Me Abdoul Kabélé Camara, ministre de la Sécurité

Malgré tout le bruit fait depuis de nombreuses années par les autorités guinéennes, la drogue continue d’être vendue et consommée en République de Guinée. Et, ce qui est plus préoccupant, ce sont les agents de la police, sensés lutter contre ce trafic interdit, qui sont accusés de libérer les dealers contre le versement des sommes d’argent qu’ils se partagent… C’est du moins une révélation faite devant un reporter de Guineematin.com hier dans un tribunal de Conakry.

Ferrailleur de son état, Ibrahima Bah est poursuivi pour détention et consommation de chanvre indien. C’est à l’occasion d’une patrouille effectuée par la Brigade Anti-Criminalité(BAC) que Monsieur Bah a été arrêté nuitamment, le 18 Août 2017, en possession de 16 boules de chanvre indien. Cette interpellation a eu lieu à la cimenterie, dans la commune de Dubréka.

Le prévenu, qui est sous mandat de dépôt à la maison centrale depuis le même jour, a comparu ce jeudi 24 août 2017 au Tribunal de Première Instance de Dixinn pour être jugé.

A la barre, Ibrahima Bah n’a pas nié les faits. Mais, il déplore le fait qu’il soit le seul à avoir été gardé, parmi les 11 personnes avec lesquelles il a été arrêté. « Lorsque les agents nous ont arrêtés, nous étions au nombre de 11 personnes à détenir du chanvre indien. Mais, comme eux ils ont payé chacun une somme de 200 000 francs guinéens, ils ont été relâchés. Et moi comme je n’avais pas de l’argent ils m’ont transféré à la maison centrale. Ça ce n’est pas normal, c’est injuste », a dénoncé le prévenu.

Visiblement fatigué, il s’engage devant le Tribunal à ne plus reprendre cet acte illicite, qu’il a d’ailleurs commencé depuis 2015. « Depuis 2015, je consomme le chanvre indien. Mais je regrette cet acte et je m’engage à ne plus reprendre », a-t-il lancé devant la présidente, madame Fatoumata Camara.

Le procureur Alsény Bah, dans ses réquisitions, a demandé au tribunal de le retenir dans les liens de culpabilité du délit de détention et de consommation de chanvre indien en le condamnant à un an d’emprisonnement.

La défense, dans sa plaidoirie, demande quant à elle, à ce qu’une seconde chance soit accordée à son client. « Il a regretté son geste, c’est un délinquant primaire, je vous prie de lui accorder une seconde chance. S’il y aura condamnation, je vous prie de le condamner avec sursis », a plaidé maître Halimatou Camara.

Pour la délibération, le dossier a été renvoyé au 28 Août 2017.

A suivre !

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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