L’Afrique de l’Ouest est confrontée à l’épidémie d’Ebola la plus importante et la plus complexe enregistrée à ce jour. La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone sont les pays les plus touchés. Plus de 13 000 personnes ont été contaminées et la maladie a déjà coûté la vie à près de 5 000 d’entre elles.

L’Union européenne (UE) suit la propagation de l’épidémie et prend des mesures collectives au niveau européen et international. Elle mobilise des moyens politiques, financiers et scientifiques pour contribuer à endiguer, à maîtriser, à traiter et, enfin, à vaincre le virus. Le 24 octobre 2014, le Conseil européen a nommé Christos Stylianides, commissaire européen chargé de l’aide humanitaire et de la gestion des crises, au poste de coordinateur de l’UE pour la lutte contre Ebola. Entre le 12 et le 16 novembre, M. Stylianides s’est rendu dans les trois pays les plus touchés en compagnie de Vytenis Andriukaitis, commissaire européen chargé de la santé.

Aide financière

Au total, l’UE a alloué plus d’un milliard d’euros pour combattre l’épidémie. Ces fonds proviennent à la fois des États membres et de la Commission européenne.

La Commission a débloqué 373 millions d’euros pour financer des mesures d’urgence et de soutien à plus long terme.

Cette enveloppe contribue à financer la surveillance épidémiologique, les diagnostics, les traitements et la fourniture de matériel médical. Elle permet également de dépêcher des médecins et du personnel soignant et de former des professionnels de la santé. Elle contribue en outre à sensibiliser les populations à la maladie et à les encourager à organiser des funérailles qui respectent les mesures de sécurité.

En plus des partenariats de développement existants au niveau bilatéral et de l’UE, la Commission consacre également quelque 138 millions d’euros à l’aide au développement et au redressement rapide. Les fonds sont mis à disposition maintenant et jusqu’en 2015. L’objectif est de renforcer la capacité des pouvoirs publics à fournir des services publics essentiels, notamment des soins de santé, et à maintenir la stabilité macroéconomique. Ces fonds servent également à améliorer la sécurité alimentaire, ainsi que l’approvisionnement en eau et les installations d’assainissement. L’aide au développement finance aussi des laboratoires mobiles à des fins de dépistage et la formation du personnel de santé. Par ailleurs, l’UE soutient la mission médicale de l’Union africaine en Afrique de l’Ouest.

Afin de limiter le risque de propagation du virus, l’UE a aussi alloué des financements aux pays voisins de la région touchée pour les aider à mener des actions de détection précoce et de sensibilisation.

Matériel d’urgence et expertise

L’UE envoie du matériel d’urgence et des experts. Par l’intermédiaire du centre de réaction d’urgence, son mécanisme de protection civile coordonne la fourniture de l’aide matérielle offerte par les États membres.

Les États membres ont fourni des laboratoires mobiles, des centres de soins, des ambulances et des hôpitaux de campagne. L’UE a organisé l’appui logistique en mettant en place des ponts aériens et soutient le déploiement de navires pour transporter le matériel d’urgence donné par les États membres: aide alimentaire, trousses de secours, couvertures propres et chlore pour l’assainissement. Des experts humanitaires de l’UE, notamment des spécialistes des maladies dangereuses, ont été dépêchés dans les trois pays les plus touchés.

Évacuation sanitaire

Les équipes médicales internationales qui travaillent sur le terrain constituent l’épine dorsale de la réponse à l’épidémie, mais leur nombre reste insuffisant. Pour encourager leur mobilisation, un système européen d’évacuation sanitaire a été mis en place pour garantir que le personnel médical bénéficie d’un traitement approprié et est transféré dans des hôpitaux en Europe en cas de contamination. Les États membres mettent à disposition les capacités nécessaires à cette fin. Le système Medevac garantit l’évacuation dans les 48 heures, vers un établissement hospitalier dûment équipé en Europe, des professionnels de la santé et des autres ressortissants de l’UE contaminés par le virus. Les demandes d’évacuation sont transmises par l’intermédiaire du centre de réaction d’urgence et examinées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Recherche

Il n’existe actuellement aucun traitement spécifique ni vaccin disponible contre le virus Ebola. Le traitement standard se limite à une thérapie de soutien. Avec des fonds européens de plus de 160 millions d’euros et un engagement similaire de l’industrie pharmaceutique, la Commission finance un programme de recherche multisectorielle accélérée dans le cadre d’Horizon 2020, afin de répondre aux défis liés à Ebola, tels que la mise au point, les essais cliniques, le stockage et le transport de vaccins, ainsi que le diagnostic et le traitement, pour faire face aux foyers actuels et futurs de l’épidémie. Les premiers projets devraient commencer au début de l’année 2015. Ils évalueront la sécurité de plusieurs vaccins possibles ainsi que leur niveau de protection contre la maladie.

Préparation

Le risque de propagation du virus Ebola dans l’UE est très faible. Le virus ne se transmet que par contact direct avec les fluides corporels d’un patient présentant les symptômes de la maladie. L’UE applique des normes très élevées en matière d’infrastructures sanitaires et de soins préventifs. Toutefois, la possibilité que des personnes potentiellement contaminées entrent dans l’UE ne peut pas être complètement exclue.

Depuis le début de l’épidémie, la Commission et les États membres s’emploient à anticiper les risques et à en coordonner la gestion, en coopération étroite avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’OMS.

Le comité de sécurité sanitaire (CSS), qui rassemble les États membres et la Commission, se réunit régulièrement pour coordonner les activités de prévention et de préparation face à Ebola. Il examine la préparation des États membres et a établi une liste de moyens disponibles qui pourraient être partagés, tels que des laboratoires de haute sécurité, des capacités hospitalières et des équipements d’évacuation sanitaire. Le système d’alerte précoce et de réaction en cas d’urgence médicale a été déclenché. Le CSS fournit également des informations aux voyageurs dans toutes les langues de l’UE et définit, à l’intention des aéroports et des autorités sanitaires, des procédures pour gérer les éventuels cas d’Ebola.

La Commission a en outre lancé la «plateforme de communication sur Ebola pour les cliniciens»: cette plateforme en ligne permet d’échanger rapidement des informations sur la prévention et le traitement de la maladie. Elle réunit des médecins et des hôpitaux de l’UE reconnus comme centres de référence pour la prise en charge des patients Ebola. Ce réseau contribue à renforcer le niveau de préparation et de réaction face à Ebola en permettant aux spécialistes de la santé de partager leurs connaissances sur le traitement des patients.

Dépistage à la sortie

L’OMS a recommandé un dépistage à la sortie des voyageurs quittant les pays touchés afin de réduire le risque de propagation de l’épidémie. La période d’incubation de la maladie étant de 21 jours, il est largement admis que ce dépistage ne peut être efficace qu’en partie.

En partenariat avec l’OMS, la Commission a proposé de procéder à un audit des mesures de dépistage à la sortie dans les trois pays les plus durement touchés. L’objectif est d’évaluer les pratiques mises en œuvre et de recenser les lacunes éventuelles. Le rapport d’audit devrait être publié au début du mois de décembre.

Actions de sensibilisation et démarches diplomatiques

Depuis le début de la crise, l’UE préconise une réponse internationale ferme, coordonnée par les Nations unies. Elle est en contact permanent avec les gouvernements de la région par l’intermédiaire de ses délégations, ainsi qu’avec des organisations régionales telles que l’Union africaine et la CEDEAO.

La nomination par le Conseil européen d’un coordinateur de l’UE pour la lutte contre Ebola, le commissaire Christos Stylianides, vise à faire en sorte que les institutions de l’Union et les États membres coordonnent leurs actions entre eux et avec les partenaires internationaux. À cette fin, l’UE a mis en place une task-force Ebola, qui rassemble des représentants des États membres, des services de la Commission, du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), des Nations unies, de la Croix-Rouge et des ONG. Elle se réunit quotidiennement au centre de réaction d’urgence de la Commission, qui sert de plate-forme à la coordination de l’intervention européenne.

Bruxelles, 18 novembre 2014

Communique transmis à Guineematin.com par le service de la communication de la délégation de l’Union européenne à Conakry

Commentaires