Alpha Condé à MaliA 77 ans, le chef de l’Etat guinéen annonce son projet d’apprendre l’une des langues locales parmi les plus parlées de son pays et d’Afrique : le poular. C’était à l’occasion de l’assemblée générale de son parti, le RPG arc-en-ciel de ce samedi 24 octobre 2015.

Réélu (provisoirement) dès le premier tour avec plus de 57 pour cent des voix, Alpha Condé et ses partisans ont célébrer le succès du « un coup KO » en différé.

Dans la peau du guinéen de toutes les régions et de toutes les ethnies, le président de la République a alterné le français (langue officielle du pays) au soussou et malinké. Le président a demandé que chacun de ses partisan aille faire le porte à porte pour remercier les électeurs, approcher tout le monde pour éviter les affrontements. « Ne détruisez pas les biens des autres, car son bien peut te servir un jour », a notamment conseillé le président Alpha Condé, alternant français, malinké et soussou…

Puis, un des conseillers a suggéré au président (en lui glissant une note) de faire un effort aussi en poular comme ils sont dans la salle et aussi les autres verront les échos de cette grande rencontre… Mais, problème ! Le président Alpha Condé ne sait pas parler poular… Un dicton peul dit d’ailleurs (à juste raison) qu’on peut traverser un lieu dont on a peur, mais pas d’un obstacle dont on ne peut pas franchir…

Après avoir donc regretté qu’il ne puisse le faire, Alpha Condé a tout de même estimé qu’il devait faire l’effort de parler aussi le poular. Et, il a alors promis de l’apprendre lors de son second mandat qui commencera le 21 décembre prochain, si la Cour Constitutionnelle valide le scrutin du 11 octobre dernier comme on le présume aisément…

Pourrait-il alors séduire les locuteurs du poular après un second mandat ? Dans quel but le chef de l’Etat s’efforcerait à « conquérir » les guinéens après son second mandat ?

Evidemment, si la constitution limite le mandat présidentiel à deux, c’est exactement la même limitation de mandat dans la même République de Guinée que des Guinéens avaient poussé l’ancien président, Lansana Conté, à modifier la constitution en 2001 pour se faire réélire jusqu’à… Alpha Condé a-t-il des intentions de ce genre ?

Et si le président réélu n’a aucune intention de modifier la constitution pour s’accrocher au pouvoir, les vagues « incursions » et projections futures du fin politicien qu’il est pourraient bien s’adresser à certains de l’entourage présidentiel afin de taire ceux qui n’attendent même pas le début du second mandat pour affûter leurs armes dans la course à la succession…

En réalité, un ancien président qui parle toutes les langues locales et qui transmet de façon démocratique le pouvoir à l’issue des élections libres et transparentes, au bout de ses deux mandats constitutionnels, ça pourrait bien faire d’Alpha Condé un homme d’Etat exemplaire dans la mentalité de la jeune génération, ici en Guinée et même au-delà de nos frontières…

A suivre !

Ibrahima Sory Diallo était au siège du RPG pour Guineematin.com

 

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