Kissidougou 12Monsieur Kolinké Camara est le secrétaire administratif du bureau fédéral de l’UFDG à Kissidougou. Dans une interview exclusive accordée à Guinematin.com dans la soirée de ce vendredi 13 novembre 2015 sous un arbre dans la cours de la mairie, ce responsable a accepté de tout dire sur ce qui a empêché Cellou Dalein Diallo  de triompher à Kissidougou le 11 octobre dernier.

En premier lieu, notre interlocuteur a pointé du doigt le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Claude Kory Kondianho, ressortissant de Kisidougou et membre du parti au pouvoir. « On ne pouvait pas gagner parce que les choses ne sont pas comme prévu. Du début jusqu’à la fin la constitution n’a pas été respectée.  A Kondiadou, le président de l’Assemblée avait des bulletins cochés et de l’argent en main. Il a été reçu comme une campagne électorale, le jour même du scrutin », entame monsieur Camara très en colère. Kondiadou dont il s’agit est la sous-préfecture d’où vient le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondhiano.

Ce n’est pas tout ! « A Bendou, il y avait une délégation composée de sept (7) officiel dont Michel Kamano, venus de Conakry et huit autres responsables locaux du RPG. Ils sillonnaient les bureaux et votaient tous. Imaginez une délégation de 15 qui votaient dans plusieurs bureaux !»

A Albadaria, ajoute monsieur Camara, on a vidé tous les représentants de l’UFDG dans les bureaux de vote et on a choisi d’autres personnes à leur place. « Là aussi ils ont fait ce qu’ils voulaient », mentionne notre interlocuteur.

« Au centre ici, on se croisait avec des ministres et des femmes des ministres, des députés qui faisaient ce qu’ils voulaient », ajoute monsieur Camara.

Ces accusations, si elles sont fondées, ne sont pas sans influencer le résultat de l’élection. Mais dans un langage franc, Kolinké Camara a révélé certaines failles à l’interne de l’UFDG.

« A Fermessadou, c’est le jour du vote qu’on s’est rendu compte  que même  notre secrétaire général était corrompu, il n’était plus avec nous, il  était avec la mouvance. Alors là-bas aussi nous avons crié perte», déplore-t-il.

Il se montre ferme contre les responsables au niveau national qui viennent s’immiscer dans la conduite des fédérations au niveau local. « Je parle de Kissidougou. Si on a beaucoup souffert, c’est parce que ceux qui sont venus de Conakry ont voulu tout gérer. Je ne dis pas gestion financière mais la gestion des élections », précisera-t-il.

Malgré tout cela, monsieur Camara apparaît plus engagé à lutter au sein de l’UFDG qu’il aime et défend avec énergie. « D’ailleurs, je vais vous dire que c’est ce qui nous a permis d’être galvanisé et rester très soudé à notre leader », s’est-il pressé de nous dire en exprimant le vœux qu’un jour, Cellou Dalein Diallo dirige la République de Guinée.

Monsieur Camara refuse, lui, de s’apitoyer trop sur son sort suite à cet « échec ». « En 2010 nous avons eu 9 000 voix, en 2013 on a eu un peu moins de 9000. Cette fois-ci on eu un peu plus de 13 000. On a donc réussi à rehausser l’électorat de l’UFDG à Kissidougou», s’est il réjouit.

Thierno Amadou Camara envoyé spécial de Guineematin.com à Kissidougou 

 

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