Harcèlement sexuel, santé et sécurité au travail : UITA dans la défense de la  dignité du personnel des hôtels

Harcelement sexuel dans les hôtelsL’UITA lance une campagne pour la dignité du personnel des étages dans les hôtels, du  04 au 11 novembre 2015. En Guinée, Madame Doukouré Asmaou Bah, la secrétaire générale de la Fédération Alimentation Hôtellerie et Tourisme (FAHT) et membre de l’Organisation Nationale des Syndicats Libres de Guinée (ONSLG), a mis à profit cette ‘’semaine mondiale d’action en faveur du personnel d’étage de l’hôtellerie ‘’ pour organiser une journée de réflexion avec les femmes de chambres et valet sur le harcèlement sexuel dont elles sont souvent victimes dans l’exercice de leur travail, ce vendredi 6 novembre 2015 au dans un réceptif hôtelier de la place, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

campagne, harcèlement sexuel Selon madame Asmaou Barry, le personnel d’étages d’hôtels, dont les femmes de chambre, les valets, les travailleurs de la buanderie, font l’objet de harcèlement sexuel en longueur de journée par les clients dans leur lieu de travail. « Il y a un énorme problème entre les clients et les personnels des étages. Surtout avec les femmes de chambres. Donc, ils (les membres de l’Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation : Ndlr) ont lacé cette campagne pour une semaine pour demander à chaque pays affilié de débattre de ce problème en vue de trouver une solution. Nous en Guinée, nous nous sommes retrouvés en tant que travailleurs et travailleuses pour essayer de dénoncer les problèmes que nous rencontrons avec les clients et déposer le rapport à l’UITA à laquelle nous sommes affiliés. C’est difficile, car c’est la dignité des travailleuses qui est touchée », a-t-elle expliqué, citant le cas de notre compatriote Nafissatou Diallo avec DSK aux Etats Unis.

Cette journée de réflexion a été ponctuée des témoignages très pathétiques et poignants des participantes qui sont unanimes d’avoir été victimes d’une manière ou d’une autre d’harcèlement sexuel. « Il y a près de 10 ans que je travaille comme femme de chambre ici à Novotel. Mais, nous rencontrons assez de problèmes. C’est tantôt des attouchements, des frôlements, etc. En faisant le lit d’un client, il peut venir derrière toi te pincer aux seins et sans que tu ne puisses te plaindre. D’autres clients viennent te dire qu’ils veulent faire autre chose avec toi. J’en ai maintes fois été victime. Quand tu veux dénoncer, le client te crée des problèmes. Pas plus tard que la semaine dernière, un client a attendu que je rentre pour arranger le lit pour se mettre nu et commencer à se masturber », témoigne DK.

Cette journée de réflexion a pris fin par un plaidoyer de l’ensemble des participants et participantes auprès de madame Asmaou Bah, afin qu’elle dépose un rapport auprès l’UITA (l’Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation), pour qu’on trouve une solution définitive à ce problème de harcèlement sexuel dont cette couche féminine fait l’objet dans nos hôtels.

Il est à rappeler que le harcèlement sexuel est tout comportement non désiré, importun et non demandé à connotation sexuel. Mais, malheureusement, aux dires des juristes, aucune loi guinéenne ne sanctionne les personnes coupables de harcèlement sexuel. Donc, il est temps que le législateur guinéen se penche sur cette question qui devient de plus en plus récurrente dans notre société.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

 

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