Dans quelques jours, la fête marquant la fin du mois de Ramadan sera célébrée par la communauté musulmane. Une fête qui rime avec nouveaux habits et autres parures. Les ateliers de couture, très sollicités pour ces occasions, ne connaissent pas l’engouement habituel. Les clients se font rare alors le courant d’EDG se fait attendre au grand dam des tailleurs pris au dépourvu, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

A l’approche de cette grande fête musulmane, les fidèles cherchent à avoir de nouvelles tenues. Les tailleurs, autrefois très prisés, ne connaissent pas l’affluence habituelle. Interrogés ce lundi 11 juin 2018, certains d’entre eux se plaignent de la rareté des clients du manque d’électricité dans une conjoncture économique compliquée.

Oumar Bah

C’est le cas de maitre Oumar Bah, tailleur au grand marché de Madina, dans la commune de Matam. « Je suis tailleur-marchand, c’est-à-dire je couds des habits que je revends. Mais cette année, c’est vraiment dur. Je n’ai pas les moyens qu’il faut pour coudre suffisamment de ténues pour les clients. Ils viennent, mais ils ne trouvent pas le nombre de complets dont ils ont besoin, faute de moyens. Je n’ai pas assez d’argent pour acheter les tissus et les accessoires qu’il faut pour les différents modèles. Et ce, depuis que l’incendie s’est produit dans notre zone ici. Donc nous en souffrons beaucoup. L’année dernière, à pareil moment, ce n’était pas comme ça, ça marchait », a lancé maître Bah.

Abdoulaye Djibril Bah

Même son de cloche chez Abdoulaye Djibril Bah, tailleur au quartier Concasseur, dans la Commune de Ratoma. Il affirme que la clientèle est quasi inexistante. « Je ne sais pas où va la Guinée. L’année dernière, on travaillait bien. Mais cette année, il n’y a presque pas de clients. Les rares clients qui envoient leurs tissus ne reviennent pas pour prendre leur tenue. Ceux qui viennent pour les réclamer, ne viennent pas avec de l’argent. Ils disent qu’ils n’ont pas d’argent. Le moment est dur. Nous sommes obligés parfois de leur remettre leur tenue, même s’ils ne paient pas, pour ne pas qu’elle se perde avec nous ici. Un autre problème sérieux s’invite dans la danse. L’année dernière on passait la nuit ici, mais cette année non, parce qu’il n’y a pas assez de clients » a fait savoir monsieur Bah.

M’Balou Camara

Contrairement aux autres, M’Balou Camara, couturière au quartier Taouyah, dans la commune de Ratoma, dit être submergée même si le manque d’électricité constitue un sérieux handicap. « À l’heure là, on est beaucoup occupé. J’ai commencé à recevoir les clients depuis le début du mois. Comme ça, j’ai beaucoup de tenues ici à coudre. Seulement, j’ai un problème de courant. Le courant ne vient pas du tout. Or, je dois utiliser le courant pour rapidement faire le travail, mais le courant ne vient pas. Ça me fatigue beaucoup puisque là, il nous faut utiliser les machines à pédales alors que ça c’est trop lent pour le nombre de tenues qu’on a à coudre. Vraiment, ça joue sur les rendez-vous. Les clients viennent crier tout le temps. Mais après tout, je les maîtrise. On peut ne peut pas régler tous les problèmes à la fois. Il y a certains, on les respecte, d’autres non, on les attend quand ils finissent de crier, on leur demande pardon et puis on continue le boulot », a expliqué la bonne femme.

Mamadou Yaya Bah

La cherté des tissus et le manque de courant électrique sont également dénoncés par maître Yaya Bah. « Ce n’est pas comme d’habitude. Cette année, c’est cher. Les tissus coûtent chers. Les clients se plaignent toujours à nous qu’ils n’ont pas de l’argent. Le courant électrique aussi ne vient pas. Les clients sont rares. Chez moi ici, j’ai mes principes. Quand un client vient, on échange, si je trouve que je peux faire son travail à temps, je m’engage à le faire. Si c’est le contraire, je remets à l’intéressé son tissu, il repart avec ».

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Facebook Comments

Guineematin