syli-national de GuinéeLorsqu’à la coupe du monde 1982 en Espagne, l’angélique équipe des fennecs d’Algérie, Rabat Madjer, Assad, Lakhtar Belloumi, Aly Fergani et autres Bensaoula avait humilié la rugueuse Manchaft (nom de l’équipe nationale allemande), les compatriotes du Kaiser Karl Heinz Rummenigue se mirent à chercher l’emplacement de l’Algérie sur la carte du monde. Ils le trouvèrent au nord de l’Afrique sur les bords de la mer méditerranée. Ce jeudi, les Guinéens ne feront pas comme les Allemands, d’autant plus qu’ils ne rencontrent pas l’autre Guinée espagnole et équatoriale celle la. Mais, sa capitale Malabo qui accueille demain le très attendu Guinée-Cameroun au compte de la 2ème  journée du groupe D de la CAN 2015.

C’est une confrontation d’une dramatique insoutenable depuis que la Côte d’Ivoire a failli laisser ses plumes en voulant intimider le syli faisant à la manière de celui qui veut tuer le coq pour effrayer la basse cour.

L’opposition du lion camerounais- qui a failli se faire emporter au ciel par l’aigle malien- et l’éléphant guinéen n’est pas du rêve à vendre, mais est des actualités brûlantes et marquantes de cette CAN. C’est pourquoi tous les Guinéens en veillée d’armes n’ont qu’un mot à la bouche : Malabo parce que tout simplement la géographie est la première composante de l’histoire. Le temps de l’ouverture de la CAN et de la première sortie du syli national, le mot le plus prononcé par les Guinéens, des villes et des campagnes, de la paillasse et de la paillotte, de l’intérieur et de l’extérieur. Au point de dédier à la capitale de la Guinée Equatoriale, chants et danses, poèmes et nouvelles, effigie et rites en tout genre afin que ce samedi soit celui de la victoire du syli national sur les lions indomptables du Cameroun. C’est une Guinée debout dans toute son horizontalité sociologique qui accompagne ses dignes ambassadeurs à Malabo.

 

Chacun, au coin du feu sacré, veut décrocher la palme confessionnelle de l’amour pour le syli national qui nous fait re-goûter à l’ivresse du foot champagne. Prouvant ainsi qu’il n’y a pas de petit feu mais manque de combustible. Alors, tous les Guinéens jurent que ce feu ne s’éteignera pas alors ce samedi à Malabo.

Cette veillée d’armes sur fond d’impatience de voir le jour se lever sur Malabo jusqu’à l’inclinaison des rayons du soleil puis la brillance du couchant et la sortie de ces joueurs majeurs du syli de Guinée qui viennent de démontrer que leur pays n’est pas l’appendice géo footballistique d’aucun pays, fut il celui du prince bassa, Samuel Etoo. C’est pourquoi d’ailleurs, les guinéens ne cherchent pas Yaoundé et sa forêt du mont Febe, ils le connaissent suffisamment à travers beaucoup d’émotions et de symboles comme la chanson de André Marie Talla : « Je vais à Yaoundé, Yaoundé la capitale ». Les Guinéens eux, sont à Malabo avec cette insistance joyeuse et tenace de prendre le meilleur sur les camerounais et de faire comme un maître et ses élèves en disant au suivant. Le suivant, ce sera l’aigle malien qui espérons- le ne commandera pas à l’espace Guinéen. Alors s’ouvriront largement les portes des 1/4 de finales. Car, cet adage africain colle bien aux joueurs de notre valeureux national citation : « Quand la main de L’Enfant est bien lavé, il peut malaxer la bouillie des vieux » fin de citation.

Veillée d’armes pour Guinée Cameroun. J’imagine les vidéos clubs de Santou à Télimélé, de Sambaïlo à Koundara, de Koba à Boffa de Bouna à Kankan, de Sokourala à Beyla ou encore de Bignamou à Yomou ajoutées à celles des grandes agglomérations jusqu’aux salons et écrans géants des villes. Toute la Guinée en vibration positive avec son équipe.

Veillée d’armes et de prières d’insomniaques aux yeux injectes de sang de souvenirs mémorables et d’espérance confortée. Voila ce que le foot ressoude les Guinéens dans l’unité des cœurs et des bras. Hier avec le légendaire Hafia des édente Cherif, Sory, Maxime, Tolo et papa, puis vint l’emblématique groupe des Titi, Collo, Mansaré et Feindouno. Et, voila que par le flux générationnel, et le passage de témoin arrive sur le podium l’or en barre du bourre la classe d’âge le « ton » comme on l’appelait dans le royaume Bambara de Ségou sous le règne de Biton Koulibaly. Cette classe d’âge a pour chef un Touraman Ibrahima Traoré, le pied gauche du bijoutier du clair de lune politesse africaine, culture française et rigueur allemande. Descendant de Tieba Traoré, le roi du Kénédougou, c’est le fils de son père Dominique Traoré, ancien gardien de but et ancien Président de l’AS Kaloum et de sa région Kindia, le vivier du football Guinéen. Naby Yattara, Kamil Zayatte, Fodé Camara, Paul Pogba, Idrissa Sylla Ibrahima Sory Conté,Kevin Constant, Yattara JR, frère cadet de Ibrahima Pokou et fils de El tigre, défenseur teigneux et capitaine victorieux du Kakandé FC de Boké.

Veillée d’armes en contes et légendes, histoires et épopées pour fixer la mémoire dans la géographie. Celle de Malabo la capitale de la Guinée Equatoriale, hôte de la 30ème CAN.

Amadou Diouldé Diallo à New York pour Guineematin.com

 

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