Insalubrité et pluie à Conakry : la parole à des femmes victimes et à un spécialiste

insalubrité à Conakry, la capitale guinéenne dans l'eau  (6)Ce mercredi 10 juin 2015,  la plupart des habitants de Conakry, la capitale guinéenne, ont   été  surpris  par des ordures devant leurs lieux d’habitation ou sur des voies publiques. Une conséquence directe d’une forte  pluie qui s’est abattue la veille. Cette situation a plongé davantage les populations dans une crainte liée à des maladies qui dérivent souvent de cette insalubrité.

Pourtant, le gouvernorat de la ville de Conakry avait eu un important fonds dans le cadre de l’assainissement de la capitale guinéenne. Mais, elle reste toujours envahie par des ordures dégageant une odeur nauséabonde et des caniveaux bouchés par des ordures souvent  drainées par les eaux de ruissellement. Une réalité qui préoccupe bon nombre de citoyens, surtout  après des grandes pluies qui produisent parfois  les mêmes  effets partout dans les marchés, au niveau des carrefours et dans certains quartiers.

insalubrité à Conakry, la capitale guinéenne dans l'eau  (4)C’est notamment le cas au quartier  Bellevue, surtout sur l’axe qui sépare les deux quartiers Bellevue 1  et 2. A chaque fin de pluie ce sont des cris de cœur des citoyens qui accusent souvent les responsables des deux quartiers d’être restés indifférents à ce problème durant toute la saison sèche. Et ce, malgré  la  multitude de campagne d’assainissement dont on a parlé dans ces quartiers.

Rencontrée au quartier Hafia, une ménagère du nom de Mariam Pendessa, nous a dit son inquiétude: « les responsables  que nous avons ne font rien face aux ordures qui nous envahissent et nous rendent malades. Chaque année les pluies font des dégâts. Même lorsque le gouverneur faisait la campagne d’assainissement,  nos responsables ont été incapables de le faire dans ce quartier et s’ils ont débloqué de l’argent à cet effet, on a rien vu de concret. Nous invitons les autorités à faire un tour chez nous pour voir les réalités».

Au marché Madina, des femmes rencontrées à Avaria se disent très déçues et se demandent comment s’en sortir. « Nous cohabitons avec ces déchets et bouts.  Quoi faire ?  Nous payons régulièrement  nos  taxes, mais les autorités ne se  préoccupent pas de nous. L’année dernière, j’ai perdu plus de quatre millions de nos francs suite à une inondation. J’ai changé de place mais aujourd’hui, c’est tout le contenu des  caniveaux d’avaria qui se retrouvent devant ma boutique. Je ne sais pas  comment libérer le passage pour mes clients», se lamente Aminata Sylla, commerçante.

Pour Mohamed Lamine Camara, un analyste environnementaliste, cette triste réalité est imputable à un manque d’anticipation des autorités qui ne prévoient rien comme plan d’assainissement pendant les saisons hivernales. « Elles attendent les grandes pluies, comme c’est le cas maintenant, pour mesurer l’ampleur de la situation. Les eaux de ruissellement, à leur passage, font le peu de nettoyage pour tout déverser sur la chaussée, au grand dam des usagers, obligés de marcher ou de rouler dessus. Parfois, c’est ce qui bloque les passages et crée souvent des embouteillages ».

Après  constat, il estime qu’il faut  parler des multitudes de dépotoirs en plein cœur de la ville, sur les grands axes et autres lieux publics. « Conakry est aujourd’hui à l’ opposé de tout ce qu’on savait d’elle, une ville exemplaire, propre où il fait bon vivre. Pourtant, on se rappelle que des milliards de francs guinéens ont été engloutis dans une sorte de campagne de nettoyage entamée avec des grands bruits, par les autorités du gouvernorat de Conakry», a-t-il dénoncé.

Yacine Sylla pour Guineematin.com

Tel : (+224) 628 71 71 56

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