Le Porte parole du Khalife général de Touba : Karamoko Ba n’avait pas d’argent

BOLONDALA à ToubaSuite à un article publié sur notre site, intitulé : ‘’affrontements meurtriers et destructions importantes à Touba : les gros sous et liens historiques’’, notre rédaction a été contactée au téléphone, hier, samedi 21 novembre 2015, par un certain Elhadj Aly Diaby, qui dit être porte parole du Khalife général de Touba. Dans cet entrain de plus de 9 minutes, notre interlocuteur s’est montré très amer contre l’article et a donné sa version des faits. Guineematin.com vous livre en intégralité sa réaction, sans commentaire.

Je suis Elhadj Aly Diaby de Touba, porte parole du ‘’Benkantoo ‘’ (jeunesse à travers la quelle le Khalife s’adresse aux autres) en même temps, je suis le porte parole du Khalife de Touba.

Ce matin, je me suis adressé à vous, Guineematin.com pour deux situations très importantes et très urgentes. La première, c’est l’article que votre collègue, un certain Aboubacar Diallo, a mis sur votre site. Je vous assure que tout ce qui est mis dans cet article est faux. Non seulement que c’est faux mais c’est grave aussi.

Pour commencer, là où la population du Fouta qu’on estime beaucoup, qui a vraiment une grande relation entre les Diakas et les Foulas, l’histoire que votre collègue a mise est fausse. Je lui dirai ce matin que les Peulhs n’ont pas besoin de quiconque pour construire leur mosquée parce que l’époque où nos grands parents nous ont éduqué, il y avait 70 Walious (les érudits : ndrl) dans le Diwal du Fouta. Chaque fois que l’un décède, il y a un autre qui le remplace. Quand il y a 70 Walious dans un grand Diwal qui est le Fouta, y compris Labé, ils n’ont pas besoin d’avoir Karamba ou Toura pour construire leur mosquée.

Deuxièmement, quand il a dit que Toura est venu avec son neveu, c’est un mensonge. Toura et Karamba n’ont jamais été neveux. Partout, c’est une famille qui est construite, une famille qui s’arrête comme ça. Quand il disait aussi que les Karamba minimisaient les gens parce que eux, ils ont l’argent, c’est complètement faux. La famille Karamba, y compris notre grand père Karamoko Ba, n’a jamais eu de l’argent. Nous, on n’a jamais eu l’argent, on n’a jamais été riche. Là, je vous explique encore pourquoi ? Parce que Karamoko Ba est un savant. Un savant, son rôle, c’est quoi ? C’est l’éducation et vous connaissez mieux que moi, un professeur de l’université ou un maître coranique n’est jamais riche. Ce sont les gens autour de lui qui contribuent pour le manger de sa famille, et tous les autres besoins. C’est ce qui peut l’aider lui. Voilà pourquoi, Karamba et la famille Karambaya étaient entourés par les Diakas, y compris ceux de Touréya. Parmi ces gens, il y a des grands commerçants. On y trouve aussi des forgerons, des maçons et des gens qui ont d’autres métiers. La seule personne qui reste pour l’éducation coranique, c’était Karamoko Ba dit Karamba. Si vous entendez Karamba, c’était un grand savant. C’est pour cela quand les gens écrivent ou disent du n’importe quoi  en disant que c’est à cause de l’argent, il y a eu divergence ici à Touba, ce n’est pas vrai.

La troisième chose qui est la plus importante, c’est quand il dit qu’il y a eu des dégâts matériels estimés à des milliards, qu’il y avait de l’argent qui a été brûlé ou qui a été emporté. Nous, le jour où la décision a été votée contre ces gens là, après 4 ans de patience parce qu’on a respecté les lois de la République, la coutume du village, on a voulu laisser les autorités arranger cette affaire. La jeunesse a patienté 1 an, 2 ans, 3 ans et 4 ans. Quand la provocation a atteint le sommet, surtout après le discours du chef de l’Etat, Alpha Condé, en disant que ce qui n’était pas produit à l’époque de Sékou Touré, de Lansana Conté et les autres ne va pas se produire à son époque. Ce qui veut dire qu’il ne veut pas la division.

Quand Dienké Mady a décidé de deviser Touba, il a passé d’abord par le MATAP pour essayer d’avoir Touba 1 et Touba 2. Au moment où je vous parle (11 heures 33’), il y a 5 journalistes, y compris vos journalistes qui viennent de rentrer à Touba.

Des journalistes sont déjà là, vous allez voir que Touba est un village, en 2 minutes de voiture, vous traversez Touba. Quand on divise un seul village comme ça en deux, c’est grave. Lui-même, Dienké Mady, il a dit que Touba sera divisé, il y a certaines personnes qui vont perdre leur place. Mais, qui va perdre sa place, ici il n’y a pas de place. Seul le Khalife général a la place ici à Touba pour donner des ordres et lui aussi il passe par les autorités de la préfecture, le gouvernorat et après Conakry.

Revenons sur l’histoire de Touba. Quand un seul garçon, arrogant veut venir pour dire qu’il va construire une mosquée que les gens veulent ou pas, personne n’acceptera ça. Ni à Touba, ni à Conakry, ni à Gaoual, n’importe qui ne peut accepter ça. Pour construire une mosquée, vous avez d’abord  l’autorité morale, les coutumes du village, après vous allez vous présentez à la préfecture, au gouvernorat, puis au MATAP. Mais, quand vous commencez par le MATAP parce que vous pensez que vous avez de l’argent que vous pouvez distribuer partout et que les gens vont vous donnez des dossiers et que ceux-ci seront signés à Boké, à Gaoual,  c’est impossible.

Chez nous ici, on est mélangé, j’ai ma mère quelque part, ma sœur ailleurs, ma tente aussi. Tous les habitants de ce village sont mélangés. La seule personne qui, par son arrogance, pense qu’il a acheté les gens, c’est impossible. La Guinée aujourd’hui est perdue dans cette histoire là, les gens pensent sur les enfants de Touba surtout quand vous insistez sur le mot Karambaya. Personnellement, moi qui suis un enfant de Karambaya, je ne me sens pas comme un enfant de Karambaya, je me sens comme un Diaka. C’est ce qui généralise tout le monde. Le jour où je me sentirais à Karambaya, je serais perdu. Chez nous ici tout le monde est de Diaka et de Karambaya. Je ne vous trahirais jamais et vous aussi. On ne se sous estimera jamais.

Karomoko Ba est venu ici pour chercher là où lui et ses frères pourront adorer Dieu tranquillement et ils se sont dirigés vers Binane, l’endroit le plus reculé du Fouta. S’il le fait, ce n’est pas pour trouver un poste ou une chefferie. C’est pour réunir une famille et adorer Dieu jusqu’à leur dernier jour.  Et, c’est comme ça que les générations se suivent…

Entretien réalisé et décrypté par Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com

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