Sous le choc de l’élimination, les joueurs français nourrissent beaucoup de regrets. Tout en étant persuadés que, grâce à cette aventure, le meilleur reste à venir.

A Rio

Un long chemin de croix. Les yeux embués, le visage décomposé, les joueurs français ont traversé la zone mixte du stade Maracana avec le sentiment d’avoir laissé passer leur chance face à l’Allemagne. Comme si les risques pris en seconde mi-temps pour tenter d’égaliser avivaient une terrible frustration.

Totalement vidé par la tension accumulée et les efforts fournis pendant le tournoi, Blaise Matuidi accusait le coup après cette cruelle élimination. «Je suis fatigué mentalement et physiquement», avouait sans détour le milieu de terrain des Bleus. Et de regretter que son équipe ait eu moins le sens de l’événement que son adversaire : «Ils ont eu beaucoup de réussite en marquant sur coup de pied arrêté. Avant de totalement se découvrir, on a eu beaucoup de situations et d’occasions. On a malheureusement péché dans le dernier geste. Ils ont atteint leur objectif en gagnant. On n’a pas su le faire. On est très déçus, mais on est aussi fiers d’avoir tout donné. J’ai des regrets. S’il n’y avait pas eu photo, j’aurais peut-être fait un autre visage…»
Varane frustré
Les joueurs de l’équipe de France ont unanimement regretté leur entame de match timoré et ce but encaissé à la suite d’un coup franc de Kroos. «On est déçus, ce n’est pas passé loin. On n’a pas trouvé la faille, il ne nous a pas manqué grand-chose. Notre entame était timide. Sur le but, Hümmels me pousse un peu avec son bras. Il y a peut-être une petite faute. Ça m’a un peu frustré», indiquait Raphaël Varane. «On a beaucoup de déception. Il faut admettre que les Allemands ont beaucoup d’expérience. Quand on est menés dans ce genre de compétition, surtout face à une telle équipe, c’est difficile. J’ai envie d’oublier», a insisté Matuidi.

«Il y avait la place. On s’est procuré beaucoup d’occasions mais on a failli dans le dernier geste. Les petits détails qui comptent étaient de leur côté. Ils font preuve de maîtrise, ils se connaissent très bien», renchérissait Mathieu Debuchy pour déplorer ce scénario défavorable que son coéquipier Yohan Cabaye n’a pas digéré. «On a eu l’opportunité d’égaliser. Si on avait perdu le match 3-0 et qu’il n’y avait rien à dire, OK, mais là c’est frustrant de se faire éliminer», déplorait-il, avant d’ajouter: «On a des regrets mais aussi de la fierté sur ce qu’on a montré. Qu’on n’était pas très loin de cette équipe. Mais la réalité est qu’on termine la compétition. Malheureusement…»
Benzema et Sakho fiers
Une manière de souligner que l’équipe de France avait réussi sa Coupe du monde en dépit de son échec en quart de finale. «On peut être fiers du parcours. On est une jeune équipe. Cela faisait longtemps que l’équipe de France n’était plus allée en quart de finale du Mondial», a rappelé Karim Benzema afin de mettre en relief le chemin parcouru lors des huit derniers mois. Un sentiment de progression partagé par Mathieu Valbuena. «Il y a quelques mois, on n’aurait jamais pensé que l’équipe de France ferait un tel parcours. On a réussi à reconquérir les Français», se réjouit le vivace meneur de jeu des Bleus.

«On a évidemment cette élimination en travers de la gorge. Mais on est fiers d’avoir bien représenté notre pays. On a joué avec le cœur. L’âme de l’équipe est là. À nous de la maintenir», souligne Mamadou Sakho avec le sourire et le regard tourné vers l’Euro 2016. Pour Hugo Lloris, l’équipe de France bénéficie désormais d’un référentiel commun pour l’aborder avec de grandes ambitions. «L’équipe méritait peut-être mieux. Mais c’était bien de débuter cette histoire commune sur laquelle s’appuyer pour la suite. Cela fait huit ans que la France n’avait pas suscité un tel engouement. Ce Mondial a permis de créer un bon état d’esprit. Cela a été une très belle expérience humaine. On est déçus de se quitter, on a vécu de très belles choses», conclut le capitaine des Bleus.

Le Figaro.fr

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