Alpha CondéPar une déclaration rendue public ce soir, le président guinéen a enfin signé une déclaration de l’urgence sanitaire, après plusieurs jours de réticence (la vidéo de la déclaration intégrale tirée de la RTG). 


Pour leur part, réagissant favorablement aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, les autres pays contaminés par le virus Ebola ont déjà dépassé cette étape. Les chefs d’Etat libérien et léonais avaient même annulé leur déplacement pour le sommet de Washington pour se concentrer à la riposte qu’ils dirigent dans leurs pays respectifs.

Apparue dans une famille de la région forestière, en début d’année, la fièvre hémorragique à virus Ebola a été tellement mal gérée qu’elle s’est rependue dans presque tout le pays et a atteint la sous région Ouest africaine. Comparativement aux autres pays concernés, comme le Nigéria, qui surévaluent les dégâts pour maximiser les efforts de lutte, les autorités guinéennes banalisent et font comme si de rien n’était : « Je vais à Guékédou serrer la main des gens pour montrer que je n’ai pas peur d’Ebola… », disait le président Alpha Condé, il y a quelques mois.

Aussi, le chef de l’Etat guinéen accusait-il les partenaires techniques d’exagérer sur l’épidémie pour se faire assez d’argent. Cette lecture et accusation du président guinéen a entraîné une banalisation de la fièvre Ebola dans bien de lieux. A rappeler que les médecins qui luttent contre l’épidémie ont souvent été taxés de vouloir s’enrichir avec les « étrangers ». Et, les agents de la Croix Rouge et de MSF ont souvent maille à partir avec les parents des victimes avec des soupçons de toute sorte.

La Guinée de plus en plus isolée et le président obligé de signer l’état d’urgence

C’est du jamais vu dans l’histoire diplomatique de la Guinée, des « petits pays » décident de « bouder » la Guinée en lui fermant ses frontières à cause du laxisme des dirigeants actuels de la République de Guinée. L’Histoire retiendra qu’au cours de l’année 2014, sous une président de Alpha Condé, des pays voisins et historiquement très liés au notre, ont été contraints de fermer leurs frontières pour préserver la santé et la vie des leurs. Au tout début, c’était le Sénégal, puis la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d’Ivoire et la Guinée Bissau, etc. Les musulmans guinéens sont privés du hajj, comme les voyageurs le sont avec certains compagnies aériennes…

Avec la nomination d’un superviseur international par l’ONU, Alpha Condé n’avait plus qu’à exécuter l’état d’urgence sanitaire édicté par l’organisation mondiale de la santé. Aujourd’hui, il est même à se demander si les gouvernants guinéens ne risquent pas de poursuites sur la contagion planétaire de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Car, comme on le sait, si les premiers cas avaient été bien gérés, on aurait pu mettre fin à la propagation de ce virus mortel en moins de deux mois…

 Nouhou Baldé

 

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