Deux élèves ont fait la Une, ce Lundi 20 Mars 2017 au lycée Elhadj Aboubacar Doukouré. Ramatoullaye Bah et Salifou Sylla, tous deux élèves de terminale sciences sociales ont fait l’objet d’un harcèlement de la part de la direction dudit lycée. Ces élèves sont accusés d’avoir dénoncé publiquement l’inefficacité de certains professeurs et les pratiques malsaines (commercialisation des notes) auxquelles ces professeurs se livrent dans les différents lycées de la place, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Mamou.

En effet, hier, Dimanche 19 Mars, Ramatoullaye Bah et Salifou Sylla étaient les invités d’une émission ‘’Education’’ d’une radio privée de la place. Au cours des débats qui portaient sur « les causes et les conséquences des échecs scolaire à Mamou lors des précédents examens nationaux », ces élèves ont déploré l’insuffisance de la qualification professionnelle de certains professeurs qui ont des difficultés notoires à dispenser des cours de qualité pour la bonne compréhension des élèves.

« Les directeurs doivent surveiller leurs établissements, notamment les professeurs principaux. Car, il y a des professeurs qui vendent les notes. Cela est dû à l’incompétence des professeurs, de la direction et de certains élèves », avait déclaré un des invités, provoquant ainsi l’ire de la direction du lycée Doukouré.

Ce lundi matin, après avoir vidé Ramatoullaye Bah de sa classe, monsieur Ousmane Koïta, proviseur dudit lycée a fait le tour des classes que compte son établissement pour répéter et condamner ces propos qu’il trouve ‘’diffamatoires’’.

« Ramatoullaye Bah a été convoquée à la direction où elle a passé plusieurs heures avant de rentrer chez elle avec la peur d’être licencié les jours à venir », rapportent certains élèves.

Quant à Salifou Sylla, considéré comme le principal auteur de ces propos ‘’diffamatoires’’, il a été également convoqué cet après-midi par la direction du lycée Doukouré. Mais selon des sources concordantes, à moins d’un miracle, c’est avec un licenciement qu’il sortira de ces bureaux.

Joint au téléphone cet après-midi, le proviseur du lycée Doukouré n’a voulu faire aucun commentaire sur le sujet.
« C’est un problème interne de l’école. Pourquoi les médias s’intéressent à ça ? Je n’ai rien à vous dire », a confié monsieur Koïta avant de raccrocher sèchement son téléphone.

Pour l’heure, la question sur toutes les lèvres est de savoir : pourquoi ce proviseur impose-t-il le silence aux élèves de son établissement, alors que la liberté d’expression est consacrée par la constitution guinéenne.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

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