contrôle des fonctionnairesLe souci de se faire pointer comme l’exigent désormais les autorités crée d’innombrables attroupements dans les bureaux et couloirs de l’administration publique, a constaté les reporters de Guineematin.com ce mardi 24 novembre 2015, dans la commune de Kaloum. Cette initiative est à peine lancée qu’elle crée une importante préoccupation des fonctionnaires : pas assez de bureaux et de chaises pour tout le monde, ce qui fait remplir les couloirs des différents départements de « nouveaux » travailleurs…

En réalité, beaucoup de ceux qui se faisaient payer par la fonction publique ne venaient pas au travail. Et, l’exigence de leur présence physique a alors créé ce surplus de travailleurs et rendus donc exigus les bureaux des différents départements qui n’avaient jamais pareilles affluences.

« On nous exige de venir tous les jours, alors qu’on n’a même pas où s’assoir. Mais, comme c’est pour trois mois, on verra. Sinon, il fallait commencer par équiper les bureaux d’abord… », marmonne une femme rencontrée par Guineematin.com à la rentrée du poste de contrôle au ministère du Commerce. C’était aux environs de 9 heures, ce mardi 24 novembre 2015.

« Vous êtes obligés d’accepter ça madame pour votre bien pendant trois mois », lui rétorque un agent contrôleur qui écoutait la dame.

Répondant à une question d’un des reporters de Guineematin.com, sur cet échange apparemment pas très amicale, le contrôleur  Condé Djélimasady nous répond : « les gens doivent accepter de venir émarger enfin de ne pas avoir des difficultés après l’opération. Parce que cette opération, c’est juste pour trois mois. Nous demandons humblement aux fonctionnaires de venir et affronter toutes ces difficultés pour constater leurs présences effectives pour ne pas avoir des problèmes éventuels après l’opération ».

Au département de la Fonction publique, les choses semblaient être en ordre. La pointeuse est fixée aux murs, à la rentrée, chaque fonctionnaire vient poser son pouce. Aussitôt fait, sa photo s’affiche et l’intéressé continue sur son poste de travail.

Par contre, un autre fonctionnaire rencontré dans son bureau au ministère des Affaires Etrangères a dit à Guineematin.com sa crainte de voir les présences massives des fonctionnaires durant cette période juste pour remplir les bureaux et ne rien faire.

« Les gens risquent de déborder les bureaux des ministères et de créer un véritable ‘’tohubohu ‘’. D’ailleurs, pour le moment, l’administration ne bouge pas. Tout le monde attend l’investiture du président Alpha Condé. Les gens viennent juste pour passer la journée et rentrer le soir », explique un autre.

Néanmoins, même si  certains restent dubitatifs sur le succès de cette opération qui est une première en Guinée, d’autres se réjouissent de cette nouvelle mesure et estiment qu’après ce passage « obligé », cela pourra se répercuter ainsi par l’augmentation de la grille salariale de tous les fonctionnaires à la fin de l’opération.

A rappeler que cette opération de pointage a débuté hier lundi 23 novembre 2015 et s’étendra pour trois mois.

Abdoulaye Oumou Sow et Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com

 

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