Manifestation politique : un jeudi chaud aux alentours du domicile de Cellou Dalein

police, ce jeudi 23 avril 2015 à DixinnComme prévu l’opposition républicaine à bien voulu manifester ce jeudi 23 avril 2015 contre le chronogramme électoral publié par la commission électorale nationale indépendante CENI, notamment contre l’organisation de l’élection présidentielle (le 11 octobre 2015) avant les locales (2016). Mais, tous les dispositifs sécuritaires ont été mis en place par le gouvernement pour les en empêcher, a constaté Guineematin.com sur le terrain.

Cette manifestation annoncée sur tout le territoire national a été effective dans plusieurs villes de la Guinée, comme l’a demandé l’opposition. Du côté de Conakry, le chef de file de l’opposition républicaine a été empêché par les forces de l’ordre qui estiment que cette manifestation est illégale et ne doit donc pas avoir lieu.

Un jeudi chaud chez Cellou Dalein Diallo

Très tôt, ce jeudi 23 avril 2015, plusieurs agents de la gendarmes et de la police ont été déployés devant le domicile du chef de file de l’opposition et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, pour l’empêcher de sortir.

Aux environs de 11 et 12 heures, les militants et militantes qui étaient très nombreux dans sa cour ont commencé à perdre patience et voulaient sortir à tout prix. Cellou Dalein Diallo, très submergé, parlait au téléphone sans cesse et a tenu un point de presse d’urgence avec ces collègues opposants : Aboubacar Sylla de l’UFC, Mouctar Diallo de NFD, Jean Marc Telliano du RDIG et François Bourouno, le représentant du PEDN. C’est seulement Sidya Touré qui manquait pour compléter la belle brochette des opposants au régime Alpha Condé.

Cependant, ils ont décidé de sortir pour aller vers le TPI de Dixinn. « pour exprimer notre solidarité aux militants arrêtés et emprisonnés arbitrairement…. », déclare le porte parole de l’opposition, Aboubacar Sylla.

Avec cette décision, l’opposition a mis le pied dehors. A la tête du cortège, le chef de file de l’opposition sort sa tête de sa 4×4 décapotable, entourée d’une foule de militants.

Dehors, la gendarmerie n’a créé aucun problème à la file d’opposants. Mais, les agents de la police, dirigée par le colonel Ansoumane Camara, dit Bafoé, avec plus d’une dizaine de pick ups et de gros camions à eau chaude, se sont précipités pour barricader le passage à 100 mettre.

L’air très décidé, le colonel Bafoé, a posté ses hommes et ceux-ci n’attendaient que l’ordre pour d’exécuter. Des manifestants irrités, qui veulaient arriver coûte que coûte à leur destination, criaient « Bafoé, zéro ! Libérer le passage »… C’est dans l’entre-faits qu’arrivera le colonel Balla Samoura, coordinateur régional de la gendarmerie de Conakry qui avait aussi ses hommes sur place.

Conflit de leader ship entre la police et la gendarmerie ?

Comme d’habitude, Balla Samoura a voulu négocier avec le chef de file de l’opposition pour le faire retourner paisiblement, c’est ce que la police ne supportera pas. Pour eux, il faut utiliser la force et le feu. Le colonel Bafoé serait même le premier à tirer du gaz lacrymogène sur le cortège de l’opposition. Les tirent vont durer près de 15 minutes.

L’opposition étouffée par le gaz lacrymogène a fait marche arrière vers le domicile du chef de file et ont demandé à leurs militants de se replier, ce qui fut fait. La police, très excitée, a voulut franchir le portail du domicile privé de Cellou Dalein, ce qui va l’opposer à la gendarmerie. Cette fois-ci, la gendarmerie en a assez. « On ne travaille pas avec la force, mais avec la tête », a enseigné un responsable de la gendarmerie avec un ton impératif devant le domicile de Cellou Dalein Diallo, avant de dire à ses collègues gendarmes de ne laisser personne passer… Aucun policier ne doit franchir, décide la gendarmerie qui joue finalement le protecteur.

« Vous avez entendu des tires à balle réelle ? Cette fois, c’est dans la cour de Cellou même. Ils vont dire aussi que c’est la police ? », interrogeait le colonel Ansoumane Camara, Bafoé, à la presse qui ne pouvait répondre à ce qu’elle n’avait pas entendu. Ceci marque la fin des manifestations à Dixinn, quartier résidentiel du chef de file de l’opposition.

Compte rendu de Fatoumata Keita pour Guineematin.com
Tel: (+224) 654 47 99 71

 

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