Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com, l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par la défense dans l’affaire Moussa Yéro Bah, journaliste de la radio Espace FM, a été acceptée par le tribunal correctionnel de Dixinn. Notre consœur était poursuivie par le Ministère Public pour diffamation à l’encontre du citoyen Mamadou Oury Baldé. Le dossier devra être envoyé à la Cour Constitutionnelle qui va se prononcer sur sa constitutionnalité.

Après l’énoncé du délibéré, c’est la joie qui se lisait sur les visages des avocats de la défense et de Moussa Yéro Bah. Interrogé à chaud, maitre Salifou Béavogui, un des avocats de la défense n’a pas caché sa satisfaction devant cette « victoire ». Selon lui, « je suis très content que le tribunal ait dit le droit. Mais, l’infraction de diffamation contre les journalistes n’existe pas, il faut oublier ça. Si un journaliste parle mal de toi, va faire ton droit de réponse, c’est fini. Je cois que c’est prévu par la loi sur la liberté de la presse, dans l’article 85. Ça n’a aucune importance, personne n’est blanc dans ce pays. Chacun traine quelque chose et les journalistes ont pou rôle d’informer le public. Donc, quand ils sont dans l’exercice dans leur profession, on ne doit pas toujours les amener à la justice. C’est un procès qui n’a aucun sens. Devant la Cour Constitutionnelle, nous allons nous battre et le droit sera dit, la Cour va accepter de considérer que la diffamation qui est dans la loi sur la liberté de la presse est contraire à la Constitution guinéenne, notamment en son article 7 qui consacre le droit à l’expression. C’est le socle de notre Etat de droit ».

Pour sa part, maitre Pépé Antoine Lamah, avocat de Mamadou Oury Baldé, ne considère pas cette décision d’envoyer le dossier à la Cour Constitutionnelle comme une défaite. « Nous prenons acte de cette décision et nous la respectons. Nous nous plierons à la position que la Cour Constitutionnelle va dégager relativement à la question qui lui sera soumise. Je ne peux pas estimer que c’est une défaite puisque pour l’instant, nous sommes en train de nous débattre de la forme. Cette stratégie de la défense consiste à chercher à échapper à la poursuite par de moyens plus ou moins ingénieux. Moussa Yéro avait déclaré disposer des preuves justifiant la vérité des faits qu’elle impute à monsieur Mamadou Oury Baldé. Mais, qu’est-ce qui l’empêche de produire ces preuves devant ce tribunal ? Au lieu de le faire, elle se recroqueville derrière une exception une exception d’inconstitutionnalité pour retarder la procédure. Mais, je dois vous rassurer que le dossier ira jusqu’au bout. Je suis convaincu que la Cour Constitutionnelle ne tardera pas à déclarer conforme à la Constitution les dispositions attaquées par la défense. Nous reviendrons ici débattre de ce dossier », a promis maître Lamah.

La Cour devrait être saisie avant le 30 octobre 2018.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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