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A l’occasion des journées ville-morte, organisées par l’opposition républicaine, de nombreux jeunes gens avaient été arrêtés et mis sous mandat de dépôt. Quatre d’entre eux ont été jugés ce mercredi 11 octobre 2018 au Tribunal de Première Instance de Dixinn. Mamadou Baïlo Barry et trois autres, poursuivis pour délit d’attroupement, ont été relaxés, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ces quatre jeunes ont été tous arrêtés le 27 février 2018 par la Brigade Anti Criminalité (BAC) numéro quatre (4) de Matam lors de la journée ville morte de l’opposition républicaine. C’est à cause des barricades, érigées sur la route Le Prince, que ces jeunes ont été pourchassés et arrêtés dans différents quartiers de Ratoma. Parmi eux, il y a des chauffeurs, des menuisiers, des frigoristes et des apprenti-chauffeurs.

Au cours de leur audition, les prévenus ont fait savoir au tribunal qu’ils ont tous été arrêtés le même jour, mais pas au même endroit, ni à la même heure.

Selon Saliou Souaré, « ils m’ont arrêté le 27 février 2018 à 21 heures au niveau du collège de Ratoma. J’étais parti chercher de quoi manger dans le quartier. J’ai vu le pick-up pourchasser les citoyens. Moi aussi, j’ai pris la fuite et je suis tombé avec mon plat de spaghettis et mon téléphone. Ils m’ont pris et ils m’ont déposé à la gendarmerie de Matam pendant une semaine. Après, ils nous ont transféré à la maison centrale».

De son côté, le prévenu Mamadou Baïlo Barry dit que jusqu’à présent il ne sait pas pourquoi il a été arrêté. « Je ne connais pas le motif de mon arrestation, car il n’y avait ni attroupement ni jet de cailloux. Tout était calme là où ils nous ont trouvé », s’est-il défendu.

Par ailleurs, les quatre prévenus disent avoir été auditionnés à la gendarmerie en l’absence de tout avocat.

Dans ses réquisitions, le procureur Alsény Bah a eu à rappeler que c’est quand l’opposition républicaine a décidé d’observer la journée ville morte qu’il y a eu attroupement. C’est ainsi, dit-t-il, que des barricades ont été érigées sur la route Le Prince. C’est dans le but d’enlever ces barricades, ajoute le procureur, que ces 4 jeunes ont été interpellés par les agents de la BAC4.

Selon lui, parmi les quatre prévenus auditionnés, seul Saliou Souaré a donné une explication claire à la barre. C’est pourquoi « je vous demande de relaxer Saliou Souaré en vertu de l’article 544 du code pénal guinéen puis de condamner les trois autres à 6 mois assortis de sursis ».

La défense quant à elle, par la voix de maître Thierno Souleymane Baldé, va demander la relaxe pure et simple des prévenus pour délit non constitué.

Finalement, tous les quatre prévenus ont été relaxés par la présidente du tribunal, madame Fatoumata Camara, pour délit non constitué.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 654 416 922/664 413 227

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