Débutée le 10 juin dernier, la 26ème session du Conseil des droits de l’homme s’est achevée le vendredi 27 juin 2014, au Palais des Nations Unies à Genève. Après 17 jours d’intenses travaux, une quarantaine de résolutions a été adoptée par les délégués participants à cette deuxième session annuelle du Conseil des droits de l’homme. Il s’agit entre autres, des textes portant sur la protection de la famille, les droits de l’homme et l’extrême pauvrété, les effets négatifs de la corruption, les droits de l’homme et les sociétés transnationales et autres entreprises, l’indépendance des juges et des avocats, mais aussi la réglementation, l’acquisition, la possession et l’utilisation d’armes à feu par les civils.
Ces projets de résolutions sont plus qu’actuels et pertinents au regard des préoccupations guinéennes. Les Nations Unies ont par exemple adopté le projet de résolution sur la corruption au moment où notre Assemblée nationale est appelée à se prononcer sur un texte presque similaire dans le grand combat contre cet autre fléau qui hypothèque les opportunités de développement du pays. Il en va de même de cet autre « projet de résolution relatif à l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’homme », dont l’adoption en plénière a fait l’objet de débats houleux, tant les grands pays comme les États Unis, la France, l’Angleterre et autres y étaient opposés et pour cause. Il s’agit en fait de mieux réglementer les activités des grands consortiums pour éviter de spolier les ressources des pays en développement, notamment détenteurs de matières premières, comme la Guinée. Et pour qui connait les déboires que notre pays a dans les négociations sur ses propres ressources minières, ne peut que s’en féliciter.

La question de la famille en tant qu’élément naturel et fondamental de la société, est aussi cruciale pour les autorités guinéennes. Sur ce sujet, le Conseil des droits de l’homme à adopté un projet de résolution qui souligne la nécessité de la protection de la famille par la société et par l’Etat lui même, et a décidé d’organiser, à sa session de septembre 2014, une table ronde sur la protection de la famille et de ses membres. À l’issue d’un autre vote, le Conseil a engagé tous les États membres à prendre des mesures conformes au droit international des droits de l’homme et à leur cadre constitutionnel pour faire en sorte que l’acquisition, la possession et l’utilisation d’armes à feu par des civils soient effectivement réglementées. Cela est une autre préoccupation qui s’inscrit dans les sujets d’actualité en Guinée au moment où l’Etat se démène à mieux assurer la sécurité des populations face à la recrudescence du grand banditisme qui amène même le gouvernorat de Conakry a déclenché une campagne de récupération des armes disséminées dans la capitale, au niveau des citoyens.

D’autre part, à Genève, cette 26ème session du Conseil des droits de l’homme a décidé de proroger pour trois ans les mandats de trois rapporteurs spéciaux chargés respectivement du droit à l’éducation, des droits de l’homme des migrants et de la question des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Les États membres ont été, par ailleurs, engagés à traiter les questions de sécurité sur Internet dans le respect de leurs obligations, affirmant notamment que les droits dont jouissent les personnes hors ligne doivent également être protégés en ligne, en particulier le droit de toute personne à la liberté d’expression. Les États membres ont été invités à promouvoir et faciliter l’accès à l’Internet et la coopération internationale aux fins du développement des médias et des moyens d’information et de communication dans tous les pays.

L’autre question d’intérêt pour notre pays, est ce Conseil a également demandé à l’Assemblée générale de proclamer une journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, qui serait fixée au 13 juin. Il s’agit là aussi de veiller au respect des droits des enfants albinos très souvent discriminés et exclus.

D’autres textes portant sur les actions à mener pour éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes, comme obstacle à leur émancipation politique et économique; mais aussi sur les droits de l’homme et la privation arbitraire de la nationalité; sur le sport et les modes de vie sains comme facteurs favorables à la santé ont été également adoptés par cette session qui s’est achevée tard dans la soirée par un segment spécial à l’occasion de la fin de mandat de Madame Navi Pillay, Haut Commissaire sortant aux droits de l’homme qui quitte ses fonctions en août prochain après deux mandats de trois ans chacun. Cette sud africaine de Durban cedera ainsi sa place au Prince jordanien Zeid-Al-Hussein, actuel ambassadeur et représentant permanent de la Jordanie auprès des Nations Unies, à New York. Ce dernier prendra service le 1er septembre 2014 à la tête de cette institution des droits de l’homme pour un premier mandat de trois ans.

Il faut dire qu’au cours de ce segment spécial dans la salle de l’alliance des civilisations à l’ONU, Madame Navi Pillay a été salué par une salve d’applaudimètre nourrit par l’ensemble des délégués tous debout pour rendre hommage au travail fait par cette première femme juge d’Afrique du sud qui a dirigé avec succès le Haut-commissariat aux droits de l’homme avec un bilan positif, comme l’ont reconnu tous les intervenants à cette cérémonie solennelle. Une cérémonie marquée par la projection d’un court documentaire sur les multiples tournées mondiales de Mme Pillay et qui s’est poursuivie par une collation offerte par le groupe africain accrédité auprès de l’office des Nations Unies, à Genève.

Dépêche de Cissé Aboubacar Correspondant diplomatique de Guinéenews.

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