titi-et-madameComme l’annonçait précédemment un article de Guineematin.com, Aboubacar Titi Camara, ancien capitaine du syli national de Guinée et ancien ministre des Sports du professeur Alpha Condé, était au tribunal de première instance de Dixinn hier, jeudi 08 septembre 2016.

Accusé de violence, diffamation, chantage, abandon de famille, abandon d’enfants, faux et usage de faux par sa très charmante épouse, Mariama Koulibaly, le ministre Titi Camara a pris tout son temps et usé de toute son intelligence pour convaincre le tribunal que c’est plutôt lui, le père de famille, qui est la victime d’une épouse qui fait la cour à des hommes d’affaires puissants du pays comme Kerfala Person Camara (KPC), le richissime patron du groupe Guicopress.

Arrivé au tribunal aux environs de 8 heures du matin, Titi Camara n’a été appelé à la barre qu’au tout dernier moment, à 17 heures 15 minutes ! Interrogé pendant 45 minutes, l’ancien ministre ne s’est prévalu d’aucun privilège et a respectueusement répondu à toutes les questions comme un simple citoyen de la Guinée.

« Monsieur le ministre, vous avez vu comment la justice fonctionne dans notre pays ? Je suis là depuis 8 heures, mais mon dossier n’a pas été appelé », a dit l’avocat d’un détenu qui cherchait la sympathie de Titi Camara. « Oui, je sais. Moi-même, je suis là depuis 8 heures ; et, c’est maintenant qu’on m’appelle », a sobrement répondu l’ancien ministre guinéen, en attendant le début de son procès.

Même la chaise apprêtée pour lui est restée vide. Préoccupé par le dossier concocté par sa bien-aimée, Mariama Koulibaly, le très célèbre numéro 10 du syli national de Guinée est resté débout, en répondant avec sérieux à toutes les questions, esquissant quelques fois des sourires.

A une question de maître Bérété, l’avocat de son épouse, qui l’a accusé de porter atteinte à la dignité de la femme, en accusant Mariama Koulibaly d’avoir abandonné la chambre conjugale et d’être allée dans celle des enfants « pour appeler les garçons », Titi Camara a semblé se déchaîner, aux yeux de l’avocat. « Attention ! On ne m’a pas éduqué comme ça ! Attention… », s’est fâché l’ancien ministre. Coupé net par l’avocat de sa femme, l’homme a été surpris de la réaction de maître Bérété : « tu me dis attention ; ça, ce sont des menaces ! », a indiqué l’avocat. C’est alors que l’ancien international guinéen est allé puiser une réponse dans son passé de joueur. « Non ! Je n’insulte pas et je ne menace pas. Pendant 20 ans, j’ai joué à l’équipe nationale ; pas une seule fois, je n’ai eu un carton rouge… », a rassuré Titi Camara, gagnant sans doute davantage la sympathie du tribunal.

titi-camaraTrès adulé sous les couleurs nationales, Titi Camara a porté un moment les couleurs du RPG, en s’engageant, en 2010, aux côtés du professeur Alpha Condé. Il deviendra le premier ministre des Sports de l’ancien opposant historique. Mais, son engagement politique a semblé se limiter à son bref passage au gouvernement Mohamed Saïd Fofana.

Si cet engagement politique a fait baisser sa popularité, notamment du côté des partisans de l’opposition ; dans la tête de plus d’un guinéen, Titi Camara reste toujours ce digne fils de Guinée qui a porté très haut les couleurs nationales. Son récent engagement pour l’accompagnement des jeunes guinéens mordus du cuir rond- avec une académie de football- ne fait que fortifier sa popularité au sein d’une jeunesse qui manque repères.

Et, à écouter ses premiers témoignages au tribunal de première instance de Dixinn, il parait sans doute comme une victime d’une belle dame dont l’aventure n’est pas loin de confirmer la récente sortie du rappeur Djani Alpha « On se tape les mêmes…».

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 664 41 32 27/ 654 41 69 22

 

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