Depuis bientôt trois semaines, l’inter-centrale CNTG-USTG et les forces sociales de Guinée mènent un mouvement de protestation contre la hausse du prix du carburant en Guinée. Et ce combat paralyse sérieusement le pays et rend la vie encore plus dure à Conakry particulièrement, où la plupart des activités sont au ralenti. Malgré cette pression, le gouvernement refuse de reculer et maintient toujours le prix du litre de carburant à 10 000 francs guinéens à la pompe au lieu de 8000 francs guinéens comme le réclament les protestataires.

Face à ce bras de fer, les avis sont divergents au sein de l’opinion. Certains pensent que le combat engagé par les syndicats et la société civile est voué à l’échec alors que d’autres restent optimistes quant à la réussite de cette lutte. Ces derniers demandent la poursuite du combat jusqu’au bout et appellent à une mobilisation générale de la population pour faire plier le gouvernement. C’est le constat fait par un reporter de Guineematin.com qui a interrogé plusieurs citoyens de Conakry sur la question.

Ibrahima Diallo, citoyen de Kipé et diplômé en informatique réseau : la situation actuelle de la Guinée est très tendue du fait que le gouvernement a décidé d’augmenter le prix du carburant il y a de cela trois semaines. Je suis très conscient que le Guinéen souffre actuellement, et je souhaite que le prix du carburant revienne à 8000 GNF. Je sais que ce que les forces sociales et les syndicalistes font, ça y va de l’intérêt de tous, mais c’est le gouvernement qui est plus fort dans des situations pareilles. Je ne crois pas que les syndicalistes réussiront à faire ramener le prix du litre de carburant à 8000GNF.

Ibrahima Soumah, citoyen de Bambéto : selon ce que j’entends à la télévision, dans les radios, à travers les décrets, les forces sociales ne réussiront pas à faire plier le gouvernement. C’est ce que la société civile et les syndicalistes réclament, l’Etat le refuse, et c’est l’Etat qui est fort, donc c’est lui va l’emporter je pense.

Ousmane Diallo, sociologue de formation, citoyen de Kipé : dans ce combat-là, c’est tout le peuple qui soutient les forces sociales. J’écoute souvent la réaction des gens dans les taxis, les bars café. J’ai des amis à l’intérieur du pays, tout le monde est mobilisé pour suivre nos frères combattants, les patriotes syndicalistes et les forces sociales de Guinée. Même dans le dernier village de la Guinée, je souhaite que les vielles personnes se mobilisent le lundi prochain par rapport à cette crise, c’est une affaire de survie nationale. Ce n’est pas une affaire d’ethnie, ni de parti politique. Quand le prix du carburant monte, c’est la vie en générale qui devient chère à tous les niveaux sur l’étendue du territoire nationale. Nous avons beaucoup de ressources qui peuvent nous empêcher de lorgner vers carburant. On a juste eu la mal chance de tomber sur un mauvais gouvernement incompétent, paresseux, malhonnête. Parce que vouloir vivre des retombées du carburant, moi je considère ça comme étant une paresse du gouvernement de Kassory Fofana. Ceux qui pensent que les forces sociales ne réussiront pas, on connait leur statut, ce sont les parents de ceux qui sont du gouvernement.

Moussa Kanté, politologue : par rapport au réajustement du prix du carburant de façon unilatérale fait par le gouvernement, je le condamne avec la dernière énergie, et je suis optimiste par rapport à la réussite totale des forces sociales. Ils ont annoncé des marches pacifiques pour la semaine prochaine, je veux que tout le peuple guinéen se mobilise pour protester contre cette injustice en Guinée.

Alpha Barry : avec la cherté de la vie actuelle, on ne peut pas accepter ce prix du carburant qui est 10 000 GNF. Nous chômons et nous passons notre temps devant les cafés. Je souhaite que le gouvernement et les syndicats trouvent un terrain d’entente pour nous sortir de ce calvaire.

Propos recueillis par Mohamed DORE pour Guinéematin.com

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