Le trafic des êtres humains vers le Koweït est devenu une réalité dans notre pays. De nombreux réseaux évoluent sur le terrain, faisant miroiter monts et merveilles à leurs victimes. Pour avoir convoyé au Koweït une certaine Makoya Kourouma, deux personnes étaient poursuivies au Tribunal de Première Instance de Mafanco pour trafic des êtres humains. Oumar Condé et Bintou Doré ont été jugés et le tribunal a délibéré dans cette affaire ce jeudi 23 novembre 2017, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Selon le procureur Lansana Cissé, la victime a été envoyée au Koweït par les deux prévenus. Mais, « ne pouvant supporter le volume et le nombre d’heures de travail, Makoya Kourouma est tombée malade. Finalement, elle est revenue en Guinée. Dans les termes du contrat, elle devait rembourser Oumar Condé et Bintou Doré pour les frais liés à son voyage », a expliqué le procureur.

A son retour en Guinée, ajoute le procureur, « son passeport a été confisqué jusqu’à ce qu’elle rembourse les dépenses effectuées. Quand elle est venue me voir, je l’ai orientée vers le colonel Moussa Thiegboro Camara. Ce dernier l’a auditionnée avant d’interpeller Oumar Condé et Bintou Doré », a rappelé le procureur.

Dans ses réquisitions, Lansana Cissé dira que même si la victime a retiré sa plainte, mais il y a bien trafic d’être humain « dans la mesure où il y a recrutement, convoyage et hébergement. Ensuite, il y a obligation de rembourser. C’est pourquoi je demande au tribunal de retenir Oumar Condé et Bintou Doré dans les liens de la culpabilité en application des articles 323 du code pénal. Vous décernerez un mandat d’arrêt contre Bintou qui est en fuite », a requis le procureur.

De son côté, l’avocat de la défense a soutenu qu’il n’y a pas de trafic dans la mesure où le frère d’Oumar Condé vit au Koweït. « Ce dernier est parvenu à envoyer deux personnes dans ce pays. Quand la nouvelle de ce voyage s’est propagée, la nommée Makoya a fait des pieds et des mains pour tenter sa chance. Elle vivait au Libéria. Elle est venue à Conakry, uniquement pour ce voyage. Elle a été hébergée par Bintou Doré, qui est une de ses parentes. C’est elle qui a payé tous les frais liés au voyage, soit 10 millions de francs guinéens. Le document de voyage de Makoya a été régulièrement établi et elle a voyagé. Oumar Condé n’a mené aucune démarche et n’a reçu aucun sou », a-t-il expliqué.

Par la suite, Makoya a eu des problèmes au Koweït puisqu’elle n’avait aucun métier, a précisé l’avocat. Elle a insisté et elle est revenue en Guinée, ajoute-t-il. « Le problème est que c’est le frère d’Oumar Condé qui a payé les frais de retour de Makoya à charge pour elle de rembourser le montant une fois arrivée en Guinée. Devant son refus de payer, les deux prévenus ont temporairement confisqué son passeport avant de le lui rendre. D’ailleurs, elle s’est désistée », a laissé entendre l’avocat de la défense.

Dans sa plaidoirie, l’avocat va demander de larges circonstances atténuantes pour ses clients : « Oumar condé s’est montré très coopératif tout au long de cette procédure. Quant à Bintou Doré, elle est enceinte. C’est ce qui explique son absence devant ce tribunal. Je vous prie de leur accorder le bénéfice du sursis ».

Dans la décision qu’il a rendue ce jeudi, le juge Ibrahima Sory 2 Tounkara a renvoyé Oumar Condé des fins de la poursuite pour délit non constitué. Il aura passé 4 mois de prison, puisque sous mandat de dépôt depuis le 24 juillet 2017. Par contre, Bintou Doré a été condamnée par défaut à deux ans de prison ferme et un mandat d’arrêt est décerné contre la dame.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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