Lors d’une conférence organisée par l’UE à Malte, des acteurs publics et privés se sont engagés à dépenser plus de 6 milliards d’euros pour améliorer la gestion de 70 % de notre planète, à savoir les océans.

Les océans recouvrent plus de 70 % de la planète. Ils produisent l’essentiel de l’oxygène que nous respirons et absorbent 30 % de nos émissions de carbone. Ils font vivre trois milliards de personnes dans le monde. Les produits de la mer constituent la principale source de protéines animales pour un milliard de personnes. Or, les océans sont confrontés à de nombreuses menaces, telles que la pollution, le changement climatique, la surpêche et les activités criminelles en mer.

Les conférences «Notre Océan» sont nées en réaction à ces défis grandissants. Pour préparer l’édition de cette année, l’UE a mené une collaboration fructueuse avec des gouvernements, des entreprises privées et des organismes à but non lucratif issus de divers secteurs. Le but était d’obtenir des engagements ambitieux et mesurables, allant d’actions plus locales, mais présentant un fort potentiel, à des actions innovantes d’envergure mondiale à l’échelle sectorielle.

Engagements (sélection)

La pollution marine constitue un problème majeur: plus de 10 millions de tonnes de déchets sont déversés chaque année en mer. D’ici 2050, nos océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons. Parmi les nombreuses initiatives présentées lors de la conférence organisée par l’UE, on citera les suivantes:

  • MULTINATIONAL: Des grandes marques de biens de consommation, dont Unilever, Procter & Gamble, PepsiCo, Marks & Spencer, MARS, Werner & Mertz et Carrefour, ont annoncé des réductions importantes de leur utilisation de plastique au cours des prochaines années.
  • AUTRICHE: Le producteur de produits chimiques et d’engrais Borealis, basé à Vienne, a annoncé des investissements à hauteur de 15 millions d’euros dans le recyclage mécanique des polyoléfines, une substance présente notamment dans les
  • ROYAUME-UNI: La fondation Ellen MacArthur a décerné son prestigieux «prix de la conception circulaire» (Circular Design Award) destiné à récompenser l’innovation, dans le cadre de son initiative «New Plastic Economy» (économie des nouveaux plastiques) dotée de 8,5 millions d’euros. Sky a annoncé le déploiement de 30 millions d’euros sur cinq ans pour la constitution du Ocean Rescue Innovation Fund, un fonds destiné à financer le développement d’idées et de technologies pour empêcher la pollution de l’océan par le
  • UE: La Commission européenne a annoncé qu’elle supprimerait progressivement, d’ici fin 2017, les gobelets en plastique à usage unique dans les fontaines à eau et distributeurs automatiques de ses bâtiments à

Protection du milieu marin. Actuellement, moins de 5 % des aires marines et côtières du monde sont légalement protégées, et la loi n’y est de surcroît pas toujours respectée. La 4e édition de «Notre Océan» a cependant créé une importante dynamique et marqué un réel progrès dans le sens de l’objectif des Nations unies pour 2020, soit 10 % d’aires protégées.

  • OCÉAN PACIFIQUE: Le Chili, les Îles Cook, l’Indonésie, Niue et les Palaos se sont engagés à créer plusieurs aires marines protégées supplémentaires.
  • AFRIQUE: La fondation MAVA s’est engagée à investir 70 millions d’euros au cours des cinq prochaines années dans des projets de conservation, notamment en Méditerranée et en Afrique
  • ATLANTIQUE/PACIFIQUE: L’Allemagne pilotera une initiative réunissant plusieurs partenaires, dont la World Wildlife Foundation, en vue de renforcer la protection marine dans le Pacifique Sud et l’Atlantique
  • OCÉAN INDIEN: Le projet NEKTON, mené par l’université d’Oxford, prévoit 30 millions d’euros pour des activités en faveur d’une gestion durable de l’océan
  • ACP: L’UE destinera 20 millions d’euros au soutien à la gestion des aires marines protégées en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique, et a proposé de limiter la pêche dans les aires sensibles de la mer
  • MONDE: L’initiative Sea Ranger mettra en place le premier service de gardes-marins au monde, en coopération avec des partenaires

La sécurité maritime, fondamentale pour la prospérité et les échanges mondiaux, est confrontée à différentes menaces: catastrophes naturelles, piraterie, trafics et conflits armés. Cette édition de la conférence organisée par l’UE a marqué une étape décisive vers des mers plus sûres.

  • ESPACE: Airbus a annoncé son intention de renforcer les capacités de surveillance marine en mettant en orbite, dès 2020, une nouvelle constellation de satellites optiques, qui permettront de mieux anticiper les
  • ÉTATS-UNIS: Vulcan , la société du cofondateur de Microsoft, Paul G. Allen, investira

34 millions d’euros dans le système de détection SkyLight, introduisant ainsi les technologies de pointe dans la lutte contre la pêche illicite.

  • OCÉAN INDIEN: Afin d’améliorer la sécurité maritime et de lutter contre la piraterie, l’UE a annoncé, entre autres mesures, le financement d’initiatives en Afrique orientale et dans l’océan Indien à hauteur de 37,5 millions d’euros. Ces initiatives porteront notamment sur la promotion de moyens de subsistance

La valeur de l’économie bleue, qu’on estime aujourd’hui à 1 300 milliards d’euros, devrait doubler d’ici 2030. Ce thème a été ajouté par l’UE à l’édition 2017 de «Notre Océan» afin de renforcer les synergies existantes entre les solutions durables et circulaires, d’une part, et la croissance économique et l’emploi, d’autre part, y compris au sein des collectivités côtières des pays en développement.

  • UE-SUÈDE: L’UE et la Suède ont annoncé un partenariat Pacifique-UE pour le milieu marin d’un montant de 45 millions d’euros, destiné à soutenir le développement durable dans le
  • FINANCE: Althelia Ecosphere, Aviva Investors, le groupe BPCE, la Banque européenne d’investissement, Seventure Partners, Willis Towers Watson et la Banque mondiale arrêteront ensemble une série de «principes de durabilité» destinés à orienter les décisions d’investissement et de financement dans l’économie Ces principes devraient être rendus publics en 2018.
  • FRANCE: L’ouverture de la première usine d’hydroliennes au monde par Naval Energies à Cherbourg marque le début de l’énergie océanique renouvelable à l’échelle
  • MONDE: La Banque mondiale consacrera près de 300 millions d’euros sur les six prochaines années à la promotion de l’économie bleue durable dans les pays en développement, notamment dans les régions de l’océan Indien et du
  • CARAÏBES: Royal Caribbean Cruises collaborera étroitement avec le World Wide Fund (WWF) dans les prochaines années en vue d’atteindre des objectifs de durabilité ambitieux et mesurables dans ses activités

Des pêcheries durables sont une condition préalable indispensable pour garantir l’accès à des produits de la mer nutritifs et en quantité suffisante aux générations futures.

  • ASSURANCE: La société AXA a annoncé la conclusion, par les ténors du secteur mondial de l’assurance (dont Allianz AGCS et AXA), d’un code de conduite interdisant de couvrir des navires pratiquant des activités de pêche
  • FRANCE: La région Bretagne s’est associée aux mondes des sciences et de l’industrie pour atteindre les rendements maximaux durables (RMD) dans ses pêcheries à l’horizon
  • PHILIPPINES: Les Philippines ont fait d’importants progrès dans la gestion scientifique de leurs principales zones de pêche et ont élargi leur système de surveillance des navires par satellite, lequel couvre désormais 35 % de la flotte philippine enregistrée.
  • REQUINS: Le Global Partnership for Sharks and Rays envisage d’affecter un montant de plus de 6 millions d’euros à la conservation des requins et des raies dans le
  • AFRIQUE OCCIDENTALE: L’UE s’est engagée à soutenir les efforts de gestion des pêcheries en Afrique occidentale à hauteur de 15 millions d’euros.
  • ÉTATS-UNIS: Une pêche «durable» signifie également des conditions de travail décentes pour les pêcheurs. Un programme doté d’une enveloppe de 4,2 millions d’euros sera mis en place pour lutter contre le travail forcé et la traite d’êtres humains sur les navires de pêche dans la région Asie-Pacifique.

Le changement climatique a des effets immédiats sur le milieu marin, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification accrue des océans étant parmi les plus alarmants.

  • ESPAGNE: Le plus grand port de pêche au monde, Vigo, a annoncé des réductions de 30 % de ses émissions d’ici 2022, notamment grâce à la technique innovante de capture de CO2 par des
  • ARCTIQUE: Une initiative de Clean Arctic Alliance vise à mettre fin à l’utilisation de fioul lourd dans le fragile milieu
  • UE: WindEurope a annoncé des investissements de près de 25 milliards d’euros dans l’énergie éolienne en mer à l’horizon L’UE et l’Organisation maritime internationale affecteront quant à elles 10 millions d’euros à des actions en faveur de l’efficacité énergétique des transports maritimes dans les pays en développement.

Ces engagements ne sont que des exemples parmi d’autres. La liste complète des engagements pris lors de la conférence «Notre Océan» 2017 est disponible ici.

Contexte

Depuis leur avènement, en 2014, les conférences «Notre Océan» (organisées par les États-Unis en 2014 et en 2016, par le Chili en 2015 et par l’UE, à Malte, en 2017) ont réuni des participants de premier plan venus de plus de 100 pays, qu’il s’agisse de chefs d’État ou de gouvernement et de ministres, de représentants d’entreprises allant des dirigeants de l’industrie aux pêcheries traditionnelles, en passant par la Silicon Valley, d’ONG ou d’organisations philanthropiques. À eux tous, ils ont pris plus de 700 engagements concrets et mesurables. La prochaine édition de la conférence sera organisée par l’Indonésie, et celle de 2019 par la Norvège.

Malta, le 6 octobre 2017

Communiqué transmis par la représentation guinéenne de l’Union européenne