La suspension de la grèves des travailleurs guinéens, tous secteurs confondus, par les 6 centrales syndicales concernées en raison «des avancées significatives, des résultats obtenus et pour la préservation de la paix sociale» est une décision salutaire et responsable des leaders syndicaux qui ont déclenché ce mouvement le 5 janvier dernier, estime le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture de Labé.

Par définition et au regard de la loi,  grever c’est s’abstenir d’aller au travail ou refuser de manger pour une période donnée dans le but de réclamer un droit légitime des pouvoir publics ou d’un employeur public ou privé. Mais dans le contexte guinéen, tout mouvement de grève est assimilé par les élus syndicaux  à la base à une manifestation de rue impliquant d’autres atteintes graves aux libertés individuelles et collectives, sous le regard impuissant de l’Etat qui a le devoir de protéger chaque citoyen dans ses convictions profondes.

En 48 heures de grève largement suivie à Labé et environs, le correspondant de Guineematin.com a vu des élus syndicaux du secteur des transports organiser des manifestations de rue, ériger des barrages pour contraindre les autres citoyens qui ne se sentent pas concernés par l’appel des centrales syndicales à ne pas vaquer à leurs affaires, dégonfler des pneus des véhicules appartenant à des chauffeurs qui ont d’autres préoccupations que l’observation stricte du mot d’ordre de grève. Même un malade qui devait être évacué sur Conakry sur recommandation de l’hôpital régional de Labé a été bloqué dans la matinée du mardi 6 janvier dernier par ces «syndicalistes» version guinéenne qui ont fini par dégonfler les pneus du véhicule qui le transportait, malgré la présentation du papier d’évacuation signé du médecin traitant.

A tous ces dérapages constatés à la base dans beaucoup de grandes villes du pays, il faut ajouter les déclarations publiques des acteurs politiques qui ont ouvertement exprimé leur soutien aux syndicalistes et invité leurs militants à accompagner la grève. Toute chose qui frise la tentative de récupération dans un contexte de crise accentuée entre pouvoir et opposition.

Petite histoire ! Lors des évènements de janvier et février 2007, le Pr Alpha CONDE, alors principal leader de l’opposition guinéenne, était très proche de certains leaders syndicaux d’antan au point qu’il a su peser sur la balance dans le choix de Lansana KOUYATE comme premier ministre imposé au régime de Conakry d’alors. Mais, à l’époque, l’actuel président de la République avait su garder le profil bas et agir dans l’ombre. Une stratégie qui semble manquer aujourd’hui au sein de l’actuelle opposition guinéenne.

Toutes ces raisons expliqueraient bien le souci de « préserver la paix sociale » qui a poussé les leaders syndicaux à suspendre cette grève. Histoire de reculer pour mieux sauter.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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