Le journaliste Thiernodjo Diallo, dit Bébel et son journal "la véritééC’est avec une profonde consternation que j’ai appris le décès d’un des chevaliers de la plume de notre pays en la personne de Thierno Sadou Diallo dit Bebel. Je suis d’autant meurtri qu’il n’est pas donné à une presse d’avoir des journalistes de gros calibre, fouineur, emmerdeur, courageux et fécond comme Bebel qui a consacré sa vie entière à ce noble métier qui ne nourrit pas son homme mais dont personne ne peut se passer. Pour avoir évolué dans l’audiovisuel, je n’avais pas compris  les difficultés de tous ordres qui s’attachent à la tenue d’un journal jusqu’au jour où je me suis essayé en créant le mien ‘’ELBIPA SPORTCULTURE HISTOIRE’’.

J’ai compris alors que la vraie presse, c’est celle écrite. C’est pourquoi en rendant hommage à ses illustres représentants  comme Bebel, je respecte et salue tous les confrères qui exercent dans ce genre. Bebel était un gentil monsieur, toujours à l’offensive l’esprit en éveil, conquérant à l’embuscade pour avoir la primeur de l’info qu’il recoupait avant de publier sans jamais s’encombrer de la personne ou de la chose concernée ou alors de son statut ou de ses réactions. Il s’en moquait éperdument et toute paix même obtenue au coin du feu sacré familial ou amical ne mettait la personne à l’abri de ses attaques si d’aventure il était avéré que vous avez encore trempe dans de mauvaises affaires. Le pacte était tout de suite rompu, le professionnalisme de Bebel prenait toujours le dessus sur toute autre considération. Pour résister à tout et à tous il fallait être un Bebel costaud incorruptible dérangeant mais chaleureux. La vie a toujours été un choix et Bebel est resté fidèle à son choix, celui d’être journaliste pointu et il a su assumer ce choix envers et contre tout.

Il faut saluer l’inestimable contribution du Président de la République qui a fait évacuer Bebel au Maroc et saluer la mémoire de cet autre homme de lettres, le ministre de la Culture et du Patrimoine Historique, Ahmed Tidiane Cissé décédé mardi à Paris.

Ce vendredi saint, deux valeureux fils de Guinée ont rejoint le royaume des cieux, deux baobabs de la presse et de la culture se sont couchés pour l’éternité. Ainsi va la vie, car c’est toujours le matin d’un soir ou le soir d’un matin mais un jour vous manquerez à l’appel ici bas en répondant présent dans l’au- de-là parce que comme le disait l’historien Jean Baptiste Vico « L’humanité est constitué de plus de morts que de vivants »

Reposez en paix mes frères.

AMEN
Amadou Dioulde Diallo, Président de l’Association Nationale de la Presse Sportive de Guinée,
Vice-Président de l’AIPS/Afrique
Depuis New York

 

 

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