José Eduardo dos Santos et les prisonniers en Angola, LuandaC’est en fin de soirée d’hier (vendredi 26 décembre 2014) que Guineematin.com a reçu un appel d’un de nos compatriotes emprisonné au centre de détention d’étrangers à Trinta, à 30 kilomètres de Luanda, dans la municipalité de Viana. Presqu’au bord des larmes, notre compatriote disait nous faire « vivre en direct » une manifestation dans le cente de détention…

« C’est une femme en grossesse, originaire de Koïn, préfecture de Tougué, qui était très souffrante. Nous avons plaidé auprès des gardes pour nous aider à sauver le bébé que cette dernière attendait. Malheureusement, ils ont refusé et la femme nous a dit que son enfant ne faisait plus de mouvement dans son ventre. Finalement, elle-même, sa santé nous préoccupait et nous avons compris qu’elle risquait de perdre sa vie. Il fallait donc la sauver ou bien nous tuer tous… », a expliqué notre interlocuteur, originaire de Mamou.

Selon ce détenu qui nous parlait du centre de Trinta, même si la police a menacé de tirer sur eux, elle a été contrainte de venir au secours de la femme en grossesse. « Ils l’ont envoyé dans leur centre de santé d’à côté. Mais, je ne sais pas, nous ne savons pas, si elle était en vie ou pas lorsqu’elle sortait d’ici. Est-ce que c’est un corps sans vie qu’ils ont sorti ou bien elle respirait encore ? Personne d’entre nous ne le sait … », a ajouté le prisonnier.

Au cours du « tour de parole » entre intervenants qui ont échangé cette nuit avec Guineematin.com, plusieurs compatriotes emprisonnés à Luanda dénoncent la « diète » qui leur est imposée. « Ils ne nous donnent pas à manger mon frère ! Nous souffrons ici. S’ils vous plaît aidez-nous ! Faites quelques chose pour nous… », insistait un de nos compatriotes.

Parlant de la représentation diplomatique guinéenne à Luanda, nos compatriotes interpellés sont unanimes : « l’ambassade de Guinéen en Angola ne fait absolument aucun effort pour nous. Ils n’ont mené aucune initiative, aucune démarche pour nous aider », disaient nos différents interlocuteurs, citant les ambassadeurs des autres pays qui ont rendu visite à leurs compatriotes retenus dans le même centre. »L’ambassadeur du Mali par exemple a aidé toutes les femmes de son pays à sortir. Nous, personne n’est venue ici ; ni l’ambassadeur, ni le consul », disaient nos compatriotes, déplorant la souffrance que subissent particulièrement les femmes guinéennes en prison. « Imaginez des femmes enceinte et des nourrices. Il y a des femmes qui sont arrêtées et qui ont laissé des bébés de moins de cinq mois. Il y a une ici, son bébé n’a même pas deux mois… », dénonçaient ces prisonniers qui ont échangé longuement avec Guineematin.com la nuit du vendredi au samedi.

La situation des Guinéens en Angola risque même de faire tomber des ministres du gouvernement guinéen. Dans la matinée d’hier, vendredi, le ministre guinéen des Affaires étrangères, François Louncény, aurait demandé à son homologue des Guinéens de l’étranger, Sanoussy Bantama Sow de ne pas dénoncer le gouvernement angolais qui viole les droits des Guinéens à Luanda et dans d’autres villes angolaises. Mais, le ministre des Guinéens de l’étranger aurait dit préférer démissionner que de se taire ce que subissent nos compatriotes au pays de José Eduardo dos Santos.

Le président guinéen, Alpha Condé, qui a bénéficié du soutien de l’Angola (au moins 150 millions USD de don) craint-il de perdre cette « amitié » en soutenant ses compatriotes victimes de violation de leurs droits de séjour en Angola ? Françoi Louncény Fall agit-il seul en imposant le mutisme total du gouvernement guinéen sur ces crimes ? Attendons de savoir !

Nouhou Baldé

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