Prison civile de Boffa, parent de la victime Le 21 janvier 2015, Alseny Diallo, âgé de 35 ans, marié à 2 femmes et père de 5 enfants, a été bastonné à mort par des agriculteurs du secteur de Boussoura, district de Bassaya, sous préfecture de Tamita à Boffa, a appris l’envoyé spécial de Guineematin.com à Boffa.

Sur les circonstances de sa mort, Mamadou Baïlo Diallo, témoin et jeune frère de la victime, explique : « C’est le grand frère M’Bemba qui nous a renvoyé 3 de nos bœufs qui étaient dans sa plantation. Il nous a porté absents, mon grand frère et moi. Le soir, quand on est revenu à domicile, la femme de mon grand frère nous a fait le compte rendu. Elle nous a rapporté que le grand frère M’Bemba voulais nous voir ce soir parce que nos bœufs ont brouté sa plantation de manioc. Après notre diner, vers 21 heures, nous avons décidé d’aller chez lui. Mais, à l’arrivée, il y avait une chaine musical qui jouait, nous sommes donc passés. Juste après, l’imam est venu. Nous l’avons salué, il a demandé qui nous étions, mon grand frère et moi nous nous sommes présentés. Il a alors dit à mon grand frère que c’est lui qu’il recherchait, en disant que cette fois-ci, seulement deux choses pourront nous séparer. ‘’Soit on t’attache jusqu’à l’arrivée des autorités ou nous te battons à mort’’. Mon grand frère a répondu à l’imam que ce n’était pas lui qui l’a invité à venir, mais plutôt frère M’Bemba qui a sollicité qu’il soit là. C’est à partir de là, qu’ils ont commencé à nous bastonner. Ils nous ont envoyé chez le chef du secteur. C’est de chez lui que moi j’ai pu m’échapper. Après la seconde bastonnade chez le chef du secteur, mon grand frère est revenu à la maison. Le matin, il m’a dit d’aller à la garde des bœufs, lui a appelé un motard pour le déposer à l’hôpital de Tanènè pour des soins.  Arrivée là-bas, ils ont constaté que ses côtes étaient brisées. Il ne pouvait pas parler et ne poussait un cri que quand on touchait ses côtes. Le lundi à 17 heures, on nous a appelés de l’hôpital pour nous annoncer sa mort. Abdoul Wahab, le grand frère M’Bemba, Mamadou V, Bouroubini et Tèguèma l’ont bastonné, lui ont marché dessus jusqu’à ce que ses côtes se soient  brisées », explique-t-il.

Poursuivant son intervention, Mamadou Baïlo Diallo affirme qu’il n’a eu la vie sauve que par coup de chance : « C’est Dieu qui m’a aidé, parce qu’au moment où j’ai pu m’échapper, ils avaient déchiré tous mes habits. D’habitude, quand nos bœufs leur font des dommages, on s’assoit pour discuter. Après, on présente nos excuses et on paye la valeur du dommage subit. Depuis 5 ans, mon grand frère est éleveur dans ce village. »

L’oncle du défunt rencontré à Boffa, a déploré que les citoyens se soient rendus eux-mêmes justice et qu’un imam soit impliqué dans cet assassinat : « Ce qui est écœurant, c’est quand les citoyens se rendent justice. Sinon, rien ne les empêchait de porter plainte contre ce jeune Alseny Diallo. Rien ne pouvait les empêcher de le faire, même s’il y a une amende à payer, même si on doit lui prendre tous ses bœufs, mais qu’on les prenne et on lui laisse la vie sauve. Ce qui est écœurant encore est que dans cette bastonnade, c’est la participation d’un imam (Abdoul Camara) et ensuite le chef du secteur (Alia Camara). C’est ce qui est écœurant parce qu’ils sont censés protéger les citoyens », regrette-t-il.

Joint au téléphone par l’envoyé spécial de Guineematin.com, le juge de paix de Boffa, Ansoumane Dounoh, a indiqué que c’est une affaire criminelle : « Cette affaire n’est pas une affaire correctionnelle, mais une affaire criminelle. Les instructions se font maintenant, le jugement se fera au cours des assises. Il y a des préalables d’abord après l’instruction, on communique au procureur, il fait ses réquisitions et il nous les retourne encore. Donc, il y a beaucoup à faire, des témoins restent à entendre aussi »

Pour l’instant, les présumés assassins sont actuellement incarcérés à la prison civile de Boffa, en attendant leur jugement.

A rappeler que Guineematin.com a tout fait pour avoir la version de la parti adverse rencontrée à la justice de paix de Boffa, mais toutes nos tentatives sont restées vaines. Les personnes rencontrées nous ont dit qu’elles ne pouvaient pas se prononcer pour le moment.

De retour de Boffa, Abdoulaye Oumou pour Guinéematin.com

Tél : (00224) 620 848 501

 

 

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