FiloAprès la décision des autorités de reporter l’ouverture des classes à une date ultérieure, à cause de la fièvre hémorragique à virus Ebola, Guineematin.com a donné la parole à quelques citoyens concernés par la décision. Responsables d’école, enseignants, parents et élèves n’ont pas forcément le même avis sur cette décision des autorités de l’Education… 

Simone Tinkiano, DG du complexe scolaire privée SENNADE sis à Cosa : « Cette décision a été une surprise pour nous dans la mesure où on pouvait trouver des moyens pour sécuriser les enfants en déployant des kits sanitaires pour leur permettre d’avoir une rentrée scolaire paisible. Des inquiétudes par rapport à la fièvre d’accord, mais il faut un peu voir aussi la formation des enfants qui doit s’étaler sur une période bien déterminée. Tous ces facteurs sont à voir. C’est vrai pour certains, la mesure est salutaire, mais de l’autre côté cela crée un retard au niveau de l’encadrement des enfants », a-t-il expliqué.

S’agissant du moral  de son personnel après la décision, le DG de SENNADE ajoute: « Les avis sont partagées, mais les membres du personnel, pour la plupart pensent que ce report n’était pas nécessaire si vraiment l’Etat avait la volonté de trouver les voies et moyens pour sécuriser les enfants. Surtout par rapport à la répartition annuelle des programmes, ça va créer des problèmes dans leur préparation. On ne sait pas qu’est-ce que l’Etat prévoit pour combler ce vide surtout la date a été reportée ultérieurement. Déjà, on ne sait pas à quelle date », poursuit-il.

Pour terminer, Simone Tinkiano affirme que son école, SENNADE, avait déjà envisagé des mesures sanitaires pour prévenir les risques, mais est désormais obligé de se remettre derrière la décision du département de l’Education : « Dans notre école, j’avais déjà rencontré la fondation. Avec nos propres moyens, on avait pensé à trouver tout ce qui est nécessaire pour sécuriser ces enfants qui viennent de partout. Je me dis que peut-être toutes les écoles n’ont pas eu cette initiative parce que nous n’avons pas la même taille. Mais, en ce qui nous concerne, on avait déjà envisagé des mesures sanitaires dans ce sens pour accueillir les enfants.  Mais, puisque le département de tutelle  a pris cette décision, nous nous remettons à sa décision.

Pour sa part, Mamadouba Diallo, professeur de Mathématiques au complexe scolaire Yacine Diallo dans la commune de Ratoma a déploré les conséquences négatives sur les programmes à dispenser : « Il y aura des conséquences énormes, notamment sur les programmes. Sur le plan économique cela va aussi jouer sur les enseignants, surtout des écoles  privées dans la mesure où cette décision porte aussi sur l’interdiction des cours de vacances. En fait, de tout regroupement d’élèves ».

Ce n’est pas l’avis d’une élève qui s’est exprimée à Guineematin.com. Sans langue de bois, Aissatou Lamarana Barry, élève en 5ème année à l’école privée Hadja Mariama dit être satisfaite de la mesure gouvernementale : « Je suis contente de ce report parce que j’avais peur avec la maladie à virus Ebola. A l’école, on ne peut pas rester sans jouer entre nous et se toucher. S’il y a Ebola, cela va contaminer beaucoup d’entre nous. Sinon, on veut bien étudier ; mais c’est si on ne risque pas de tomber pas malade ».

Egalement satisfait de la décision, Thierno Saidou Diallo, parent d’élèves domicilié à Petit Symbaya, commune de Ratoma : « Personnellement, j’ai quatre (4) enfants scolarisés. Avec cette maladie dont on entend parler, ça fait peur. La décision du gouvernement est une bonne chose. On ne peut pas étudier si on n’est pas en bonne santé. Comme on le dit souvent, c’est la santé avant tout », a-t-il expliqué.

Propos recueillis par Mamadou Alpha Baldé

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