Les plaidoiries et réquisitions dans le procès opposant Martine Condé, présidente de la Haute Autorité de la Communication (HAC), et Joachim Baba Millimono ont eu lieu ce mercredi 19 juillet 2017. La présidente poursuivie pour des faits de menaces, de voies de fait et d’abus d’autorité par Joachim Baba Millimono, commissaire de la HAC au TPI de Kaloum. Les parties au procès ont rivalisé d’ardeur dans leur argumentaire, sous le regard vigilant du président du Mohamed Chérif Sow, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’honneur est revenu en premier lieu à maître Salifou Béavogui, avocat de Joachim Baba Millimono, de procéder à ses plaidoiries. Pour lui, les faits pour lesquels madame Martine Condé est poursuivi sont établis. Il va rappeler que la présidente de la HAC a pris un acte qui suspend Joachim de la HAC, alors que ce dernier et nommé par un décret présidentiel. Pire, ajoute maître Béa, cet acte est pris après la condamnation de Joachim Baba Millimono pour faux et usage de faux, alors que le dossier est en suspens à la Cour Suprême.

« Elle n’a pas la prérogative d’exécuter une décision judiciaire surtout que le dossier était pendant à la Cour Suprême. La décision de suspension a été déclarée nulle te de nul effet par la Cour Constitutionnelle par un arrêt en date du 16 mai 2016. Madame Martine Condé a empêché mon client de siéger aux plénière de la HAC, en le faisant menacer par son garde de corps et par un écrit lui interdisant l’accès des lieux jusqu’à nouvel ordre. Elle ne devait pas non plus bloquer son salaire en adressant à cet effet une lettre au ministère de l’économie et des finances», a souligné maitre Salifou Béavogui.

A la suite de maître Béa, le procureur Alghassimou Diallo va tenter de démontrer, avec une rare pédagogie, que les faits de menaces, violences, voies de fait et abus d’autorité ne sont pas avérés. Monsieur Diallo va illustrer ses propos en se fondant sur la version des témoins, tous de la HAC, lors des audiences précédentes. « Les témoins ont dit n’avoir ni vu ni entendu des menaces proférées par madame Martine Condé contre Joachim. Donc, c’est la parole de l’une contre celle de l’autre ».

Parlant de l’infraction voies de faits et violence, le procureur estime qu’il n’y en pas eu d’autant plus que le garde de corps de Martine Condé, l’adjudant Kissi Kourouma, n’a pas accepté qu’il y ait rencontre entre eux pour éviter tout problème. En outre, monsieur Alghassimou Diallo dira qu’il n’y a pas d’abus d’autorité car on ne parle de salaire que quand il y a travail. Or, Joachim ne venait plus à la HAC.

Le procureur soutiendra, en somme, qu’il n’y a pas d’infraction. « Les faits ne sont absolument pas constitués au regard de la loi. Je demande de renvoyer madame Martine Condé des fins de la poursuite », a requis Alghassimou Diallo.

Profitant de cette brèche, l’avocat de la partie civile, Maitre Doura Chérif, va emboîter le pas au procureur. Pour ce brillant orateur, « c’est établi que ma cliente n’a commis aucune faute, elle a été plutôt responsable en cherchant à protéger son institution. C’est pourquoi je demande au tribunal de renvoyer ma cliente des fins de la poursuite », va plaider l’avocat.

La décision dans cette affaire sera rendue le 26 juillet 2017.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél.: 628 17 99 17

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