchie haineuse qui s’installe peu à peu dans notre pays, à travers les messages de toutes sortes diffusés sur les réseaux sociaux notamment.

Cela passera aussi forcément par l’arrestation de tous les pyromanes qui prônent la violence et la haine, de même que ceux qui se rendent coupables de violations des droits de l’Homme dans notre pays. C’est ce que le ministre Gassama a compris à temps, malheureusement, il n’a pas été écouté et n’a pas été soutenu par le gouvernement. Comme pour dire que toutes les bonnes volontés du monde ont toujours leur limite dans un environnement de mauvaise foi et d’inaction.

Mais ceux qui connaissent Khalifa Gassama Diaby sont convaincus et rassurés qu’il n’abdiquera pas dans sa noble et importante lutte. Car, ce n’est pas un homme qui recule face aux difficultés. Et lui qui a choisi la Nation-Guinée, est conscient que son combat sera de longue haleine, mais il finira par porter ses fruits.

Younoussa Menguai Tounkara, Administrateur civil

Tél. : 624 39 19 96

NB : Ceci (comme tous les textes publiés dans la rubrique Libre Opinion) n’engage pas la rédaction de Guineematin.com

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