Parmi les nombreux militants de l’opposition arrêtés à la veille du double scrutin du 22 mars 2020 en Guinée, 17 sont toujours en prison sans jugement. Leur avocat demande à la justice guinéenne d’ouvrir rapidement leur procès ou alors de les libérer tout simplement. Me Salifou Béavogui a lancé cet appel dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com ce lundi, 12 juillet 2021.

A la veille du double scrutin (élections législatives et référendum constitutionnel) du 22 mars 2020, de nombreux opposants au changement de la Constitution guinéenne ont été interpellés dans plusieurs villes du pays : Conakry, Coyah, Boké, Faranah, Macenta, N’Zérékoré… Ils ont été déportés au camp militaire de Soronkoni, à Kankan, où ils ont été détenus pendant plusieurs mois.

Après plusieurs dénonciations faites par leurs avocats et les organisations de défense des droits de l’homme, ces militants de l’opposition ont été ramenés à Conakry. Plusieurs d’entre eux ont été libérés nuitamment au Km36 et à Kagbelen, et 17 autres ont été conduits à la CMIS d’Entag. Ils ont ensuite été déférés au tribunal de première instance de Mafanco, qui les a placés sous mandat de dépôt le 1er mars 2020, à la Maison centrale de Conakry. Et depuis, ils attendent toujours leur jugement.

Me Salifou Béavogui, avocat

« L’affaire de Soronkoni est un dossier qui est aujourd’hui piétiné. C’est un dossier qui est aujourd’hui oublié. C’est un dossier qui est aujourd’hui mis de côté. Or, dans ce dossier, il y a plusieurs opposants qui sont emprisonnés depuis près de 16 mois aujourd’hui. Ils ne sont ni jugés, ni libérés. Pourtant, depuis le mois d’octobre 2020, le juge d’instruction a transmis son ordonnance de fin d’instruction.

Et cette fois-ci, au lieu d’être poursuivis pour port illégal d’uniforme et participation à une association de malfaiteurs, ils sont plutôt poursuivis pour attroupement de nature à troubler l’ordre public et la tranquillité. Ce n’est pas vrai », a indiqué leur avocat, Me Salifou Béavogui.

« Nous demandons leur libération ou l’ouverture de leur procès. Si vous voyez cette requalification des faits, c’est parce que le dossier est vide. On ne peut pas arrêter des gens qui ne se connaissent même pas et qui ne se sont jamais fréquentés pour dire qu’ils ont formé un attroupement », soutient l’avocat.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tel : 622919225 / 666919225

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