supporters du syliLa déception est grande mais il faut faire face à la réalité. 4ème sur le papier, le syli national est sorti 2ème de son groupe en partageant les points avec ses 3 adversaires : Côte d’Ivoire, Cameroun et Mali. Ce qui constitue une belle performance pour une équipe en devenir et ne la rougit nullement d’être arrivée en 1/4 de finales à l’issue d’un tirage au sort. Ce n’est pas une première en soi et cela était connu de tous avant le coup d’envoi de la CAN, étant donné que le règlement qui régit toute  compétition est connu d’avance de tous les participants. Et que pour arriver à cette insoutenable épreuve, il a fallu que le syli soit à égalité de points avec le Mali, sinon il serait rentré plutôt à la maison. A mes yeux donc le syli a fait une bonne opération à cette CAN et je mets au compte de l’attente fébrile du tirage au sort et l’enthousiasme qui a suivi le verdict en sa faveur.

Cette déconcentration fatale ajoutée aux blessures des défenseurs, Florentin Pogba et Camille Zayatte  dont la présence ne serait ce que leur physique aurait permis de contenir les assauts velléitaires des ghanaéens. Et, je trouve absurde d’accuser l’entraîneur d’avoir retenu des joueurs
blessés pour la CAN, dans la mesure où Camille Zayatte  était seul dans cette situation et qu’on avait mise sur son éventuel rétablissement. Pogba lui s’est blessé en cours de jeu, ce qui n’est non plus une première dans le sport.

Si c’est le cas Camille Zayatte qui pose problème, le staff médical n’ayant pas pu le récupérer, dites moi quel autre défenseur était sélectionnable nominalement au poste et qui serait à mesure d’être à la hauteur? Voila que les remplaçants sélectionnés et qu’on a aligné contre le Ghana ont eu une perméabilité de sable à la matinalité du laitier.

A mon avis, il faut plutôt féliciter et encourager les joueurs du syli au lieu de leur jeter l’opprobre et trouver toute une inflation d’épithètes orageuses pour accuser Michel Dussuyer de tous les pêchés de la terre. Il mérite, c’est mon sentiment, notre reconnaissance pour le travail accompli depuis 5 ans. Personne ne peut lui denier les trouvailles et la constitution de cette jeune équipe en devenir alors que l’Etat guinéen, très mauvais payeur lui est resté devoir jusqu’a 10 mois d’arriérés de salaire. Violant ainsi les clauses de son contrat. Jamais il ne s’est plaint nulle part et a continuer à faire son travail en s’intégrant admirablement dans la vie guinéenne.
Maintenant qu’il a présenté sa démission, il faudra lui trouver au plus vite un remplaçant parce que les éliminatoires de la CAN 2017 et de la coupe du monde 2018 pointent à l’horizon.

Aujourd’hui, un entraineur de haut niveau coute 50.000 euros/mois avec 6 mois d’avance à payer à la signature du contrat. Je veux bien savoir comment un Etat qui n’a pu payer 20.000 euros/mois et qui a accumulé 10 mois d’arriérés peut engager un entraîneur. La question est posée à tous ceux qui tirent à la courte paille en se faisant passer pour des experts de football. Le problème du football guinéen demeure entier.

L’urgence serait de l’envoyer à l’école par la création des centres de formation afin de faire de notre pays une destination footballistique incontournable des recruteurs et par la réalisation par l’Etat des
infrastructures innovantes et qualifiantes pour assurer l’animation sportive par une pratique conséquente.
Nous savons tous que l’une et l’autre de ces exigences du sport moderne, n’existent pas et ne semblent pas être des priorités de nos gouvernants et des mécènes sportifs. Alors l’amer constat de ces réalités voudrait qu’on descende d’un ton et d’un cran du mirage en ayant le courage de reconnaitre nos faiblesses et nos insuffisances que nous aimons camoufler dans des mamayas et des fuites en avant.

Souvenons- nous de ces phrases du griot citation « Si tu ne peux dire la vérité en tout temps et en tout lieu, donne la parole aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur. Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots », tout un bréviaire pour les guinéens prompts à faire de l’hypocrisie dans des retournements de veste dont nous seuls, avons le
secret. Le mal c’est l’autre, le bouc émissaire à sacrifier à l’autel de nos émotions et de nos pulsions colériques et partisanes.

Amadou Diouldé Diallo depuis New York pour Guineematin.com

 

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin