Ebola Hier, samedi 24 janvier 2015, Guineematin.com a été joint au téléphone par monsieur Abdoulaye Sylla, domicilié à Matoto Fassa qui avait besoin d’être écouté pour partager ce qu’il avait dans son cœur, notamment contre les gouvernants d’Ebola dans notre pays, coordination et consort.

Rappelé ce dimanche pour mieux échanger avec lui, monsieur Sylla a expliqué comment sa famille a été embarquée en destination du CTE de Donka, pour cause d’Ebola. Avec des cris de détresse, notre interlocuteur s’interroge sur les circonstances de la mort de 5  membres de sa famille dans ce centre de traitement. Lisez !

Cela s’est passé le jour du Maouloud ! Toute notre famille se portait bien ! C’est seulement, le dernier né, du nom de Sékouba Sylla, âgé d’environ 5 ans qui souffrait. Ils l’ont mis en quarantaine. Chaque jour, ils venaient les contrôler jusqu’au 4ème jour. Le 5ème jour, le dernier né a vomis et sa maman lui a donné des médicaments parce que le petit n’allait pas à la douche. Le matin, l’homme qui venait souvent pour le contrôle est venu pour flasher tout le monde. Il a dit « Vos températures n’ont pas de problème, mais comme Sékouba Sylla a vomi, forcément, il faut qu’on vous envoie au CTE de Donka ». C’était à mon absence. La famille m’a appelé et j’ai insisté pour dire que la famille ne doit pas bouger. Mais, compte tenu des gens qui étaient présents sur les lieux, plus le chef du quartier de Matoto Fassa, monsieur Youla, ils ont insisté et ont embarqué la famille pour partir avec eux. Parmi les six personnes envoyées, un seul a été ramené, en disant que tous les 5 autres sont décédés. Celui-ci aussi, quand je suis parti le chercher, ils m’ont donné un médicament qu’il devait prendre. Des petits comprimés noirs. Mais, à notre retour, quand je lui ai donné ce médicament, il a vomi. J’ai le médicament avec moi plus le certificat de décès des 5 autres membres de la famille.

Je demande l’ouverture d’une enquête sur le CTE de Donka. Il y a des personnes bien portantes, qui ne présentent aucun signe de la maladie qu’on admet dans ce centre, le lendemain, on dit qu’elles sont décédées. La famille que vous avez pris à la maison et qui n’avait même les signes du paludisme, vous les exécutez un à un ? Avec cette famille, personne ne présentait des signes de maladie sauf le dernier né, Seydouba Sylla.

Je lance un appel au gouvernement et à toutes les bonnes volontés pour dire que ça ne va pas. Depuis que je suis revenu à la maison avec mon petit frère, Aboubacar Sylla, je ne travaille pas. Toute la famille est décédée, nous sommes deux qui restons. Une famille bien portante…

Depuis notre retour à la maison, personne n’est venu à notre secours, même le chef du quartier qui était à la tête de la délégation qui était venue embarquer ma famille. Depuis, je n’ai vu personne devant ma porte.

Propos recueillis au téléphone et transcris par Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com

Tél : (00224) 664 53 16 42

 

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