A Koumbia, il n’y a pas que des éleveurs et des cultivateurs. Les planteurs se manifestent et se font entendre petit-à-petit sur le terrain. C’est le cas de Thierno Ousmane Diallo, la cinquantaine révolue que Guineematin.com a rencontré le 20 juillet dernier dans sa propriété à Madina (district de Madina-Guilédji).

Planteur depuis six ans, il a réussi à révolutionner le secteur. Il a remplacé les milliers de pieds de manguiers par des orangers greffés. Avec ces nouveaux plants, il prospère petit-à-petit et gagne du champ. Il fait objet de convoitise et ses plants tout comme les fruits sont prisés. Des personnes et même des organisations paysannes viennent de partout pour s’en procurer.

Décryptage !

Qu’est ce que vous faîtes dans la vie ?

Je suis planteur depuis peu. Je plante des orangers et je fais parfois des bananes à travers mes champs de manioc.

Pourquoi ce choix de planteur ?

J’ai vu que cela aide beaucoup les populations. Dans la vie, il faut opter pour quelque chose d’utile pour la société. Moi j’ai choisi d’être planteur.

Depuis quand vous avez commencé ce métier ?

Je plante depuis six ans maintenant.

Est-ce que vous tirez profit de cette occupation ?

Dieu merci, je commence à voir de l’importance. A présent, les orangers ont commencé à donner des fruits. Je cueille les fruits et les offre aux gens. Je vends aussi des plants. Les jeunes pousses issues de mes pépinières. L’année dernière, j’ai eu d’un trait 400 mille francs l’année dernière. Cette année, ça continue de venir.

Pourquoi le choix sur les orangers ?

Le constat fait est qu’au départ, j’avais planté les manguiers. Mais les mouches ont fini par me décourager. Les mangues pourrissaient de gauche à droite, comme vous le constatez dans notre village. Et les gens sont impuissants face à la situation. Donc, moi j’ai décidé d’abattre tous les manguiers pour les remplacer par des orangers greffés qui résistent à la fois à la chaleur et aux termites. Ces nouveaux plants améliorés issus de la greffe de pamplemousses et d’oranger donnent de très bons fruits. Ils sont grands et sucrés. Ils produisent toutes les saisons.

Actuellement vous avez combien de plants et comment vous réussissez à les faire écouler ?

J’ai plus de 4000 (quatre mille) plants. Et dans l’ensemble, ça se passe bien. Puisque des groupements viennent en acheter pour les envoyer un peu partout à travers le pays et même à l’étranger. Des particuliers aussi viennent s’en procurer. Actuellement, ça se passe bien sur le terrain.

A combien vous vendez un plant ?

Un plant est vendu ici entre 25 mille et 35 mille francs guinéens. Les gens viennent de Koundara, de Binani, de Gaoual et plus loin pour payer parfois de quantité importante.

Qu’est ce qui fait le succès de vos plants par rapport aux autres ?

Succès, je n’en sais pas. Mais les gens venaient me voir pour la greffe et parfois les gens viennent acheter en nombre. Sur l’opération proprement dite, je sème des graines que je place dans des sachets plastiques que j’arrose jusqu’à ce que le plant atteigne une certaine hauteur pour la greffe.

Quel est le cycle normal d’un oranger, de la semence à la production ?

Le cycle dépend des personnes. Mais normalement chez moi ici, c’est de trois à quatre ans s’il y a un bon entretien. Si la plante est arrosée et si elle est protégée contre les agressions des animaux, c’est le cycle normal. Il pousse vite et commence à produire sans problème. Avant, les orangers ordinaires étaient victimes des termites qui ont fini par les décimer totalement.

Qu’est ce qui fait la différence entre vos orangers greffés et ceux ordinaires, généralement fragiles ?

La différence est que les orangers ordinaires étaient victimes d’attaque des termites. Mais les plants que nous encadrons sont résistants. Nous utilisons les pamplemousses qui sont résistants à la chaleur et aux termites. Ce sont ces plants que nous greffons avec des bourgeons d’oranger. Le résultat est très concluant sur le terrain. Puisque vous avez un plant greffé aux fruits plus gros, sucrés et pleins de jus. Nous avons même des citronniers et des mandariniers améliorés.

A présent, qu’est ce que vous ambitionnez ?

D’être un grand planteur, c’est mon ambition. Je voudrais surtout étendre ma plantation sur plusieurs hectares. Mais j’ai des problèmes de clôture. J’ai besoin de grillage et d’équipements puisque les terres ne manquent pas. Grâce à Dieu, nos parents sont de grands propriétaires terriens et nous pouvons exploiter sans finir.

Entretien réalisé par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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