Juriste_Mohamed_CAMARAAprès la manifestation de l’opposition hier, lundi 20 avril 2015, Guineematin.com a joint au téléphone, le juriste Mohamed Camara. Au cours de notre entretien, monsieur Camara a déploré une radicalisation des deux camps politiques adverses (pouvoir et opposition) avant de faire remarquer que la solution de sortie de crise se trouve entre le président de la République, Alpha Condé et les leaders de l’opposition.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la lecture de la crise politique guinéenne par monsieur Mohamed Camara :

«Cette situation  est le résultat d’une crispation qui était visible depuis un peu longtemps. Je pense qu’il faut que l’opposition accepte de se retourner à la table de négociation. Que les députés qui sont à l’Assemblée nationale puissent s’affranchir de leurs chapeaux politiques (mouvance et opposition) pour avoir l’idéal garantie à l’article 72 de la constitution qui consiste à voter les textes de loi et à contrôler l’action du gouvernement, d’autant plus qu’ils sont les représentants du peuple.

En le faisant, ils auraient permis de clarifier le contenu des textes de loi en rapport avec l’élection pour les harmoniser et les mettre au bout du jour. Mais aussi, on va commencer à appliquer les textes de loi. Le double constat qui s’affiche de l’échiquier politique guinéen c’est que le pouvoir n’applique pas les textes de loi en tant que tels et ça fait le nid de la réclamation de l’opposition qui veut toujours un consensus. L’opposition préfère le consensus parfois qu’à l’application des textes de loi. Que ça soit l’un ou l’autre cas, chaque texte n’arrange pas. L’opposition va plus loin, elle ne parle même plus de consensus mais un ultimatum.

Aujourd’hui, il y a le reflet d’un mépris d’un camp par rapport à l’autre, une sorte de défiance de l’autorité adverse. L’un dans l’autre, je pense qu’il faut ouvrir un dialogue pour trouver une approche de solution parce que l’enlisement n’est pas du tout à l’avantage du pays.

Il y a des acteurs qui sont au niveau de l’opposition par exemple qui n’ont pas intérêt qu’il y ait une entente entre les acteurs majeurs et le pouvoir. Il en ait de même qu’au niveau du pouvoir, il y a certains acteurs qui, ayant été le plus souvent la cible du pouvoir en place avant qu’ils ne soient du côté du pouvoir, est quand même essuyait un certain nombre de critiques. Ils n’ont pas intérêt par exemple que le pouvoir fasse des résultats. Il faut pousser le pouvoir à jeter l’essentiel de son énergie dans la gestion de la crise. Or, si on aime une autorité, on ne doit pas le pousser à jeter l’essentiel de son énergie dans la gestion de la crise, mais plutôt on propose des approches de solution pour que le bilan soit stable et concluant. Il appartient et au Président de la République et aux leaders de l’opposition de faire violence sur eux-mêmes pour qu’ils s’affranchissent des différents cas qui les radicalise. Ça ne sera qu’à l’avantage de notre pays».

Propos recueillis au téléphone par Mamadou Alpha Baldé

Tél : 622 68 00 41

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