Vers l’interdiction des « réunions spontanées » en Guinée ? Amnesty se préoccupe

le président de l'Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano« … En limitant les réunions spontanées et en dispersant les manifestations pacifiques sans véritable justification, elles maintiendraient un risque élevé de violences électorales. Le président doit prendre des mesures en vue de modifier le projet de loi avant son adoption », a déclaré Francois Patuel, dans un communiqué de Amnesty international publié ce jeudi 4 juin 2015.

« Ce projet de loi a été adopté en l’absence de l’opposition, qui continue de boycotter l’Assemblée nationale ; il doit désormais être approuvé par le président – ou être renvoyé pour de nouveaux amendements – avant d’être promulgué », a précisé l’ONG international qui avait d’ailleurs « sauvé » Alpha Condé face au régime Lansana Conté, il y a quelques années.

Assemblée nationale, Parlement, Assemblée nationale« Depuis l’annonce du calendrier électoral en mars 2015, au moins six personnes sont mortes et 57 ont été blessées, dont des membres des forces de police et de gendarmerie, lors d’affrontements qui ont éclaté entre manifestants et forces de sécurité en raison des prochains scrutins. L’élection présidentielle est prévue en octobre 2015 et les élections locales en 2016 », rappelle Amnesty international dont un chercheur est d’ailleurs actuellement en Guinée.

« Tout en se félicitant des mesures destinées à définir les rôles et les responsabilités des forces de sécurité guinéennes, Amnesty International a mis en garde contre le fait que la nouvelle loi – que le président doit encore approuver – comporte des lacunes majeures susceptibles de devenir des poudrières lors de futures contestations et d’entraver le respect, la protection et la réalisation du droit de se réunir pacifiquement », a fait observer l’ONG international de défense des droits humains et des libertés.

Concernant cette loi qui a été votée avant-hier, mardi 02 juin 2015, par l’Assemblée monocolore du RPG arc-en-ciel et à l’absence des députés de l’opposition, Amnesty international a précisé que le point crucial de cette loi : « la loi n’autorise pas les réunions spontanées et les forces de sécurité conservent le pouvoir de disperser les groupes de manifestants pacifiques si elles estiment qu’une seule personne porte ou cache une arme. Amnesty International craint que ces dispositions ne soient invoquées pour interdire ou réprimer des manifestations pacifiques »…

Lire l’intégralité du communiqué de Amnesty International

 

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