SadakalLa communauté guinéenne de France à l’image de notre pays regorge de talents dans des domaines divers et variés. Dans cette galaxie de ressources, la jeune génération dispose de potentiels d’avenirs énormes, formés de mieux en mieux dans des grandes Universités du monde, particulièrement en France, dans des grandes écoles et occupant des fonctions dans des grandes entreprises.

La qualité de la formation, l’expérience tirée de certaines fonctions, ou les rencontres décisives contribuent à décomplexer la jeune génération.

Ainsi les rêves naguères inaccessibles pour la plupart deviennent une réalité pour quelques-uns.

Mambi MAGASSOUBA, s’inscrit dans cette trajectoire, titulaire d’un Master 2 en Droit Social Université – Nanterre Paris 10  et d’un MBA en Gestion des Ressources Humaines à l’INSEEC Paris et prépare  parallèlement le Concours pour accéder à la Profession d’Avocat.

Passionné d’écritures, le jeune Mambi  MAGASSOUBA  après de longues années de durs labeurs a réussi son rêve, celui  de publier son premier roman titré « SADAKAL » chez EDILIVRE Paris en septembre 2014.

Le site guineematin a voulu en savoir un peu plus et partager avec les guinéens l’histoire et les motivations de ce jeune écrivain guinéen.

Mr Mambi MAGASSOUBA, votre 1er livre « SADAKAL » , nous imaginons que cette œuvre n’est pas le fruit d’un hasard mais un aboutissement d’un parcours logique.

Pouvez-vous s’il vous plaît nous parler de votre parcours et de l’œuvre en question ?

J’ai fait mes premiers pas en littérature par la publication de plusieurs poèmes en ligne.

Depuis environ une dizaine d’années, j’écris des poèmes à mes heures perdues, poèmes qui toutefois n’étaient pas adressés à un public large.

Ce n’est qu’en début d’année 2014 que je me suis inscris pour le « Grand Concours Short Edition », un concours de poésie organisé à l’échelle nationale.

Deux de mes œuvres ont été retenues pour ce concours dont l’une, titrée :

 » l’Ange et la lame « , portant sur le fléau de l’excision, se hissait jusqu’en finale.

S’agissant de l’œuvre dont il est question aujourd’hui, il s’agit du fruit de 5 années de questionnement sur ce que je me suis permis d’appeler  »l’âme Nègre »; cinq années de travail compressées en 170 pages.

Même s’il s’agit d’une fiction, le texte n’exprime pas moins ma pensée et dépeint l’image que je me fais de nos sociétés africaines actuelles.

Deux choses frappent à l’œil lorsqu’on aborde votre œuvre : « L’Africain » qui semble être votre nom d’auteur et «  SADAKAL  » le titre du roman, pourquoi ces choix ?

L’Africain, c’est le surnom que m’ont donnés mes amis de Fac, j’en ai donc fait mon nom d’auteur et cela me convient ainsi.

Pour ce qui est de  » SADAKAL  », il s’agissait pour moi d’une sorte de néologisme.

En effet, on peut remarquer que dans plusieurs langues de la sous-région ouest africaine, les mots pour dire  »sacrifié » ont à peu près la même racine. L’idée était de former un mot par la réunion de toutes ces phonétiques similaires à peu près.

Quelle est l’intrigue du bouquin ?

Elle est assez simple. C’est l’histoire d’un jeune Albinos qui a environ 17 ans et qui est envoyé d’un village pour la capitale, par un riche homme d’affaires. Cet homme d’affaires, musulman et adepte de pratiques occultes, projette de le sacrifier.

Ce sacrifice lui octroyant, selon ses croyances, d’avantages plus de fortunes et de pouvoirs.

Quel est le message de votre roman, quelle est l’interprétation que vous en faites ?

Il paraît qu’on est le plus mauvais interprète de sa pauvre œuvre.  En tout cas, l’idée du roman a germé dans ma tête, il y a environ cinq ans quand, à mes heures perdues, je m’intéressais à l’histoire de différents peuples. Le constat que je fis était que toutes les fois qu’un Peuple a été confronté à une religion nouvelle, il a soit abandonné l’ancienne pour épouser la nouvelle (comme ce fut le cas par exemple des Arabes à la venue de l’Islam ou encore des Romains qui abandonnèrent le paganisme pour le Christianisme après la conversion de l’empereur Constantin) ou, dans l’autre cas de figure, la nouvelle religion est rejetée pour conserver l’ancienne comme c’est le cas des Chrétiens Coptes.
Je ne suis pas en train de dire qu’un même peuple dans sa mixité ne peut pas être confronté à différentes religions. Il est tout à fait normal qu’il y ait des Musulmans, Chrétiens…etc. Ce qui est anormal et propre à l’Afrique, particulièrement l’Afrique Noire, c’est cette tendance consistant à avoir, en tant qu’individu, une religion officielle et une autre religion insoupçonnée.

Certains sont à la fois monothéistes et en mêmes temps adeptes de pratiques spirituelles que l’on met hypocritement sur le compte de la tradition. Alors qu’on est en plein dans la sphère religieuse dès lors qu’on est en rapport avec une divinité quelle qu’elle soit. Par exemple, certains considèrent que faire des offrandes à une divinité relève de la tradition, alors qu’il s’agit d’une pratique religieuse.

Le message substantiel du roman est que cette contradiction religieuse, cette conciliation impossible, ce tiraillement créés par des croyances opposées finissent toujours par entraîner des contrecoups dans nos actes de tous les jours, outre la stagnation spirituelle.

C’est donc cela l’allégorie de ce bouquin. En se posant des questions sur les causes profondes des maux de nos sociétés, on finit toujours par les mieux appréhender. Le sacrifice des Albinos n’est qu’une conséquence de nos contradictions spirituelles mais un occultisme parmi tant d’autres et certainement le plus grave du fait de leur vulnérabilité et de l’ostracisme que subissent ces Albinos dans nos sociétés. Raison pour laquelle j’ai choisi cette trame.

Pourquoi avoir titré  »Les sacrifiés » si d’après l’intrigue que vous avez évoqué il n’y a qu’une personne sacrifiée?

En tournant les pages du bouquin, on comprend aisément que ces sacrifiés auxquels il est fait allusion dans le titre, ce n’est pas le personnage central qui est somme toute une personne normale, douée d’intelligence avec une foi pure malgré son albinisme (et qui sera sacrifié physiquement), mais plutôt l’ensemble des autres personnages du roman représentant la société et qui, du fait des maux que je viens d’évoquer, paraissent anormaux, absurdes et tourmentés.

Quels sont les auteurs qui vous inspirent ?

En Guinée, je citerai William Sassine, Camara Laye et Monénembo qui forme le trépied de la littérature guinéenne.

Dans le reste de l’Afrique, je peux citer Mariama Bâ, Eza Boto et Ahmadou Kourouma.

Enfin mes trois auteurs de chevet sont Dostoïevski dont l’œuvre est la plus puissante, Cervantes et Kafka.

L’écriture pour vous, est-ce un simple loisir ou une vocation ?

La littérature a toujours été pour moi une passion et encore plus aujourd’hui. Je ne compte donc pas m’arrêter là tant que l’inspiration me vient…

Pour quelqu’un qui veut acheter votre œuvre, comment s’en procurer de « Sadakal » ?

Mon livre est disponible sur quelques grands sites dont celui de mon éditeur sur le lien suivant :

http://www.edilivre.com/sadakal-les-sacrifies-mambi-lafricain-magassouba.html#.VImMIPlmroU

Ensuite sur le site d’amazon via ce lien:

http://www.amazon.fr/Sadakal-Sacrifies-Mambi-Lafricain-Maga/dp/2332834656

Le site de la Fnac également :

http://livre.fnac.com/a7757494/Mambi-Lafricain-Maga-Sadakal

Enfin, pour faire simple, rechercher avec mot clé le nom de l’ouvrage « Sadakal (les sacrifiés)».

Entretien réalisé à Paris par Mouctar SALL pour Guineematin.com

 

 

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