ministre enseignementLe slogan ‘’ tolérance zéro’’ dans le système éducatif guinéen est devenu vide de sens. En évoquant ‘’la tolérance zéro’’, on pense plutôt à une rigueur nulle, tellement que la fraude a eu l’air d’avoir été autorisée pour ne pas écrire encouragée… La nouvelle qui consiste à utiliser les ‘’ cahiers-réponses’’ n’a pas, n’ont plus, produit le résultat escompté, malgré la saignée financière qui a dû précéder l’opération d’offrir aux candidats ces cahiers-réponses. La correction des copies, elle, est tout simplement une corvée, selon des correcteurs qui ont confié leurs sentiments à Guineematin.com. Retour sur les examens les plus bâclés de la Guinée : une honte nationale et de graves risques sur la crédibilité de notre système éducatif national !  Si les examens d’entrée en 7ième et 10ième année n’ont pas connu trop de bruits comme le baccalauréat, il n’en demeure pas moins que des fraudes ont également existé dans ces deux examens. Plusieurs candidats d’entrée en 7ième ont témoigné à Guineematin.com d’avoir bénéficié des largesses des surveillants. Même que certains surveillants bien motivés n’hésitaient pas à écrire au tableau certaines réponses… Le comportement des candidats du BEPC se caractérise par la discrétion. Seuls leurs encadreurs et les autorités en charge du déroulement de l’examen prêtaient attention sur eux. Selon des témoignages, certains candidats entraient dans les salles des examens avec leurs téléphones. Ce qui donnait libre cours à des communications (notamment via SMS) avec l’extérieur. Ceux qui osaient prendre les risques faisaient entrer des documents, y compris leurs cahiers, a appris un reporter de Guineematin.com. Selon nos informations, il arrivait que des candidats trouvent moyen de faire « fermer les yeux » de certains surveillants. Mais, il arrivait également parfois que les candidats parviennent à tromper la vigilance des surveillants. En clair, au BEPC, la fraude a bien fonctionné, mais  dans la discrétion la plus totale, a appris Guineematin.com de certains surveillants. Au niveau du baccalauréat, c’est un secret de polichinelle, les sujets se vendaient quelques fois moins cher qu’on l’imaginait. Selon des candidats qui ont témoigné à Guineematin.com, les sujets se négociaient souvent à 1 000 000 GNF ; parfois  500 000 et à des rares fois à 250 mille francs guinéens. Entre amis et par groupe de révision, les candidats plus pauvres cotisaient  10 000 par élève pour pouvoir acheter un sujet. Quand l’information s’est rependue, le ministère de l’éducation a tenté de sauver la face en changeant  »légèrement » la dernière épreuve. En dépit des fraudes avérées, de toutes formes et qui ont entaché la crédibilité des examens nationaux de cette année, aucune annulation n’a été annoncée par les responsables du Département considérés d’ailleurs comme étant les principaux responsables de ces dysfonctionnements…

L’incompréhension du système et le calvaire de la correction 

Selon des correcteurs rencontrés par Guineematin.com, dès le deuxième jour du Baccalauréat, la correction a commencé pour la zone de Conakry et les préfectures périphériques. Cette mesure, dit-on, vise à accélérer le travail pour être dans le délai fixé  par le ministère en charge de l’éducation pour la publication des résultats. Toutefois, Cette nouvelle application a causé énormément de soucis aux correcteurs. Les premiers jours, il manquait des copies à corriger. A la fin des évaluations, lorsque toutes les épreuves ont été acheminées au centre de correction, la correction intense a commencé. Il arrivait que certains correcteurs n’aient même pas le temps de couper leur jeûne et que ceux qui veulent ne trouvent pas de nourritures : un sachet d’eau pour les uns, une niche de pain à la bouillie pour d’autres… se plaint un correcteur rencontré par Guineematin.com

Bâcler les corrections pour respecter l’exigence du ministre de la publication des résultats le 18 juillet ?

A en croire nos sources, le ministre a un choix à faire entre un travail sérieux et des corrections bâclées uniquement pour satisfaire sa date unilatérale Un correcteur rencontré par Guineematin.com rapporte : « Récemment, une délégation dépêchée par le département pour le centre de correction a rencontré les correcteurs. L’ordre du ministre a été rappelé. Séance tenante, un groupe a eu le courage de dire à la mission que la publication des résultats risque d’être reportée au regard de l’ampleur de la tâche qui reste à faire ». Aux dernières nouvelles, la correction devrait prendre fin aux environs de 20 heures. Toutefois, le rapprochement des notes du premier et du deuxième correcteur ; la saisie des notes ; le calcul et les statistiques prendront du temps, a souligné une source.

La fuite des sujets s’est ressentie dans la correction

La fraude a existé sous toutes les formes : fuite des sujets, composition avec les téléphones, utilisation des documents par les candidats, passivité, parfois la complicité des surveillants. A certains niveaux les candidats ont dû cotiser de l’argent pour les surveillants afin qu’ils ferment les yeux.

Les failles de l’organisation des examens

Selon les informations dont dispose Guineematin.com, cette année, le ministère de l’éducation a essayé d’innover : les feuilles d’examen ont été remplacées par ce qu’on appelle ‘’cahier-réponse’’. Par exemple au BEPC (brevet d’études du premier cycle), le candidat devait remplir l’entête : le profil ; le centre ; l’épreuve ; la filiation, etc. Au niveau de la première page, toujours des indications sont faites à l’intention des candidats. Au dernier paragraphe de la première page, les renseignements des deux correcteurs étaient prévus. Ce cahier-réponse   compte quatre doubles feuilles pour huit pages. Ainsi, à l’occasion de chaque épreuve, un nouveau cahier-réponse était déposé. Au niveau de l’entête et le début des pages, un espace argenté était prévu. Dans ces espaces argentés, les surveillants devraient couper les entêtes et émettre des anonymats. Evidemment, les correcteurs devraient couper ces entêtes et les ranger par ordre. Cette procédure devrait alléger le travail du secrétariat, a-t-on expliqué à Guineematin.com. « Malheureusement, soutiennent nos informateurs, cette ultime procédure n’a pas été comprise par les surveillants. Ce qui revient à dire que le travail habituel est resté inchangé. Même si les surveillants avaient compris la nouvelle formule, dans certains cahiers-réponses, l’espace argenté est resté visible. L’autre esprit de cette innovation était d’éviter les pertes des copies. Soit ! Mais, on se  demande à ce niveau comment un candidat peut utiliser huit pages pour une seule épreuve ? Faut- il préciser que les élèves de la 6ème année ont eu droit à quatre pages et 12 pour les élèves de la terminale ».

Les plaintes des correcteurs

Ils sont nombreux, les correcteurs qui se sont pleins du volume des ‘’ cahiers-réponses’’ : « c’est inutilement volumineux », a protesté un correcteur rencontré par Guineematin.com. L’autre plainte des correcteurs est le volume du travail. La pression du ministre a obligé les correcteurs, au-delà de leur capacité par jour : « Parfois, on n’a même pas le temps de couper notre jeûne » confie un correcteur à Guineematin.com.

Les tendances ? Risque d’un  »naufrage »…

Elles ne sont pas encore obtenues, mais à en croire un correcteur, « les candidats ayant dépassés la moyenne dans  les épreuves de Mathématiques et physiques sont nombreux. Ce qui prouve à suffisance que la fuite a marché à ce niveau. Par contre, les candidats de la science sociale ont énormément chuté en Mathématiques ». La cause, explique notre source, est la suspension des cours de mathématiques par les responsables (fondateurs) des écoles en situation d’examen. Après la fuite des premières épreuves, la dernière a été modifiée pour la dernière journée. Le corps d’une épreuve est resté le même, seules les données ont été modifiées. Beaucoup de candidats qui avaient le ‘’corrigé type’’ se sont mis à recopier sans prêter attention à la légère modification. A en croire nos sources, un véritable ‘’naufrage’’ risque de se produire . Par ailleurs, la nouvelle formule adoptée par le ministère n’a pas produit les résultats attendus. Par conséquence, comme par le passé, il a fallut utiliser  un Bic rouge pour faire les anonymats. Le volume des copies, le mélange des adresses et la perte de celles-ci risque de se reproduire…

Le maire