Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, les débats se sont poursuivis ce lundi, 25 septembre 2017, dans le dossier de l’assassinat du journaliste Mohamed Koula Diallo. Des débats, parfois houleux, ont eu lieu sur place.

Les deux accusés présents, Amadou Sow et Alghassimou Kéita, ont été interrogés sur le déroulement des faits le 05 février 2016, date de la mort par balle de notre confrère.

A la fin de l’audience, les avocats des deux camps ont exprimé leurs points de vue.

Pour maître Salifou Béavogui, avocat de la défense, « les débats se sont bien passés. Amadou Sow a rejeté en bloc les accusations d’assassinat, de tentative d’assassinat, de coups et blessures, portées contre lui. Il a expliqué que le 05 février 2016, il était là pour sécuriser le président de l’UFDG. Il n’était porteur ni d’une arme cachée, ni d’une arme apparente. Il a sécurisé le président et il est retourné à la maison. Il ne pouvait pas rester dans l’enceinte du siège pour sécuriser le président et donner la mort au journaliste Koula qui était tout à fait dehors. C’est pourquoi d’ailleurs nous avons demandé la reconstitution des faits par une nouvelle descente sur les lieux qui tiendra cette fois ci compte du principe du contradictoire. Puisque la première descente organisée par la gendarmerie était unilatérale, partisane, dirigée et conditionnée. Ce n’est qu’un seul camp qu’on a regroupé, notamment les agents de sécurité de l’UFDG qui sont à mains nues, qu’on a embarqué dans le dossier… En somme, le collectif des avocats de la défense a démontré que monsieur Sow n’a pas commis les infractions reprochées, le dossier est monté de toutes pièces parce qu’on suppose monsieur Sow fait partie de la garde rapprochée de Cellou Dalein. Donc, il faut coûte que coûte le sacrifier. Le deuxième accusé, Alghassimou Kéita, a démontré également qu’il n’a pas participé aux infractions commises. Plus grave, il a été isolé pendant deux jours, torturé au niveau de la gendarmerie, en dehors de l’assistance de ses avocats pour l’amener à avouer que monsieur Sow portait une arme. Les enquêteurs ont été mis en cause et devant le cabinet d’instruction la vérité a éclaté », estime maitre Salifou Béavogui.

De son côté, maître Kpana Emmanuel Bamba, du collectif des avocats de la partie civile dans cette affaire, pense « qu’à travers la déposition des accusés, nous constatons qu’ils sont entrain de nier en bloc tout c qu’ils ont reconnu à l’enquête préliminaire, même devant le juge d’instruction. Ils sont de parler du fait qu’ils ont été torturé à l’enquête préliminaire, mais sans rapporter la preuve. Vous savez que depuis la reforme au niveau du secteur de la justice, nous demandons aux OPJ (officiers de Police Judiciaire) de bien traiter les suspects. La preuve est que l’un des accusés parle même du fait qu’on lui avait donné 50 mille francs guinéens pour déjeuner. Donc, s’ils parlent du fait qu’il ait été torturé sans rapporter les preuves, ça n’engage que lui. Donc, nous allons continuer à démontrer que ce sont eux les auteurs du crime crapuleux qui a été commis le 05 février 2016. Lorsque les enquêtes étaient en cours, les avocats étaient là, mais l’officier de police judiciaire ne peut pas par exemple prier l’avocat de venir assister son client. Donc, lorsqu’on les a invités, ils ne sont pas venus, je ne sais pas ce qui s‘est passé, mais en ce qui nous concerne, ce n’est pas seulement le procès verbal qui va constituer la base des preuves que nous allons fournir ici. nous savons que les PV d’enquêtes préliminaires sont produits à tire de simple renseignement. Donc, les débats réels, l’instruction réelle, continuent jusqu’au jour du jugement. S’ils doutent du PV d’enquêtes préliminaires, c’est leur droit, mais nous avons d’autres éléments de preuves qui confortent notre position que ceux qui sont là et ceux qui sont en fuite, ce sont eux qui sont les auteurs principaux et les complices du crime commis le 05 février », soutient mordicus Maître Bamba.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

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