Banque, Ecobank, Guinée, Lomé, BCRGDans la matinée de ce samedi 27 décembre 2014, Guineematin.com a été contacté par un fonctionnaire, monsieur Djibril Tamsir Kéita, informaticien au ministère de la Fonction Publique a dit être victime d’une grande escroquerie de la part d’une la banque primaire de la place, ECOBANK-Guinée, sise à Kaloum.  

Avant les tranches vidéos de notre entretien, Guineematin.com vous propose in extenso le témoignage de monsieur Djibril Kéita sur sa mésaventure avec « la banque panafricaine » :

En 2005, j’ai ouvert un compte d’épargne à ECOBANK. En 2008, précisément au mois d’août, j’ai été appelé par un agent d’ECOBANK (que je ne connais ni d’Adam, ni d’Eve) qui s’est présenté comme agent d’ECOBANK, donc je suis venu à son bureau. Quand je suis arrivé, il m’a dit, « monsieur Kéita, vous ne profitez pas de votre épargne. Parce que la banque, au de-là de vingt millions (20 000 000 GNF) ne paye plus d’intérêt ». J’ai dis ah bon ? Il a dit « Mais, on est entrain de vendre des actions et je vous conseillerai d’acheter les actions parce que dans deux ans, ça va vous profiter beaucoup plus, parce qu’actuellement on est en période d’instabilité’’. En 2008, il y avait une instabilité dans la sous-région, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Niger. Il dit, « mais dans deux ans, quand il y aura les élections, vous allez mieux profiter de votre argent ». J’ai dis d’accord mais dans ce cas, à combien vous me vendez les actions ? Il a dit que c’est cent quarante francs guinéens (140 GNF) par action. J’ai dis d’accord parce qu’il n’y a pas ce qu’il n’avait pas raconté pour m’amener à acheter les actions. Il m’a fait voir pleine de belles choses dans le future que je peux profiter. J’ai dis d’accord, j’ai acheté.

Alors, de 2008 à 2012, pratiquement il n’y a pas eu d’intérêt. Je suis venu vers le conseiller juridique de la banque pour dire que là je suis confus. J’ai dis que j’ai été appelé pour que je profite de mon argent, mais ça fait combien d’années, je n’ai même pas deux cent dollar (200 USD) sur seize mille trois cent vingt sept dollars (16 327 USD) ! J’ai dis que je n’ai même pas deux cent dollar  (200 USD) d’intérêt. Ils m’ont demandé de patienter, parce qu’ils ont toujours les mots pour calmer les nerfs des gens. Je suis resté entant qu’actionnaire de 2008 à 2014, je n’ai jamais été invité à une assemblée générale des actionnaires, je n’ai jamais reçu un document relatif à mon actionnariat, aucune autre information.

Donc, j’étais confus, car je ne savais plus où donner de la tête. Et, quand vous venez à la banque, vous n’avez aucun répondant. Je suis passé par le net pour m’adresser à la maison mère. Je leur ai envoyé un message comme quoi, je ne comprends pas, j’ai acheté des actions en 2008 et depuis jusqu’à nos jours, je n’en profite pas.

Le conseiller juridique me dit, si je veux vraiment reprendre mon argent, il faut que je revende mes actions. J’ai demandé pourquoi ? Il a dit non, ‘’En tout cas, si tu veux ton argent, tu revends tes actions’’. C’est ainsi que j’ai fait pression sur ma femme à travers ses parents pour qu’ils me rachètent les actions. Quand ma femme est allée, le conseiller juridique lui a dit encore, que je ne peux céder mes actions qu’à ma femme où à mes enfants. Donc, j’ai perdu cette occasion aussi pour attendre jusqu’en 2013 encore.

En 2013, quand je suis revenu,  on m’a dit ‘’Ah si tu veux revendre tes actions, c’est à quarante francs Guinéens (40 GNF) par action’’. J’ai dis, quarante francs (40 GNF) par action avec la stabilité dans la sous-région ? Moi, j’ai acheté à cent quarante (140 GNF) en période d’instabilité politique. J’ai demandé des explications pour ça. Parce qu’en période d’instabilité, vous vendez à cent quarante (140 GNF), en période de stabilité et après 6 ans, vous me demandez de revendre à quarante ou soixante francs, c’est-à-dire en 2014.

J’ai dis que je suis victime d’une escroquerie de la part d’ECOBANK. Et, ce terme, je le soutien devant n’importe quelle personne. J’ai été victime d’escroquerie ! Moi, j’étais un simple épargnant, je ne suis pas un opérateur économique, ce n’est pas une société que j’ai, ce n’est pas une entreprise que je gère. J’ai épargné pour profiter de mon argent. Si je ne dois pas profiter de mon argent, mais qu’on me le retourne, je n’ai même pas besoin de leur intérêt. En 6 ans, je n’ai pas eu six cent dollars (600 USD) d’intérêt sur les seize mille trois cent vingt sept dollar (16 327 USD).

J’aurai pu remettre ça à un commerçant, ça allait me profiter mieux. Mais, j’ai eu confiance parce qu’on dit que c’est une banque panafricaine. J’ai osé quelque chose que je regrette aujourd’hui fermement. Une institution comme ECOBANK qui s’accapare de l’épargne d’un simple fonctionnaire et ils ont le kilo de dire que s’il faut arranger ce problème, c’est à Lomé. Mais, moi, ce  n’est pas à Lomé que j’ai envoyé mon argent.  Quand ils ont fait un prélèvement sur mon épargne, le reçu qui m’a été donné est signé d’ECOBANK- Guinée. Je n’ai rien à foutre avec ECOBANK-Lomé, même si c’est la maison mère, pour moi, c’est ici.

J’ai donné un exemple très simple : partout dans le monde où il y a une agence Air France, tu achètes le billet, dans n’importe qu’elle pays, tu peux aller à Air France, tu trouves un répondant. Mais, à ECOBANK, c’est le contraire. Qu’est-ce que je vais aller faire à Lomé, alors que j’ai acheté mes actions ici en Guinée? Et, c’est eux qui m’ont appelé, ce n’est pas moi qui suis venu vers eux pour dire que je veux acheter des actions.

Pire, quand j’ai écrit à la maison mère pour savoir pourquoi en 2008, ils m’ont vendu les actions à cent quarante francs Guinéens (140 GNF) et 6 ans après, avec toute la stabilité, on me demande de revendre entre quarante et soixante francs Guinéens (40 à 60 GNF) et qu’est-ce que eux, ils ont fait ? Ils ont dit qu’ils vont me rappeler, je suis resté deux jours, ils l’ont pas fait. Quand j’ai envoyé un autre mail, j’ai trouvé qu’ils ont mis mon adresse sur renvoi robotisé. Dès que j’envoie un message, le robot me le renvoi. J’ai la preuve de cela aussi, le papier existe. Je soutiens fermement mes arguments avec des preuves à l’appui.

Pour ne pas rester comme ça, j’ai mené aussi des démarches au niveau de la BCRG où je suis allé voir le conseiller juridique qui m’a conseillé de rencontrer le gouverneur de la banque. Mais, impossible ! J’ai tenté plusieurs fois, impossible de le voir. Cependant, toutes les banques primaires relèvent de cette BCRG. Je me demande comment on peut laisser une banque s’accaparer de l’épargne d’un simple fonctionnaire et que tu n’as aucun répondant. Ça me fait peur. Il est plus facile aujourd’hui de voir le Président de la République que le gouverneur de la banque centrale.

Je dirais que les banques sont complices, l’une de l’autre, elles se complètent d’une manière ou d’une autre. Personne ne t’appelle pour dire ce qu’il y a. Et, il y a un travailleur d’ECOBANK qui est allé jusqu’à me dire « tu vas parler jusqu’à te fatiguer, cet argent, tu ne l’auras plus, c’est fini. C’est un système qui est là quand on prend ton argent, tu ne le récupéreras plus ». Et, je sais sûrement qu’à travers la presse, sûrement beaucoup sont dans la même situation que moi. Mais, moi, je ne me cache pas de cela. Je ne suis pas un argentier, je ne gère pas l’argent, c’est mon épargne et ECOBANK doit me le retourner. Parce que j’ai eu confiance en eux pour placer mon argent chez eux.

Dans le but d’avoir la version de la banque incriminée, un reporter de Guineematin.com s’est rendu directement à l’agence ECOBANK à Kaloum pour rencontrer leur conseiller juridique. Nous n’avons malheureusement pu voir ni le conseiller juridique, un certain monsieur Haba, ni un autre interlocuteur. Même pas un numéro de téléphone d’un des responsables : «Je n’ai le numéro de personne ici. Revenez lundi », nous a dit la dame trouvée sur place.

Mamadou Alpha Baldé

 

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