Déclaration : La Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée est très indignée face aux déclarations que le Président de la République a souvent tenues et notoirement à Koba et aussi dans le quotidien français le « Monde ».

Dans ces déclarations, le Président de la République affirme que ce ne sont pas les forces de sécurité qui tuent les manifestants que « ce sont eux qui s’entretuent ». Hélas !

Ce qui est regrettable dans ces propos, c’est qu’au moment où il les tient, au moins une dizaine de dépouilles de jeunes guinéens est dans les chambres froides à l’hôpital Ignace Deen. A celle-ci s’ajoutent des victimes de Mamou, Maréla et Kankan.

Les faits sont têtus. Les exemples du comportement criminel des hommes en uniforme ne manquent pas. Cent vingt citoyens guinéens sont froidement abattus par des hommes en uniformes. Personne ne peut nier cette évidence. Aussi ceux qui exécutent sans soucis ces actes antirépublicains le savent bien.

Le comble. Des hommes en tenues de la gendarmerie se permettent d’arrêter trois sages de passage, les déshabillent dans la rue et les obligent à marcher nus à Wanindara Rails.

Ce qui est aussi bouleversant, c’est cette sortie du Ministre de la Sécurité qui félicite les forces de sécurité pour leur professionnalisme, oui !« leur professionnalisme » pour avoir tué plus de cent vingt (120) jeunes guinéens.

De 2010 jusqu’au moment où nous faisons lecture de cette déclaration, le régime par ses représentants continue sur les média d’inciter les adeptes de la violence à sévir contre les paisibles habitants de Ratoma. Le chiffre de cent vingt morts est une preuve irréfutable. N’est- ce pas là une action planifiée contre les habitants d’une zone déterminée ?

Monsieur le Président, la vie humaine est sacrée. L’impunité encourage la récidive, c’est ce qui fait que lorsque parents et amis des jeunes tués sont venus les accompagner dans leur dernière demeure, vos forces de sécurité se sont permis de tuer encore au moins deux jeunes guinéens blessant plus de six autres, sans compter les jets des gaz lacrymogènes sur les personnes venues prier sur les dépouilles mortelles.

Comme d’habitude, vos forces de répression sont entrées hier encore, lundi 04 Novembre, dans des domiciles à Bambéto et Koloma violenter et injurier les citoyens.

La CNFHPG, réitère son exigence de libérer tous les civils et militaires emprisonnés dans les geôles du régime puisque injustement arrêtés.
La CNFHPG, exige la prise en charge des blessés et l’indemnisation de toutes les victimes.

La CNFHPG, exige l’arrestation et le jugement des auteurs, commanditaires et complices faciles à retrouver si la volonté y est. Si franchement la volonté y est, sans équivoque !

Monsieur le Président, ne perdez pas de vue que vous êtes le Premier Magistrat de ce Pays, garant de la sécurité des guinéens et de leurs biens en attendant la fin de votre mandat. Nous sommes convaincus que vous voyez, toutes ces exactions, tous ces massacres, et vous ne prenez aucune disposition pour les arrêter. Nous avons compris que nous n’avons plus aucun recours dans notre propre pays, la Guinée. Plus de cent vingt de nos enfants tués, aujourd’hui encore vous n’avez diligenté aucune enquête. Si nous nous trouvons dans l’obligation de les enterrer dignement, on nous en empêche en tuant d’autres en plein soleil. Cette attitude encourage les criminels à la récidive. Ce qui est évident, c’est que le seuil de la tolérance est franchi il y a très longtemps. On n’en peut plus.

La CNFHPG prend à témoin la Communauté Nationale et internationale sur le danger qui plane sur tous les Guinéens sans exception, et de tout bord politique.

La CNFHPG a désormais le droit de solliciter une Protection pressante des guinéens à l’organisation des Nations-Unies. Nous le ferons sans délai.

Monsieur le Président, la CNFHPG vous rappelle, que nous vivons dans la paix et la concorde avec tous nos frères et sœurs de toutes les familles de Guinée avec lesquels, nous partageons tout, dans notre pays depuis des siècles.

La CNFHPG, toujours soucieuse de la préservation de la paix, de la justice et de l’unité de tous les enfants de ce pays, vous invite vivement à accepter, en vertu de la loi, d’être le Président de tous les guinéens sans discrimination, en vue d’assurer courageusement la stabilité de notre pays à tous.

La CNFHPG crie haut et fort, Justice pour ces enfants de Guinée volontairement arrachés à notre affection à la fleur de l’âge. Nos condoléances à toutes les familles éplorées. Justice où es-tu ?

Conakry, le 05 Novembre 2019

Pour la CNFHPG, le Président

Elhadj Ousmane Fatako Baldé

Copies
Premier Ministre
Ministre de la Justice
Ministre de l’Administration du territoire
Ministre de la défense
Chef d’Etat-major de l’Armée
Présidents des Institutions républicaines
Amnesty International
Human right watch
La CEDEAO
L’UNION Africaine
L’UNION Européenne
Le Haut-commissariat aux droits de l’Homme
La cour pénale Internationale
L’Ambassade de France
L’Ambassade des Etats Unis d’Amérique

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